Commençons par le commencement. Votre serviteur à la manœuvre sur ce test se trouve être à la fois un très grand fan des jeux LEGO et de la saga Horizon. Alors à l’annonce plutôt improbable d’une adaptation de la licence Sony à la sauce des briques danoise, on était du genre « hypé » comme disent les vieux qui veulent faire jeune.
C’est donc avec un entrain certain qu’on entama une partie pour retrouver une fois de plus Aloy et son univers si particulier dit « Post-post-Apo », mais cette fois sur un ton plus léger et humoristique. Et tout cela sous le sceau éprouvé de la qualité des jeux LEGO, une formule qui a su se peaufiner et s’améliorer au fil du temps. Nous n’étions clairement pas prêts à découvrir ce sur quoi nous sommes tombés…
HÉRITAGE OUBLIÉ
Dans un futur très lointain, bien longtemps après la chute de l’Humanité, un étrange bébé est déposé au sein de la Montagne Sacrée des Noras, une tribu de chasseurs-cueilleurs. Devenu adulte, Aloy – car il s’agit bien de notre héroïne – possède un don naturel pour l’arc et surtout une profonde détermination à découvrir ses origines. Elle se rend donc au Cœur de la Mère, capitale des Noras, en compagnie de Rost, son père adoptif.
Une fois sur place, ils ne font que constater une bataille récente au cours de laquelle plusieurs membres de la tribu furent kidnappés. Parmi eux Teersa la matriarche, la seule capable de répondre aux questions existentielles de la jeune rouquine. Ni une ni deux, elle se met immédiatement en quête pour libérer ses camarades…
Le début de l’aventure est assez classique, avec un premier niveau explicatif sur les capacités de guerrière de la femme aux cheveux de feu. On ressent pourtant déjà un petit quelque chose qui cloche lors de ces premières pérégrinations, il y a clairement un truc qui ne va pas…
Au fil de notre avancée dans le jeu, on ne fera que constater la pauvreté totale de la proposition. Parce que oui, LEGO Horizon n’est rien de moins que le pire jeu LEGO jamais sorti. Une honte absolue.
Petit retour en arrière. Nous sommes en 2005 et sort un jeu ayant pour titre « LEGO Star Wars ». Surfant sur la prélogie (le jeu sort la veille de la sortie de l’Episode III), on y retrouve revue et corrigée à la manière des petites briques colorées les aventures d’Obi-Wan et d’Anakin durant les trois films de cette ère starwarsienne. Le titre est un immense succès et donnera lieu à pléthores de suite, ainsi qu’à une fructueuse franchise. Citons pêle-mêle et de manière non exhaustive LEGO Pirates des Caraibes, LEGO Le Seigneur des Anneaux, LEGO Harry Potter ou bien encore LEGO Jurassic World…
Bien que les jeux se peaufinent au fil du temps et que chacun propose ses particularités, on y trouve tout de même une base commune : énigmes sur fond de construction, les minikits débloquant des bonus, une grille foisonnante de personnages sélectionnables, un humour très référentiel qui fait souvent mouche.
Certes l’adaptation en tant que telle est parfois sommaire et prend souvent de grandes libertés par rapport à l’œuvre originale mais les séquences iconiques sont là, et bien là.
De ce canevas immuable c’est bien simple, on n’en retrouve quasiment pas une trace dans LEGO Horizon. Une aberration.
Parlons tout d’abord de ce qu’on retrouve, ce qui ira assez vite. Les plans sont les mêmes, c’est-à-dire une vue sur le coté un peu surélevée où le joueur ne contrôle pas la caméra. Les Briques Dorées sont également là, en récompense de fin de niveau ou de tâches annexes accomplies. Les Briques Rouges elles seront les trophées de grandes chasses. L’obtention des dorées débloque les différents éléments pour le village tandis que les rouges ne servent qu’à débloquer plus de zones pour la chasse (en fait les niveaux du jeu, parce que oui les niveaux ne sont pas disponibles à l’envie comme auparavant).
