Dans le milieu du jeu vidéo rétro, Dick Tracy sur Megadrive se trimballe une sacrée réputation à la fois d’excellence et d’ingéniosité, sans toutefois faire parti des grands « classiques » de la 16 bits de SEGA. Quand est-il vraiment quand on se confronte pour de bon à ce vieux briscard sorti tout droit de la période « Pulp » ? C’est ce qu’on vous propose de découvrir dans ce nouveau rétro-test !
COMIC STRIP
Tout d’abord petit rappel historique de qui est Dick Tracy. Créé en 1931 par Chester Gould, on y suit les mésaventures d’un privé qui combat la pègre dans un ersatz de Chicago de la grande époque. Particularité de ce comic-strip (à l’origine une bande par jour/semaine dans un journal, en l’occurrence ici le Detroit Mirror), il se déroule dans un univers très coloré malgré la noirceur de ses histoires (‘coloré’ étant métaphorique car la colorisation des planches arrivera bien longtemps après sa création).
Et les méchants ont tous des têtes de méchants. Mais du genre vraiment. Ces deux traits distinctifs feront la renommée de cette bande dessinée à travers les âges, la série initiale étant publiée jusqu’en 1977 ! Il y aura quelques tentatives de reprise par la suite mais sans succès.
Le héros à l’imperméable jaune fluo aura également droit aux honneurs du petit écran au travers de quelques dessins animé hautement oubliable que seules quelques jeunes âmes de l’époque se souviendront…
C’est là qu’on en arrive au film de Warren Beatty de 1990. Avec son casting quatre étoiles, son esthétique léchée et son respect profond à l’œuvre dont il s’inspire, le métrage fit grande impression à sa sortie… sans toutefois être un succès.
La faute a une histoire indigente que l’on croirait écrite par un enfant de sept ans. Pourvu d’un scénario lacunaire et de dialogues affligeants de nullité, et pas aidé par certains membres du casting visiblement largués par les idées du metteur en scène, le visionnage de l’œuvre pourra laisser dubitative une bonne partie des spectateurs. Le montage lui-même est parfois source de comique involontaire quand on passe d’une mort dramatique au visage d’un tiers qui joue la tristesse résolue de la pire manière qui soit. Bref…
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- Warren Beatty à la fois devant et derrière la caméra pour son adaptation de 1990. À conseiller seulement au curieux
Suite à la sortie en salles de Dick Tracy, plusieurs adaptations en jeu vidéo verront le jour, dont celle qui nous intéresse présentement. L’intrigue du jeu tient sur la moitié d’un timbre-poste : notre héros écume les bas-fonds de la ville à la recherche des gros bras de la mafia en massacrant au passage des hordes de malfrats de bas étage afin de remonter la piste de Big Boy, le boss du gang local qui fait porter au privé au feutre jaune citron la responsabilité d’un meurtre qu’il n’a pas commis (alors qu’il tue au bas mot 1000 bougres au cours du jeu…).
Voili voilou. Pas de rebondissement, pas de twist de dernière minute, pas de révélation qui bouleverse l’ordre établi.
Mais alors donc qu’est-ce qui fait que ce jeu sort du lot ? La réponse est simple : son gameplay. Ou plutôt SES gameplay.
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- L’esthétique du jeu reprend habilement les codes éditoriaux de l’univers pour un savant mélange entre imagerie du film et du comic
IL FAUT S’ADAPTER AU TERRAIN
L’aventure est décomposée en 6 stages redécoupés pour chacun d’entre eux en trois sous-niveaux – ou « scènes » (nommés 1-a, 2-b, 4-c etc.). À chaque fin de stage on accède à une scène bonus d’entraînement au tir. Chaque niveau est chronométré et un système de score est présent pour les joueurs souhaitant performer. Voilà pour le contexte global, passons à ces fameuses différentes jouabilités.
Trois styles de maniabilité sont proposés quand on parcourt le jeu Dick Tracy, ceux-ci s’alternant sans récurrence au fur et à mesure de votre avancée.
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Les niveaux de Shoot’m All. Notre bonhomme armé jusqu’aux dents remonte les boulevards en dézinguant quiconque se met en travers de son chemin. La bonne idée de ces phases vient du fait d’avoir deux plans de jeu. Celui où circule notre représentant de la loi qui avec sa pétoire descend les sales types qui lui barrent la route et un plan de fond où notre même protagoniste couleur canari mitraille à tout va les opposants du trottoir d’en face (action réalisable au travers du bouton C et de la croix directionnelle).
