Two Point Museum a été testé sur XBox Série X à partir d’un code fourni par l’éditeur. Merci à lui ! Screenshots issus de cette même version.
Mine de rien, en 7 ans à peine, Two point Studio a réussit à se faire une place dans le microcosme des jeux de gestion, genre souvent vu comme élitiste et réservé au marché du PC. Par leur volonté de s’extirper de cette image en proposant des expériences divertissantes, accessibles sous le prisme de l’humour et de l’originalité, les petits protégés de SEGA ont su séduire des joueurs de tout horizon (et machines !).
Et après nous avoir fait incarner le rôle de directeur d’hôpital et de doyen de faculté, Two Point Museum nous propose aujourd’hui de nous confronter au quotidien fantasmé d’un conservateur de musée. Rangez vos scalpels, raccrochez vos diplômes au murs, et préparez vous à développer vos connaissances en matière de gestion muséale (si si, ce terme existe vraiment, cherchez bien ^^)

Votre premier terrain de jeu avant…
Mais dis donc Jamy, c’est quoi Two Point Museum ?
Two Point Museum affiche son côté « accessible à tous » dès son démarrage. Vous aurez donc le choix entre une partie aventure et le mode bac à sable. Si ce dernier sera réservé aux plus chevronnés du genre, le mode aventure, lui, se présente comme un tutoriel grandeur nature où vous pourrez vous initier, puis appliquer sur le terrain (ou plutôt dans vos galeries) toutes les possibilités qu’offrent le jeu. C’est donc au Memento Miles que débuteront vos premiers pas de conservateur.
Doté d’un budget de départ confortable et d’un bâtiment, certes cruellement vide si on excepte deux ou trois expositions peu attrayantes et des commodités basiques (traduction : trois fossiles et deux WC !!) mais au fort beau potentiel, vous aller découvrir les priorités qui composent l’indéfectible sacerdoce du John Hammond qui sommeille en vous. Mais rassurez-vous, ici, point de T-Rex vivant ou autres vélociraptors voraces, vous allez simplement apprendre à accumuler les squelettes et autres vestiges de la préhistoire.
Et surtout, vous allez apprendre à les mettre en valeur pour toujours mieux renflouer des caisses majoritairement vidées par votre prédécesseur. Capitalisme, quand tu nous tiens !!

…Et après quelques heures !!
A l’instar de Two point Hospital, plusieurs musées seront à débloquer au fur et à mesure de votre progression. Ainsi, si Memento Miles consacrera ses expositions à la préhistoire au sens large du terme, vous aurez accès assez rapidement, par exemple à l’aquarium de Passwater Cove ou au musée des sciences de Bungle Wasteland. Plus original, Wailon Lodge chatouillera votre penchant pour le surnaturel et le paranormal assisté par le fantôme de l’ancien directeur !! Au total, Two point Museum se compose de 5 terrains de jeux différents (je vous laisse le plaisir de découvrir les deux autres).
Par ailleurs, trois autres musées déjà établis vous demanderont de relever des défis et de résoudre leurs problèmes spécifiques : palier aux problèmes de vols et d’insécurité ou redorer le blason d’une star de cinéma en créant dans un temps déterminé une exposition calquée sur les grandes scènes de son dernier film…Two point Museum tente ainsi de briser une monotonie qui pourrait s’installer au fil des heures tout en vous familiarisant avec des aspects précis de votre rôle de gérant.

Passwater Cove ! Ses plages, ses falaises et son musée, le petit truc tout en bas à gauche ^^
Un contenu dense et qui vous occupera de nombreuses heures. Mais, à l’exception peut être de Wailon Lodge et de son cadre « SOS fantômesque » (!), les thèmes abordés dans ce Two Point Museum sont dans l’ensemble assez classiques. Les afficionados de la marque au hérisson bleu (dont fais parti ^^) pesteront assurément sur l’absence d’une galerie consacré au glorieux passé de Sega. D’autant plus que les bonus de précommande laissent le présager puisqu’ils contiennent entre autres des statues et autres UFO Catcher consacrés à Sonic et sa Némésis. Dommage !
Fort heureusement, l’humour si caractéristique à la série du studio britannique s’applique une fois de plus à merveille. Ne soyez pas étonné que, parmi les visiteurs de vos établissements, se côtoient parmi les personnes lambdas, des punks, des gothiques, ou encore une famille de Yéti (!) et se laissent parfois aller à des comportements souvent drôles. Ne vous étonnez pas non plus de vos expositions puisque parmi les squelettes de dinosaures, vous trouverez des disquettes fossilisées géantes, des simulateurs de spiritisme avec tables tournantes et fantômes farceurs ou encore un requin taureau !
On regrettera simplement le manque de mise en scène de ces expositions. Pas de visites virtuelles, ni même de cinématiques dans la lignée des nombreux trailers qui nous présenté Two Point Museum avant sa sortie. Un manque dommageable, d’autant plus que c’est une chose que l’on trouvait déjà dans un Theme Park datant de plus de trente ans, et que les membres fondateurs du studio ont d’anciens de chez Bullfrogs Productions !!
Bien évidemment, l’ambiance sonore n’est pas en reste non plus grâce notamment à Two Point Radio et ses animateurs farfelus qui vont feront forcément décrocher un sourire à travers leurs interventions décalées entre chaque musique que l’on qualifiera poliment de « musique d’ascenseur » mais qui accompagnent idéalement votre aventure sans taper sur le système. Un bon point compte tenu du fait que vous allez passer des heures en leur compagnie.
Une touche de légèreté qui, en plus d’affirmer sa filiation à la licence, offre à Two Point Museum ce « petit plus » pour attirer des joueurs pas forcément enclins à se diriger vers ce genre de jeu, dont l’image est (trop ?) souvent réduite à une succession de menus déroulant des plus austères.
Seul point noir au tableau, l’absence de voix en version française (alors qu’il y a l’allemand et même le mandarin !) remplacée par des sous titres intrusifs puisqu’ils n’hésitent à masquer certaines icônes du menu. De plus, ce manque fait que ce Two Point Museum est victime du « syndrôme GTA » et il vous faudra choisir entre lire la traduction ou rester concentré sur votre travail en cours. Lire ou conduire (son musée en l’occurrence) il faut choisir !

