Le jeu a été testé sur Nintendo Switch.
Délaissant cette fois-ci ma Segamania et mes amours nostalgiques, j’ai eu le plaisir, ou le supplice (réponse à l’horizon !) de découvrir un jeu sorti le 25 août 2025 sur PC Steam et Nintendo Switch : Super World War !
Le studio indépendant Zero Games Studios, en association avec Plug In Digital, est à l’origine de ce projet. Le jeu a été testé sur Nintendo Switch.
Prologue hexagonal
Le jeu Super World War s’ouvre par une mise en bouche narrative succincte mais efficace : le président du monde, Theorn BrunceWald, est mort, laissant un vide que plusieurs dirigeants TRÈS farfelus veulent combler.
Le pitch n’est pas follement original (“le monde est à prendre”) mais le ton, lui, est bien plus insolent : personnages hauts en couleur, dialogues satiriques et dérision assumée. Si l’humour, à la fois farfelu et constellé de références culturelles diverses, m’a au tout départ laissé légèrement perplexe, il faut reconnaître que dès la fin du tutoriel je suis finalement entré dedans. Sans être allé jusqu’à me claquer les cuisses en riant à gorge déployée, les dialogues ont fini par me donner un sourire presque permanent, et ça c’est déjà pas mal !
D’ailleurs le tutoriel est bien dosé, ni trop court, ni trop long. Au début on nous prend la main, puis peu à peu le jeu nous la lâche et après quelques secondes à se dire « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Je n’ai rien compris ! On va tous mourir ! » cela se passe finalement pas trop mal.
Ici il peut être utile de vous préciser que je n’ai jamais joué aux jeux Advance Wars, jeux dont s’inspire clairement Super World War. MAIS je ne suis pas non plus un bleu et connais un minimum ce genre de jeu vu le temps que j’ai passé sur un bon nombre de Fire Emblem, sans compter le Final Fantasy Tactic original ou même quelques jeux indépendants du même style. Mais revenons à nos moutons de guerre.
-
- Notez que le jeu, édité et dévelopé par des compratriotes, est jouable en français mais pour des raisons techniques vous aurez droit à des captures d’écran en anglais.
Le champ de bataille tactique
En dehors des dialogues truculents qui encadrent chaque mission, on a bien affaire à de la stratégie au tour par tour : on place ses unités (infanterie, blindés, aéronefs…), on capture des bases, on optimise le positionnement en profitant des spécificités du terrain… Le classique du genre, où chaque unité va être particulièrement efficace contre certaines mais fichtrement vulnérable à d’autres.
Parmi les mécaniques de jeu de Super World War , notons que chacun des 6 généraux dispose d’une super arme. Avant de pouvoir la déclencher, il faudra cumuler quelques points grâce à certains bâtiments sous votre contrôle. Par exemple, Capitulet, le lâche mais sympathique monarque, peut soigner ses troupes tandis que la belliqueuse Xi-An peut rendre une des siennes « kamikaze », qui infligera alors à sa mort énormément de dégâts aux unités adjacentes.
-
- Super World War est plutôt généreux avec ces 6 leaders de guerre que vous aurez l’occasion de jouer l’un après l’autre au fil des 40 missions du jeu.
Autre élément de gameplay, la météo évolutive influence le terrain, la visibilité, les déplacements : brouillard, rivières gelées, etc. Vous allez apprendre à détester la neige qui ralentira beaucoup trop vos troupes. Notons aussi que s’acharner sur la même cible dans le même tour octroie des bonus de dégâts sur cette pauvre cible. En plus c’est rigolo.
Il y a également un système d’embuscade : une unité légère peut se dissimuler si le terrain le permet (bois, zone de brouillard…) : elle devient alors invisible pour l’adversaire et attaquera immédiatement si l’ennemi passe à portée de tir. Cependant, une fois embusquée, une troupe ne peut plus se déplacer à moins de se « dé-embusquer », ce qui lui prendra tout son tour.
