Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons aujourd’hui non pas une mais DEUX critiques en un seul article. La raison ? À la fois simple et assez révélatrice : aucun des deux métrages chroniqué ici ne méritait véritablement un « test » en soi, mais en les réunissant on estime avoir de quoi faire un papier à peu près consistant. Et encore. Autre avantage de cette double-critique, cela va permettre à votre serviteur de rattraper un poil de son retard dans son travail de rédaction, mais chuuuut, que cela reste entre nous !
Bon, sans plus attendre, attaquons nous à ces deux œuvres cinématographiques majeures, à savoir le dernier Captain America en date et le dernier-né des frères Russo (réalisateurs prolifiques du MCU avec entres autres le Captain America The Winter Soldier et Captain America Civil War, sans parler de la plupart des films-chorale « Avengers » passés et à venir. Comme quoi il y a bien un lien finalement…)
Captain America : A Brave New World
Alors que Sam Wilson endosse désormais pleinement le rôle de Captain America, une menace intérieure menace le pays et le nouveau Président, Thaddeus « Thunderbolt » Ross.
35ème film du Marvel Cinematic Universe, on peut désormais affirmer sans controverse que le soufflé est retombé. Sorti dans une indifférence générale, ce quatrième film des aventures de Captain America – à moins que ce ne soit le premier d’une nouvelle ère ? – se trouve être une synthèse de tout ce qu’il ne va pas dans l’industrie gangrenée désormais par le politiquement correct. Sans parler des nombreux problèmes de production que connut le tournage…
Totalement insipide et sans saveur, notez bien que vous ne passerez pas un mauvais moment lors du visionnage. Tout simplement une fois survenu le générique de fin vous irez vaquer à d’autres occupations et en moins de 10 minutes vous n’aurez plus le moindre souvenir de ce que vous venez de voir.
Pourtant sur le papier, « Brave New World » avait de quoi être prometteur. Reprenant des éléments de diverses anciennes histoires du MCU (parfois oubliées), il se voulait la suite à la fois de L’incroyable Hulk (2008), des Éternels (2021) et de la série « Le Faucon et le Soldat de L’Hiver » (2021), que pas grand monde n’a vu. Beaucoup ne doivent même pas connaître son existence. Elle sert pourtant de trait d’union indispensable entre Endgame et ce « Cap’ 4 ».
En effet, c’est bien dans la série que sont introduits Joaquim Torres, le nouveau Faucon, ainsi qu’Isaiah Bradley, joué par le captivant Carl Lumbly. C’est aussi au cours de ces six épisodes que Sam Wilson endosse pleinement la responsabilité de porter le costume iconique du Capitaine des USA.
Du film sur les soporifiques Éternels on retrouve – « Enfin ! » est-on tenté de dire – le Céleste figé dans les glaces tandis que du métrage de Louis Leterrier on aura droit à un caméo de Liv Tyler en Betty Ross, en plus du vilain principal.
En aparté, le Géant n’ayant pu pleinement naître apporte avec lui l’adamantium, qui dans les comics est le fameux métal recouvrant les os de Wolverine. Un pas de plus vers l’union – ou l’affrontement – avec les X-Men.
En parlant de la famille Ross, on demande le père, devenu donc le nouveau Président de la première puissance mondiale. Maintenant sous les traits d’Harrison Ford ( William Hurt nous ayant quitté en 2022), il faut bien dire – à notre grand regret – que l’acteur est loin désormais d’avoir la niaque d’antan… mais il fait le boulot comme à son habitude, c’est-à-dire à fond.
Ce n’est un secret pour personne, aux tréfonds du Général devenu POTUS se cache le Hulk Rouge, que la promotion du film a grandement mis en avant mais qui dans les faits n’apparaît que lors des 10 dernières minutes. De toute évidence le monstre flamboyant à de la gueule mais le personnage est clairement sous-exploité, et c’est fort dommage.
En face, invisible depuis plus de 15 ans, c’est le retour du Leader a.k.a Samuel Sterns. Toujours incarné par le doué Tim Blake Nelson – autre rescapé du casting de l’époque – il est désormais pleinement « le vilain qu’il doit être », même si son apparence « live » ne reprend pas celle des comics. Et ce n’est pas plus mal convenons-en.
Un mot tout de même sur le duo principal, Anthony Mackie et Danny Ramirez. On avoue avoir de la sympathie pour le tandem « Captain America/Falcon » mais force est de constater qu’ils manquent tout deux de charisme. Toutefois on ne doute pas que Monsieur Mackie devienne au fil du temps et de la franchise le « leader » qu’il doit être… Et faut bien dire qu’il s’agit là d’une évolution de personnage très intéressante à suivre sur le long terme.
En terme technique, le long-métrage est dans la lignée du reste du MCU. C’est-à-dire excès de fond vert jusqu’à l’overdose, effets spéciaux à foison et montage qui suit un cahier des charges très précis.