Et voilà c’est tout. Vous pouvez oublier TOUT LE RESTE !
DÉCONSTRUCTION
LEGO Horizon est d’une telle indigence par rapport aux autres titres de la firme qu’on reste ébahi devant cette médiocrité générale. Reprenons les points un par un.
Fini les niveaux certes linéaires mais astucieusement agencés. Il ne s’agit désormais que de simples couloirs avec ici et là quelques pièces adjacentes où sont placés des coffres à peine dissimulés dans le décor. Divisé en quatre biomes (neige, jungle, volcan, zone corrompue), tous les endroits se ressemblent pourtant et aucun ne proposera la moindre originalité. Ce sont TOUJOURS les mêmes paysages malgré la différence des environnements.
Paroxysme de la fainéantise, chaque début de niveau au sein d’un même biome sera la même pièce, dans laquelle nous sélectionnerons notre personnage pour le dit niveau (explication plus loin).
Dans chacun des biomes se trouvent quatre à cinq niveaux avec à chaque fois un creuset dans le lot (les creusets sont des « fabriques à robots » au design très éloigné des environnements très naturels du monde d’Horizon).
TOUS les niveaux sont construits de manière identique : zone d’exploration – zone de combat – zone du marchand – zone d’exploration – zone de combat – zone de boss. Il n’y a jamais d’exception.
Au milieu de chacun des niveaux vous trouverez une zone abritant le marchand. Ce dernier proposera à chaque rencontre trois coffres dans lesquels se trouveront des gadgets pour votre héros (Aloy ou un autre).
Absence totale – un comble pour la série – de plaisir de rejouabilité des différents stages, et ce pour une raison simple : il n’y a absolument rien à y collecter. Pas de minikits, pas de Briques dorées cachées, pas de personnages à débloquer.
Il est cependant possible de refaire les niveaux – un par un – pour « les grandes chasses« . Chaque zone proposera un boss qui une fois vaincu donnera une brique rouge, clé d’accès au niveau suivant. Une fois tous les boss tués et les 16 briques rouges collectées vous n’obtiendrez rien de plus…
Visuellement c’est plus « beau » en terme purement technique mais sans la moindre imagination ou étincelle de génie. Les décors sont ternes et redondants. On parle pour le décor principal, la zone de jeu. Car – et c’est incroyable de le constater – les décors d’arrière-plan sont quant à eux extrêmement laids. C’est bien simple, les jeux LEGO période PS360 proposaient de meilleures toiles de fond… des titres qui ont 15 ans ! Incroyable…
Pour ce qui est des énigmes à base de destruction/construction de décor, la base des jeux estampillés LEGO, oubliez aussi. En dehors de quelques éléments à construire – très rare – vous n’aurez aucun besoin de détruire quoi que ce soit pour vous permettre d’avancer dans votre expédition. Franchement aberrant quand on y pense.
Mais le véritable coup de marteau graphique, c’est en ce qui concerne l’animation. Alors on comprend bien l’idée, ils ont voulu donner au jeu ce côté ‘saccadé’ que l’on retrouve dans les films (La Grande Aventure LEGO, LEGO Batman…) sauf qu’en jeu vidéo et bien cela ne FONCTIONNE PAS !
On se retrouve donc avec des personnages qui se meuvent en quatre frames maximum pour un résultat à l’écran tout bonnement CA-TAS-TRO-PHI-QUE !! Encore une fois des jeux de la même licence qui ont plus d’une décennie (voire deux) sont bien supérieurs à ce niveau-là !
Comment une telle décision a-t-elle pu être prise par les développeurs ? C’est pourtant évident que cela rend les mouvements des personnages désagréables à regarder, pour ne pas dire franchement dégueulasse. Notez au passage que les éléments subissent le même sort (eau et feu notamment) pour un résultat tout aussi perturbant.
