Suite à bien des difficultés de production, Mission Impossible » The Final Reckoning – le huitième opus de la célèbre saga d’action – est sorti sur nos écrans. Toujours mené par Tom Cruise devant la caméra et Christopher McQuarrie derrière, cet épisode vendu comme le dernier sous la houlette de l’acteur-producteur promet un spectacle à la hauteur, histoire de clôturer comme il se doit cette épopée virevoltante qui, depuis 30 ans, anime les salles obscures. La promesse est-elle tenue ? Mission Impossible diront certains…
SI JAMAIS VOUS DÉCIDEZ DE L’ACCEPTER…
Cette fois, nous y voilà. L’ultime mission pour Ethan Hunt. Celle où il doit sauver le monde entier d’une apocalypse nucléaire. L’Entité, devenue autonome, prend en effet le contrôle des bases militaires de l’ensemble des nations et, une fois cela accompli, anéantira l’Humanité sous les bombes atomiques.
Sous les ordres de rien de moins que la présidente des États-Unis, l’agent Hunt a carte blanche pour empêcher la fin du monde. Avec son équipe, l’objectif est clair : retrouver l’origine de l’intelligence artificielle et la piéger. Pour cela, première étape : pénétrer dans le sous-marin russe ‘Sébastopol’. Seul hic : il est échoué dans les profondeurs glacées de l’Arctique…
Après un « Dead Reckoning » époustouflant, c’est l’esprit conquis que nous pénétrions dans la salle pour voir la suite de ce métrage dantesque. Nous nous attendions à du lourd, de l’épique, de l’action non-stop. Et surtout des révélations sur le passé d’Ethan, notamment sur comment il fut recruté à la Mission Impossible Force il y a plus de trois décennies de cela.
Lorsqu’on arrive au bout des 2H45 de visionnage, on ne peut que constater l’immense déception qui nous assaille. Rien de ce qui nous avait été promis n’est là. De toute la saga cinématographique, nous n’avons pas peur de le dire, « The Final Reckoning » se trouve être le second plus mauvais après le III (qui reste une belle foirade).
Le premier tiers du film n’est qu’une suite de scènes brouillonnes, montées à la truelle pour donner un semblant de dynamisme à un récit plat comme la Beauce. On y rappelle les enjeux de la mission en cours, y recrute une ‘nouvelle’ équipe avec les têtes rencontrées dans le 7, y discute fin du monde et super-programme de-la-mort-qui-tue dans un sous-sol londonien.
Même la cohérence « spatiale » est mise à mal avec une équipe planquée à Londres qui part chercher la tueuse du grand méchant en Autriche où cette dernière leur apprend que leur objectif sera à l’ambassade américaine… de Londres ! Quel heureux hasard scénaristique pas du tout rafistolé à la va-vite due aux ennuis de prod’…
CE N’EST PAS MISSION DIFFICILE…
On retrouve pour ce qui est du casting la même distribution que dans « Dead Reckoning », à l’exception notable de Rebecca Ferguson (en toute logique). Ving Rhames revient en éternel Luther Stickwell, Simon Pegg en Benji Dunn, Hayley Atwell en sublime Grace, Pom Klementieff en Paris et Greg Tarzan Davis en Degas. Cette petite troupe constituera l’équipe MI pour ce dernier volet sous l’égide d’Ethan Hunt.
On retrouve par ailleurs le toujours excellent Henry Czerny en affable Kittridge, Esai Morales en méchant en disgrâce et Angela Bassett dans la peau d’Erika Sloane, un personnage ayant pris du galon, c’est le moins que l’on puisse dire.
Petit à petit, le film prend son rythme, mais reste globalement assez lent sur l’ensemble. Et oui, il est assurément bien trop long pour ce qu’il a à raconter.
Seules les scènes du sous-marin et le climax du duel en avion apportent un peu de tension et de suspens. Le reste baigne dans une routine gnangnante sans nouveauté, à tous les niveaux. Que l’on parle de la réalisation, de la musique (moins bonne que dans le 7…), du montage… à tel point que le dernier tiers du film, en termes de construction narrative, n’est rien d’autre qu’un copier-coller fainéant de Fallout… c’est assez désappointant.
Tout n’est pas non plus à jeter et on relèvera dans les points positifs les nombreux liens établis avec les précédents films. En particulier avec le troisième, dont ce huitième opus nous apporte enfin la réponse sur la nature de ce qu’était cette fichue « patte de lapin », mais pas seulement. Car, pour bien boucler la boucle, ce dernier Mission Impossible se devait de recoller avec le premier film de Brian De Palma sorti en 1996.
Par galanterie et respect, on ne divulguera pas les révélations surprenantes sur la véritable nature de certains personnages, mais ceci fut clairement fait pour se faire pardonner une traîtrise que beaucoup ne purent laisser passer à l’époque. C’est un peu maladroit et certes pas très subtil, mais l’intention est bonne et augure d’un certain retour aux sources pour la suite (oui, on y revient plus loin).
On peut tout de même signaler – le quidam est visible dans la bande-annonce même si peu l’ont reconnu – le retour de William Donloe, toujours interprété par Rolf Saxon. De qui ?? Mais si, souvenez-vous, le pauvre bougre qui gardait la chambre forte « inviolable » au siège de la CIA à Langley. Et auquel Emmanuelle Béart administrait un puissant laxatif pour qu’il puisse laisser Ethan accéder à l’ordinateur. Oui, voilà, vous l’avez maintenant ! Et bien, étonnamment, nous aurons les réponses sur ce qu’il est advenu de ce personnage.
C’EST LÀ QUE NOS CHEMINS SE SÉPARENT…
Par contre, et c’est encore un point qu’on ne parvient pas à expliquer, le film laisse en suspens toutes les questions mises en place dans le précédent opus. Qui est la femme assassinée par Gabriel dans le souvenir d’Ethan ? Comment est-il recruté par L’IMF ? Qui est Gabriel, finalement ?
Nous n’en saurons strictement rien et c’est donc parfaitement frustrant. Ce qui fait donc que « Final Reckoning » répond bien à des vieilles questions sur la saga, mais pas à celles posées dans le 7… Encore une fois, on ne comprend pas…
Peut-être aurons-nous les réponses dans un prochain épisode. Parce que oui, au final de ce final intitulé « Final », il n’y a finalement rien de final. Nous ne sommes absolument pas ici en présence d’une conclusion pour la saga, tout au plus à la fin d’un chapitre.
Quelle forme prendra la suite ? Tom Cruise sera-t-il toujours présent ? En tant qu’acteur ? Que producteur ? Hayley Atwell deviendra-t-elle la nouvelle tête d’affiche de la licence ? Shea Whigham dans le rôle de « Jasper Briggs » prendra-t-il la place qui lui est due à la tête d’une section Mission Impossible, permettant en faisant cela de repartir pleinement sur de nouvelles bases ?
Seul l’avenir nous le dira…






