Un poing dans la mémoire – l’héritage Technos
Salut mes renardeaux ! Avant de plonger dans une bonne vieille salle d’arcades de poche, faisons un rembobinage et une petite pause dans le temps, à l’époque où les machines d’arcade étaient les vraies boss des cafés et où ton meilleur pote servait de second joueur, pas de spectateur sur Twitch.
Technōs Japan, ce nom qui respire la sueur des bastons de rue et les volées de balles de dodgeball, a forgé une bonne partie de l’ADN du jeu d’action. C’est simple, sans eux, Streets of Rage n’existerait peut-être pas.
C’est à eux qu’on doit les Double Dragon, qui ont défini le beat’em up en 1987, avec cette idée révolutionnaire : tabasser des punks en duo. Mais Technōs, c’est aussi la saga Kunio-kun, cette licence schizophrène où un lycéen bagarreur se retrouve à tout faire, du foot au hockey en passant par les bastons dans les couloirs du bahut.
Ces dernières années, plusieurs compilations avaient déjà tenté de ressusciter ce glorieux passé. Sur Switch, sur Evercade ou en versions démat’ sur Steam, les jeux Technōs s’étaient invités à la fête.
Mais cette fois, c’est un pack bien plus costaud qui déboule, et il a des choses à dire, et on va vous les répéter !
Un florilège pixelisé entre baston, sports et sci-fi
Ce Super Technos World propose une douzaine de jeux issus du catalogue de la firme, avec bien sûr quelques classiques comme River City Renegade (le Streets of Rage pour les cancres de terminale), et Super Dodge Ball – toujours aussi fun à plusieurs.
Mais il y a aussi des titres plus obscurs qui vont ravir les archéologues du rétro : The Combatribes, Shadow Force ou Xain’d Sleena (un mix étrange entre shoot’em up et plateforme). On trouve même un petit RPG façon Dragon Quest du pauvre, sauf que tout est en japonais, ce qui en 2025 reste un peu rude (mais rien n’empêche de vous y mettre).
Côté présentation, le boulot est propre : options de rembobinage pour les boomers sans réflexes, filtres CRT pour les nostalgiques de la TV cathodique, sauvegardes à la volée pour ne plus hurler de rage au game over.
Et surtout, cette ambiance sonore délicieusement rétro, avec des musiques chiptune qui t’envoient direct en 1992, entre deux pubs pour Pogs et une rediff’ du Club Dorothée. C’est le genre de compile qui te donne envie de ressortir ta manette NES en USB, juste pour le kiff.
Nouvelle compil’, vraie plus-value ?
Alors, est-ce que ça vaut le coup de repartir dans ces bastons de ruelle et ces matchs de dodgeball version 8 bits ? Si on parle purement contenu, c’est généreux. Techniquement bien remastérisé, riche en pépites oubliées, avec un enrobage soigné. Pour ceux qui ont grandi avec un stick arcade dans les mains, c’est du bonbon. Pour les jeunes curieux, c’est un musée interactif.
Mais il y a aussi des limites. Pourquoi diable les RPGs de la compile n’ont-ils pas droit à au moins une trad en anglais ? Sérieusement, en 2025, il y a des tas d’IA qui te traduisent des menus japonais en temps réel via ta caméra de téléphone, mais là, rien. Et puis, certains jeux n’ont clairement pas bien vieilli. Les contrôles sont rigides, les patterns des ennemis font cheap, et la nostalgie ne suffit pas toujours à masquer les rides.
Et puis, soyons honnêtes : on aurait aimé plus de contenu bonus. Des interviews d’anciens développeurs, des artworks, des scans de flyers d’arcade. Là, ça sent un peu le recyclage sans l’amour du détail. Alors oui, on s’amuse, mais on aurait pu s’éclater si on nous avait traité comme des fans, pas juste des clients.



