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TEST : Astal – Un bijou digne de la Saturn ?

Seditius [Rédacteur]
Rise from your grave!

ASTAL a été testé sur Sega Saturn..

Pour une fois, voici un jeu que je n’ai pas découvert à l’époque mais seulement bien plus tard. En effet, Astal, avec son héros charismatique et son univers cristallin, me faisait de l’œil dès 1995. Mais le bougre ne sortit que sur les Sega Saturn américaines et japonaises. Et dans mes contrées reculées, croiser une cartouche d’adaptateur pour joueur aux jeux outre-Europe relevait du miracle. Pourtant, malgré cette difficulté d’accès, il semble qu’Astal ait marqué le cœur de certains joueurs.

Alors, Astal est-il véritablement une autre perle de la Saturn ? Ou bien un souvenir biaisé par la nostalgie, que le temps aura malheureusement affadi tel une jaquette de jeu rétro laissée trop longtemps au soleil ? Nul ne le saura. Si pardon, c’est vrai, je suis censé écrire le test, là. Nous allons donc voir ça, au risque de maltraiter un peu le principe d’objectivité.

Astal avista !

astal

Astal débute par une longue cinématique (près de 3 minutes), chose assez surprenante pour l’époque, surtout pour un jeu de plateforme. Ladite cinématique nous expose l’histoire à travers un défilé d’images sommairement animées accompagnées d’une jolie voix off féminine avec pas mal de reverb, semblant venir d’une grotte ou d’un songe lointain. Ayant joué à la version japonaise, j’avoue ne pas avoir trop compris le scénario sur le moment mais, n’ayez crainte, j’ai fait mes recherches pour en savoir plus :

Dans un passé lointain, donc, la déesse Antowas crée le monde de Quartalia, faune comprise, à partir de joyaux. Elle donne notamment vie à Astal et Leda, nos deux héros. Ensemble, ils vivent en harmonie jusqu’à ce que débarque une force destructrice, Jerado. Ah je vous jure, il faut toujours qu’il y ait un casse-bijoux à un moment ! Bref, Jerado capture Leda, mais Astal la sauve en détruisant ce premier.

La déesse Antowas punit pourtant Astal pour sa violence tandis que Leda est endormie dans un sommeil profond, soi-disant pour sa propre protection. Ceci n’est pas sans rappeler certains mythes de notre monde bien à nous où la gonzesse qui n’a pourtant rien fait se mange la vengeance des dieux… Mais je m’égare… Des années plus tard donc, Jerudo revient pour kidnapper à nouveau Leda. Astal est alors libéré de son exil pour casser des bouches. Et c’est parti…

Asta Rocket !

Dès que le jeu commence, on se prend un sacré coup dans la rétine. On est sur de la 2D, certes, mais clairement pas sur de la 2D 16 bits. La palette de couleurs est d’une richesse à faire pâlir un Edvard Munch, les sprites énormes (bien que la taille ne compte pas tant que ça) et les décors peints à la main évoquent à merveille un monde onirique et cristallin, féérique, parfois même sous-marin.

Des effets spéciaux en tout genre, zooms, transparences ou encore changements progressifs de teinte nous disent clairement que le jeu se présente comme une vitrine de ce que peut faire la jeune 32 bits en matière de 2D (bien que ce ne soit pas la quantité qui compte).

En ce qui concerne la maniabilité, le jeu est plus en demi-teinte : notre héros est un peu lourd, ce qui renforce l’impression de jouer un perso à la force colossale tout en rendant le gameplay un peu mou. Astal a un panel de mouvements assez conséquent pour un jeu de plateforme : il peut certes courir et sauter (de façon légèrement pataude) mais aussi donner de sacrées mandales, projeter ses adversaires, les souffler (ce qui servira aussi parfois à éteindre des flammes) ou encore soulever de très gros éléments du décor.