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- TATATATatataaaaaa !! La Tommy Gun fait des ravages dans les rangs ennemis… et fait le bonheur des vitriers
Cette merveilleuse idée de gameplay apporte une énergie folle qui prend le joueur aux tripes pour ne plus le lâcher. En effet il faut constamment surveiller les quatre coins de l’écran pour voir débarquer les vilains qui veulent vous trouer la peau. Grisant.
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Les niveaux de Beat’m All. Semblable aux précédents à quelques exceptions près. Dick n’a plus de quoi truffer de plomb les mafieux et c’est donc à coups de poing qu’il devra se frayer un chemin vers la fin de la séquence. Bien entendu il n’y a pas lors de ces stages le second plan, tous les ennemis sont concentrés sur le premier. De loin les phases les moins amusantes du soft car si Mister Tracy n’a plus de munitions ce n’est pas le cas du camp d’en face. Arme à feu, bâtons de dynamite voire quelques fusils automatiques s’opposeront à vous. Un vrai sacerdoce que de finir ces passages bien frustrants.
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L’escorte de police. Notre jaunâtre héros, installé à l’arrière d’une patrouilleuse, fait feu sur ses nombreux poursuivants, eux aussi à bord de guimbardes de l’époque. On retrouve peu ou prou le style de jouabilité des phases de shoot mais adapté à une course-poursuite en bagnole. On prend vraiment du plaisir à traverser ces niveaux hypernerveux magnifiquement mis en scène.
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Les niveaux Bonus. Au stand de tir on doit abattre les cibles représentant des méchants tout en épargnant les pancartes affichant les bons citoyens. Se levant trois par trois, chaque carton est représenté par les boutons A, B ou C. Pur jeu de réflexe – à la limite du QTE – où il faut rester sans cesse vigilant pour ne pas cartonner les pauvres innocents…
Grâce à ces belles trouvailles de jouabilité qui s’alternent de manière fluide, jamais on ne perçoit un quelconque sentiment de répétition. La variété des décors aide également en cela ainsi que les musiques, pas grandiloquentes mais avec certains morceaux qui restent quand même en tête une fois la console éteinte (sublime thème « Car Chase »). Dick Tracy le jeu vidéo est vraiment sympathique à jouer et un exemple qui aurait dû être plus suivi à l’époque.
Hein ?! Ah pardon… On nous souffle dans notre montre talkie-walkie que cette dernière affirmation n’est pas tout à fait exacte…
LA DURE LOI DES BAS-FONDS
Malgré les belles idées de jouabilité il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une aventure loin d’être parfaite dont le principal défaut reste son affolante difficulté.
Alors bon, oui, certes. Il est tout à fait possible de le finir si on apprend les patterns d’apparitions des opposants par cœur, étant une fois de plus la manière optimum d’en venir à bout si on ne se précipite pas. Et que nos réflexes sont dignes d’un félin des Carpates. En clair si on y joue en 1992, qu’on a 11 ans et des vacances scolaires devant soi. Ce qui ne sera plus le cas de la plupart des joueurs qui s’y frotteront désormais à ce qu’il nous semble…
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- L’un des rares moments ou Dick prend l’air sans qu’on ne l’agresse. Notez le nom d’un boss en haut à droite qui indique donc une ‘scène c’, niveau de boss
Le problème en fait provient de la barre de vie du gars en tweed couleur Titi qui n’est pas adaptée et qui se vide bien trop rapidement. Une capacité de résistance plus longue n’aurait pas été du luxe et aurait permis au jeu de passer du statut de ‘avec de bonnes idées’ à ‘que tout le monde se doit de posséder dans sa ludothèque’. Il s’en est donc fallu de peu pour que ce Dick Tracy soit éligible au titre de jeu culte de la Megadrive.
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- On le reconnaît pas trop mal mais c’est toujours plus facile quand on a la réponse, c’est l’acteur Al Pacino qui est représenté ici dans son rôle de Big Boy
Autre regret, bien moins à conséquence celui-ci, c’est l’absence du personnage de Madonna au cours de ce périple vidéoludique. Il semble que certaines affiches évoquent la chanteuse – un tas de pixels indescriptibles en vérité – mais ceux ayant vu le film savent que de voir « l’autre » facette du rôle aurait pu amener un boss final assez cool, pourquoi pas genre un ‘double maléfique’ par exemple ? M’enfin bref, la blonde en détresse est de toute façon totalement invisible dans cette adaptation alors bon…