Le récit arrive à tenir debout malgré les nombreuses réécritures et « reshoots » ayant eu lieu. On ressent quand même fortement un produit fini fait de bric et de broc et il subsiste ici et là des séquences qui semblent « venir d’ailleurs » (la scène dans la maison d’où le Leader va passer son coup de téléphone en point d’orgue de cela).
Pour ce qui est de la réalisation de Julius Onah, et on finira là-dessus en ce qui concerne notre ressenti de ce Captain America, elle est à l’image de ce qu’il restera de ce film : quelconque.
The Electric State
Une jeune femme, aidée d’un robot, va tout faire pour retrouver son petit frère disparu dans un monde à la paix fragile entre les humains et les machines…
320 millions de dollars. Seul Avatar 2 de James Cameron aurait coûté plus cher (le budget d’Avatar est difficile à déterminer avec précision, Le Maître de la SF étalant son budget sur toute une saga sur plus d’une décennie à venir…). 320 millions de dollars pour de la soupe. Ça fait cher payé…
Par où commencer pour faire le tour d’horizon de cette foirade absolue (basé sur un « graphic novel » suédois précisons-le) ? Peut-être par le point positif, histoire d’entamer cette review de belle manière. Soit, allons-y. Le seul et unique point réussi dans ce bousin des frères Russo, ce sont les robots. Leur apparence, leur design, leur animation etc etc… Sur ce point-là il y a une vraie recherche, un vrai parti-pris, un peu d’âme et de travail. Un peu de tripes.
Tout le reste du métrage, c’est de la mélasse fadasse
Aussi bien le scénario prévisible à des kilomètres que la réalisation plate et sans style ou encore que la mise en scène qui frise parfois avec le ridicule (le coup du ‘traversons discrètement devant un camion plein phare pour aller nous cacher de l’autre côté de la rue alors que si nous n’avions pas bougé cela revenait au même’, on avoue qu’on ne s’en remet pas).
Exemple parfait illustrant que personne dans l’équipe n’a réfléchi plus loin que le bout de son nez avec la scène où le robot doit expliquer sa mission à l’héroïne mais qu’il ne peut utiliser que des gestes ou les phrases pré-enregistrées du mannequin robotique alors qu’ils sont tous deux dans un terrain vague. Pourquoi le robot au lieu de se servir de son vocabulaire limité ne prend pas un bâton pour se mettre à écrire sur le sol (il y a largement la place…) ?
Le pire c’est que ce métrage de seconde zone réussit l’incroyable exploit d’avoir l’entièreté de son casting jouant comme des savates pas fraîches. Tous, de Millie Bobby Brown à Giancarlo Esposito (qui cachetonne pour ce qui a dû lui prendre un après-midi de tournage à tout casser) offrent un jeu atone et sans la moindre émotion. Le plus insupportable reste Chris Pratt qui ne s’en sort pas de son rôle de looser lourdingue au grand cœur. On en a presque pitié pour lui…
Un coup d’œil au reste du casting nous rappelle la présence plus qu’anecdotique de Ke Huy Quan, présent le temps de quelques minutes histoire de rajouter son nom sur l’affiche. Le comédien connaissant un retour en grâce ses derniers temps (bien mérité d’ailleurs), avoir sa présence dans cette galère amène un peu de classe. Pourtant là encore l’indigence du rôle et de la direction d’acteurs font que le personnage entre et sort du film sans qu’on ne s’en rende vraiment compte. Un comble.
On ne sait pas comment l’équipe de production a bien pu gérer son budget – tout le pognon est soit parti dans les CGI des robots soit dans la poche de quelques ‘honnêtes producteurs’ – mais le plus paradoxal c’est qu’en dehors des robots, les effets spéciaux sont d’assez piètre qualité. Le pompon étant atteint lors d’une scène tournée sur fond vert, quand l’acteur Staley Tucci tourne la tête pour discuter à son adjoint hors champ. Son nez est tellement mal détouré qu’il va se faire « découper » lors du mouvement. On vous jure que c’est vrai. On a revisionné l’extrait plusieurs fois tant on était ébahi. On en a pas cru nos yeux !
Inutile de faire plus long sur cet « État Électrique » qui n’en mérite pas tant. Si jamais vous souhaitez tout de même le voir – et c’est bien votre droit – on vous conseille quand même d’attendre un bon gros dimanche de pluie et d’être sous un gros plaid bien chaud. C’est de notre point de vue le meilleur moyen d’apprécier ce film… du moins avant que vous ne sombriez dans une belle sieste bien méritée.
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Bonus : petite curiosité, Giancarlo Esposito est présent dans les deux films ! Il y tient des rôles anecdotiques de « méchant » lambda, bien loin de ses grandes capacités d’acteur.