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- Incroyable choix de production : l’eau avec cet effet est bien plus moche que dans les jeux précédents… Et faut voir le feu…
Quittons l’aspect de la forme pour parler un peu de la non-pertinence du fond. Du jeu d’origine (Horizon Zero Dawn pour ceux qui n’auraient pas suivi) il ne subsiste qu’une petite dizaine de personnages, les différents ‘biomes’, le Cœur de la Mère et… bah c’est tout en fait. Pour vous dire, la ville de Méridian – pourtant au centre du jeu de Guerrilla Games – n’est même pas mentionnée dans la version LEGO ! Mais WTF ??!
La bande sonore pour sa part reprend les grands thèmes de Zero Dawn en les réinterprétant de manière plus guillerette. Voir parfois dans des versions techno virevoltantes. Ce n’est pas forcément un point noir mais faut aimer le style…
Le scénario lui est réduit à sa plus simple expression. 99 % de l’histoire originelle est mise à la poubelle et seul Hélis (le grand méchant) et Hadès (le programme informatique malveillant) ont échappés à la purge. Toutefois les deux figures du mal sont tellement tournées en bourrique qu’elles en perdent la moindre notion de menace. Transition parfaite pour évoquer « l’humour » du jeu (notez les guillemets).
On en convient volontiers, l’aspect humoristique des jeux LEGO n’a jamais été du plus fin ou particulièrement subtil (sans tomber non plus dans le « prout-prout », fort heureusement) mais on touche là vraiment au fond de cuvette des blagues débiles et non-sensiques. Il n’y a rien de drôle, c’est juste pathétique de bout en bout avec en plus un focus (ha ha) sur Érend gros bouffeur de donuts, à la recherche du légendaire ‘Temple des donuts’… On cherche encore à quel moment il faut rire de tout çà tellement c’est minable. Jamais vous n’esquisserez le moindre sourire de toute votre partie, au mieux des soupirs de dépit.
FINI LA COLLECTIONNITE !
On en arrive au plus gros scandale de ce produit purement marketing : le nombre de personnages jouables.
Remémorez-vous avec nostalgie les tableaux d’antan, tellement remplis dans les moindres recoins que certaines cases abritaient en fait plusieurs versions d’un même personnage. Le casting dépassait bien souvent la centaine de trombines disponibles. Imaginez les possibilités folles avec tout le background d’Horizon, les différentes peuplades, les différentes factions, les différents animaux… les différents robots…
Avec ceci en tête, admirez le nombre colossal de personnages déblocables dans cette itération LEGO de l’univers Horizon : 4.
Non non il n’y a pas d’erreur. Vous avez bien lu. Seulement QUATRE personnages sont disponibles pour le joueur. On peut même en faire le tour si vous voulez : Aloy (évidemment), Varl (Logique), Érend (normal) et Teersa (Quoi ??!).
On en est encore tout tourneboulé. Déjà que le nombre de perso est dérisoire, ils trouvent de plus le moyen d’y inclure un personnage de seconde zone alors que le jeu de base en possède DES DIZAINES bien plus percutants !! Quid de Nil le traqueur psychopathe ? De Talanah la chasseuse de machines ? De Vanasha l’espionne espiègle ? Et on en passe et des meilleurs… Le choix d’inclure la vieille femme dans le quatuor est tout simplement ridicule. D’autant plus que ses attaques consistent… à jeter des objets aléatoires comme des bananes ou des poules… non mais franchement…
On ajoutera afin d’être complètement exhaustif la possibilité d’incarner Rost lors des premiers niveaux, avant qu’il ne disparaisse (ou presque). Signalons en passant que toutes les voix françaises reprennent leur rôle respectif, ce qui est une très bonne chose.
Et pour ce qui est des machines ? Là encore on pouvait espérer un système similaire à ce qui avait été brillamment fait dans l’excellent LEGO Jurassic World, avec à la fin un panel regroupant l’ensemble des créatures robotiques disponibles. Que Nenni ! Pas un seul robot de jouable ! D’ailleurs la variété de ces derniers laisse également à désirer, pas plus de cinq ou six modèles en tout (sur la trentaine qui existe dans les jeux…).