Petite originalité sympathique, mais qui ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Dès le premier niveau, Leda rejoint l’aventure sous les traits d’un oiseau qui nous suit comme un pigeon famélique. Sa grâce contraste avec notre gros bourrin et il est possible de la mettre en contribution lorsque sa barre d’énergie est suffisamment remplie : pour cela il suffit de tabasser poliment les ennemis accompagnés d’une sorte de lumière d’énergie.

Leda pourra alors quitter l’écran pour nous ramener de la santé, attaquer un ennemi, immobiliser une &%#$ de plateforme mouvante, ou bien infliger des dommages à tout ennemi qui se trouve à l’écran, boss compris. Pour sélectionner un de ces pouvoirs, il suffit d’utiliser les gâchettes L et R tandis que la touche A (par défaut) servira à l’activer.

Une autre possibilité pour utiliser Leda est de donner la seconde manette à votre compagne/compagnon/enfant/grand-parent/kidnappeur. Il devient alors possible de parcourir tout l’écran pour immobiliser les plateformes ou les ennemis. Cela ne transforme pas Astal en véritable jeu coopératif, mais cela ajoute une touche d’interactivité partagée sympathique.

Toutefois, malgré cette panoplie de coups, les niveaux se révèlent hélas trop linéaires et trop simplistes dans leur leveldesign. Certes les niveaux essayent de varier un peu le gameplay, mais cela reste toujours assez élémentaire, mon cher Watson. Et c’est fort dommage ! Car il y a quelques bonnes idées et les niveaux sont magnifiques. Ce qui manque le plus à mon sens, c’est un peu de verticalité dans les niveaux. On se contente d’aller de gauche à droite. Pas de chemin alternatif (à part peut-être sur un seul niveau), les ennemis se suivent et se ressemblent.

Notez que les boss seront plutôt fréquents, certains n’étant séparés que d’un seul niveau. Ces combats bossiques sont à l’image du reste du jeu : beaux, voire impressionnants, non dénués d’idées, mais rapidement ennuyeux car dénués de profondeur mécanique. Il est également regrettable que les niveaux s’enchainent généralement sans transition. De petites scénettes très courtes comme dans Sonic 3 & Knuckles auraient pu facilement renforcer l’immersion et la cohérence de l’univers.

En parlant d’univers du jeu, la musique l’accompagne à merveille : parfois douce et féérique, parfois plus épique, elle conserve toujours ce côté cristallin. Vraiment beau. MAIS !! Mais mais mais… La musique du compositeur Tatsuyuki Maeda (qui a d’ailleurs travaillé sur celles du Sonic susnommé) sera fréquemment gâchée par un horripilant bruitage : celui annonçant que la barre d’énergie de Léda est pleine.

Ainsi, trop souvent, pour ne pas dire tout le temps, je me retrouvais à activer un pouvoir de l’oiseau même si je n’en avais pas besoin, juste pour ne plus entendre ce bruit. Un bruit de surcroit plus fort que le reste de la bande-son et aussi agréable qu’un son de réveil un lundi matin. Et pluvieux en plus. Les autres bruitages, heureusement, sont corrects voire bons.

AVIS DE LA REDAC

Astal est un petit bijou visuel mais derrière sa robe enchanteresse se cache un gameplay limité qui a vieilli. Il reste une expérience assez unique. Nostalgiques et/ou amateurs de belle 2D y trouveront probablement leur compte. Astal la Vista, baby !

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
78
%
Graphisme
93
%
Animation
82
%
Maniabilité
80
%
Intérêt
56
%
Son
78
%
Graphisme
93
%
Animation
82
%
Maniabilité
80
%
Intérêt
56
%
LES PLUS
  • Un héros charismatique
  • Une 2D somptueuse
  • Un univers poétique, entre conte et tragédie
  • Une bande-son enchanteresse...
LES MOINS
  • Pas de version PAL
  • Gameplay répétitif et un peu rigide
  • Level-design trop linéaire
  • ... mais gâchée par un bruitage qui revient sans cesse
78
%
CA PASSE BIEN

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