Ces quelques mécaniques suffisent à donner au jeu une véritable profondeur tactique et stratégique. Et ça, c’est vachement bien. Parfois même le jeu devient addictif. Et ça c’est très bien pour un jeu du genre.
Mais… abordons maintenant les points négatifs. Oh et puis non. Abordons d’abord les points « ça va, mais c’est pas top non plus », à savoir la réalisation du jeu.
Style visuel et sonore
Visuellement le jeu est correct, ni plus ni moins. Pour un tel jeu, du point de vue graphique, le plus important est la lisibilité. Sur ce point encore, c’est correct, sans plus. On reconnaît relativement facilement les différents types de troupes, mais il faudra tout de même faire attention à ne pas prendre des snipers pour des soldats de base, par exemple.
Il est heureusement possible de zoomer ou de dézoomer MAIS l’angle de la caméra est imposé et j’aurais VRAIMENT aimé pouvoir la mettre plus à la verticale sans avoir à dézoomer au maximum pour un meilleur confort visuel.
Lorsque les affrontements surviennent, le jeu ne vous limite pas à une simple animation de combat : on voit les unités s’animer, se déplacer, s’entre-déchirer ou exploser, dans une mini-scène visuelle où le joueur reste passif. Le souci, c’est que ces combats visuels manquent souvent de punch et deviennent vite répétitifs. Après, il faut dire que c’est le genre qui veut ça.
Autre point correct mais qui ne casse pas trois pattes à un lascar : l’habillage sonore. La musique, oscillant selon les missions entre thèmes martiaux et morceaux plus électriques, n’a rien de marquant ni d’exceptionnel. Cela dit, elle accompagne bien le jeu sans devenir envahissante ou pire : chiante. C’est le principal pour un jeu où vous resterez parfois de longs moments sur la même carte.
De même, les bruitages ne sont pas mémorables, mais corrects. J’aurais aimé quelques voix ou “annonces radio un peu fêlées pour donner plus de personnalité. Allez, il est temps d’attaquer le ou les véritables défauts du jeu…
-
- Comme vous pouvez l’entendre si vous êtes atteint de synesthésie, les bruitages sont corrects, sans plus.
La guerre ce n’est pas toujours marrant
Parmi les 40 missions du mode Histoire, certaines d’entre elles traînent en longueur, sans vraie variation. On sent la redite et surtout, avancer chacune de ses troupes est parfois diablement fastidieux. À vrai dire je m’amusais beaucoup sur le jeu, appréciant son gameplay, son humour et même son scénario farfelu, enchaînant les missions avec un plaisir frisant l’addiction puis… vint la mission 5 de Xi-An. Mon Vietnam.
Une mission où l’on démarre avec énormément de troupes, très loin de l’ennemi. Voir lesquelles de nos unités ont déjà bougé n’est pas très clair visuellement : après chaque mouvement il faut à chaque fois sélectionner l’option « attendre » si on n’a rien d’autre à faire avec, sinon l’unité apparaît sur l’écran comme étant encore jouable pour le tour.
Fastidieux. Surtout quand les distances nous séparant de l’ennemi ou des premiers éléments de terrain intéressants sont loin. Et si en plus la neige s’en mêle, comme sur cette mission 5 avec Xin-An…
Bref, bouger toutes ces petites troupes était déjà longuet et, bien que j’ai eu le sentiment d’essayer de faire ça bien, sans comprendre et pour la première fois, une fois arrivé au contact de l’ennemi ça a été la boucherie. Au revoir ma petite armée après presque une heure de déplacements.
L’idée de devoir recommencer la mission m’a fait tomber la Switch des mains. Bon, j’étais sur mon lit heureusement. Malgré cela, pour vous, je me suis héroïquement jeté à nouveau dans la bataille pour vous livrer un test digne de ce nom (enfin j’espère).
Verdict : oui, certaines missions sont chiantes mais heureusement ce n’est pas toujours comme ça. Notez qu’il est possible de sauvegarder en pleine mission, ouf. Mais parfois il peut être nécessaire de recommencer la mission du début si toute la phase d’approche est à revoir.