Notez qu’en plus des machines belliqueuses, vous aurez également affaire aux membres de l’Éclipse – dont Hélis est le leader – et que nous abordons là la seule véritable innovation du jeu, à savoir les combats…
QUE RESTE-T’IL À SAUVER POUR LA SAUVEUSE ?
Aloy est donc experte à l’arc, et il s’agira là de son arme principale. L’idée n’est pas mauvaise en soi mais pose un premier problème : elle ne possède pas d’arme de corps-à-corps. On vous laisse imaginer le boxon lorsque ses ennemis l’encerclent de trop près…
À cela s’ajoute tout un arsenal de gadgets offensifs et défensifs allant des bottes de téléportation au bouclier énergétique en passant par les flèches de glace ou à capacités dispersantes. Ces objets ou armes supplémentaires se dégotent au cours de votre parcours soit dans des emplacements dédiés soit en tuant des machines soit chez le marchand. Libre à vous d’opter pour l’arme d’appoint de votre choix sachant que vous ne pouvez en posséder qu’une seule en plus de l’arme de base.
Sachez que chaque personnage possède son propre arsenal, ce qui amènera un peu de diversité dans la jouabilité. Mais les niveaux n’étant pas rejouables à l’envie – du moins au départ – il vous faudra partir en chasse dans le mode dédié pour utiliser chaque protagoniste dans chaque stage si vous le désirez. Un sacerdoce.
Au passage le jeu est bien entendu jouable entièrement à deux (exception faite du prologue), cependant nous n’avons pas pu tester cette configuration et nous n’en dirons donc rien.
Il existe également un système de niveau de personnage, renforçant petit à petit vos capacités d’attaque et de défense (concrètement votre nombre de cœur de vies). Vous pouvez également obtenir des améliorations contre de la menue monnaie, ce qui permettra par exemple de prolonger la durée de gel d’un ennemi ou bien d’infliger plus de dégâts quand on est dissimulé dans les hautes herbes.
AU CŒUR DES NORAS
L’élément qui sera au centre du jeu, c’est la reconstruction du village servant de Hub. Plus vous obtiendrez de briques dorées plus il sera possible de reconstruire des bâtiments à votre goût. Car il vous sera proposé nombre de choix pour personnaliser les différentes constructions, quitte à de l’absurde étant donné que parmi le catalogue vous trouverez du LEGO CITY, du Ninjago (!) ou bien le thème de la fête foraine. Rien de bien raccord avec l’univers présent en somme…
Tout cela reste bien sympathique mais n’a au fond absolument AUCUN INTÉRÊT. Une fois reconstruit tout le village vous n’aurez absolument rien de particulier en récompense. Voilà voilà…
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- Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas de nouveaux personnages mais bien d’Aloy et Teersa en mode « cosplay »…
Un tableau sur la place centrale vous présentera tout un ensemble de tâches annexes, en fait des défis divers à relever au cours du jeu qui une fois réussis vous octroieront également des briques dorées. Au total cent briques sont récupérables.
En plus des constructions, les fameuses ‘Golden Brick’ permettent de débloquer énormément de costumes. Elle est là la « petite astuce » pour justifier l’absence de la grille de personnage. Aloy et ses compagnons sont en effet capable de revêtir un grand nombre de cosplay (c’est dit texto dans le jeu), là encore inspiré d’Horizon mais plus globalement de toutes les licences LEGO classiques existantes. Il est donc possible d’avoir un Varl en Ninja, Érend en punk, Teersa en cosmonaute bleu ou Aloy en boîte à Popcorn (l’un des derniers costumes déblocables… mais Pourquoi ??).
Mais en soit on reste sur notre constat : il n’y a bien que quatre personnages en tout et pour tout…