Un musée Sega !! euh…pas tout à fait à vrai dire.
Mais dis donc Jamy, C’est quoi le métier de conservateur de musée dans Two Point Museum ?
Attirer les foules au musée et surtout les délester de quelques deniers à votre profit est loin d’être un long fleuve tranquille et Two Point Museum mettra à votre disposition de nombreux moyens pour y parvenir. Boutiques souvenirs, lieux de restauration ou encore caisses de dons (une TRES importante source de revenus à ne surtout pas négliger), les possibilités ne manquent pas pour alléger le portefeuille de vos « clients ». Vous pourrez (devrez ?) même consacrer une salle à la création de nouvelles attractions pédagogiques pour attirer les familles.
Bien sûr, ce sont vos expositions qui seront votre priorité. Pour augmenter votre jauge de buzz, l’unité de mesure d’attractivité de vos musées, il faudra les mettre en valeur en choisissant judicieusement la décoration : sols, murs, haut parleurs pour l’ambiance ou encore ornements décoratifs seront autant d’atouts à mettre en place pour potentiellement vous noyer sous les billets verts. Les possibilités sont nombreuses et votre côté Valerie Damidot va s’éclater pour toujours mieux satisfaire le chaland avide d’expérience immersive !

Saurez vous retrouvez le Yéti ?
Mais que serait un conservateur de musées sans équipiers de confiance ? C’est surement la partie la plus prenante de Two Point Museum. A vous de recruter experts, assistants, concierges et autres agents de sécurité pour veiller à la bonne tenue de votre conservatoire.
Vous devrez en plus les former pour obtenir des atouts comme savoir faire face à un incendie ou avoir une propension à attirer les foules ou plus simplement une capacité à faire leur travail plus rapidement. Pour garder vos collaborateurs motivés , une salle de pause contenant tout le confort nécessaire sera au moins aussi important que leur salaire, sous peine de voir votre effectif démissionner ou perdre toute motivation.
Ajouter à cela LA feature inédite de Two Point Museum : les expéditions. Pour obtenir de nouvelles expositions à offrir au public, vous devrez organiser des recherches auxquelles votre personnel devra participer. Mais attention, celles-ci ne seront pas sans danger et il n’est pas rare de perdre certains de vos collaborateurs dans une expédition trop périlleuse ou encore de les voir revenir malades ou blessés. A vous de trouver le bon équilibre entre l’envoi de personnes qualifiées pour un meilleur résultat et la potentielle perte d’un élément crucial au bon fonctionnement de votre musée.
Enfin, votre rôle de directeur vous amènera à éventuellement choisir, moyennant finance bien évidemment, une opération de communication spécifique, ou encore une offre généreuse pour vous séparer de l’une de vos précieuses expositions faite par un richissime magna. Pire, vous devrez aussi répondre par exemple aux exigences d’une visite d’une star ou encore de subir une inspection d’une commision hygiène et sécurité !
Les développeurs de Two Point Museum ont vraiment fait un excellent travail pour que l’ennui ne pointe jamais le bout de ce nez et cela se sent manette (ou clavier souris selon vos préférences) en main. Les heures de jeu défilent sans que vous n’arriviez à stopper une session à contre cœur. Un travail remarquable qui le hisse parmi les meilleurs jeux de gestion que j’ai pu faire.

Wailon Lodge, certainement le plus fun des musées proposés.
Mais dis donc Jamy, ce ne serait pas le jeu parfait ce Two Point Museum ?
Pas tout à fait mon cher Fred…Mais qu’est ce que je raconte, moi ??!! En plus des petits désagréments cités plus haut, Two Point Museum, pour sa version console, souffre de sa maniabilité. Une constante dans les adaptations de ces jeux fondamentalement beaucoup plus instinctif avec un combo clavier/souris qu’avec une manette.
On sent malgré tout une volonté de bien faire mais cependant, des écueils subsistent comme une navigation parfois confuse, la difficulté de sélectionner un objet (ou un personnage) précis. A contrario, il n’est pas non plus possible de « cliquer » sur plusieurs éléments pour les déplacer en un seul mouvement.
Les menus ne sont pas exempts de reproches non plus et n’est pas rare que les infos bulles, pourtant indispensable à la bonne compréhension de leur contenu, soient génantes dans la navigation. d’ailleurs, cette version fournie avant la sortie officielle de Two Point Museum sur laquelle le test est réalisé compte son lot de bugs comme des icônes que l’on peut sélectionner alors qu’elles n’apparaissent pas à l’écran, la faute à un menu déroulant défaillant. Ou encore des petites chutes de framerate lors des déplacements en vue aérienne contenant des foules massives. Votre serviteur à même eu le droit à quelques crashs pour un retour immédiat au menu principal…de la Xbox !
Espérons que ces quelques bugs techniques soient en tout ou partie corrigés par une mise à jour, car, même si cela n’entache que partiellement l’expérience, ils sont regrettables dans une expérience globalement très positive.



