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Critique Cinoche : Street Fighter: L’Ultime Combat – Film culte ou authentique nanard ?

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Double Impact avec une critique en bonne et due forme du long-métrage Street Fighter accompagnée (ici en lien) d’un test du jeu inspiré du film ! Mais pour le moment restons sur l’œuvre cinématographique culte de Stephen E. De Souza qui secoua la sphère des gamers dans les années 90 ! Mandales, second degré et dictateur de pacotille sont de sortie !

LIVRET DE PRÉSENTATION  DE STREET FIGHTER L’ULTIME COMBAT 

Shadaloo, province reculée d’Asie du Sud-Est. Le général Bison, despote en proie à sa proche destitution face aux forces armées de l’ONA (Organisation des Nations Alliées), joue le tout pour le tout en kidnappant les membres d’une association humanitaire puis en réclamant la modique somme de 20 milliards de dollars pour leur libération.

Le colonel Guile, qui dirige la force armée, décide de frapper un dernier grand coup mais il lui reste à localiser la base d’opération du dictateur fou. Il va donc piéger Sagat, un marchand d’armes notoire et organisateur de combats de rue clandestins, afin que ce dernier révèle l’emplacement du général aux troupes de la Liberté.

Voilà pour les grandes lignes. À cette intrigue principale s’ajoutent celle de Ken et Ryu, arnaqueurs à la petite semaine ayant voulu jouer un tour à Sagat, et celle de Chun-Li, journaliste voulant venger son père exécuté par Bison lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. Elle est accompagnée de Balrog, son caméraman, et d’Honda, son technicien/perchiste. On trouve également – en soutien à Guile – Cammy en lieutenant sexy et un adjudant lambda en T.Hawk tardif.

Du côté des méchants, nous découvrons Dee Jay en sbire un peu provoc’ et Zangief dans son rôle éternel de gros bras demeuré. Également Dhalsim, en scientifique contraint d’appliquer sa science sur un Carlos Blanka emprisonné. Et n’oublions pas Vega, le bras droit de Sagat. Voilà, nous avons fait le tour du casting du film Street Fighter.

On retrouve peu ou prou le roster présent dans Street Fighter II à l’exception de Sawada en remplacement de Fei Long. Sans doute pour ne pas avoir à mettre en scène un sosie de Bruce Lee qui aurait pu faire tomber le film dans la branche de la « Brucesploitation » éhontée.

C’EST PAS DU JEU !

De ce tour d’horizon de nos personnages principaux ressort déjà le premier gros problème de cette adaptation : elle ne respecte que fort peu les biographies officielles des combattants du jeu. Des gentils basculent dans le camp des méchants et vice-versa. Certains voient leur carrière professionnelle bouleversée ou même leur nationalité modifiée. D’autres passent d’honorables guerriers à petits escrocs sans envergure…

Pourquoi avoir inversé les rôles de Dee Jay et Balrog ? Cela aurait fait bien plus de sens, surtout en faisant du Jamaïcain l’ingénieur du son dans le studio mobile…

Pourquoi Chun-Li devient journaliste en lieu et place d’agent de police ? Ou alors il suffisait d’en faire une agente infiltrée ! On rajoute une ou deux lignes de dialogue et le tour est joué.Pourquoi faire de Dhalsim un scientifique ? C’est la négation totale de ce qu’il représente dans le jeu ! Quelle folle idée…

Pourquoi avoir fusionné les personnages de Charlie Nash et Blanka ? Incompréhensible.

Pourquoi avoir fait des deux héros du jeu – à savoir bien sûr Ken et Ryu – des petits malfrats, ce qui est aux antipodes de ce qu’ils sont censés être ?

Oui vraiment, pourquoi ?

À cela on pourrait répondre l’éternelle excuse des pontes hollywoodiens : « C’est une adaptation. » Mais ce serait apporter une réponse comme bien souvent à côté de la plaque, car absolument rien n’empêchait le script de mieux respecter ces personnages iconiques. Le plus dingue là-dedans, c’est que réécrire le background des différents protagonistes a dû prendre plus de temps que de simplement transposer fidèlement leur biographie fictive…

UN MAUVAIS FILM SYMPATHIQUE

Malgré tout, revoir Street Fighter « L’Ultime Combat » fait passer un bon moment. Dès lors que l’on accepte le contrat du film, à savoir la déconne totale. Le métrage semble en effet ne jamais réellement se prendre au sérieux, on voit bien qu’il ne s’agit que d’une immense boutade, pour ne pas dire une farce (dans le sens théâtral du terme).

Les acteurs surjouent à l’excès, les situations sont pour la plupart ridicules, l’intrigue est assez limitée, la mise en scène n’a rien d’extraordinaire (certains plans demeurent très beaux, surtout ceux illustrant les cieux asiatiques)… C’est qu’après tout il ne s’agit que d’un jeu vidéo ! On ne va pas non plus se prendre la tête et en faire un truc sérieux ! Manquerait plus que ça…

Revoir les monologues de M. Bison sur ses rêves de domination du monde ou la ‘mort’ du colonel Guile ne laisse guère planer de doute sur le côté volontairement ringard adopté pour ce film. D’ailleurs la scène de la révélation de la susdite supercherie est tout simplement désastreuse : Chun-Li se pointe des heures après le décès présumé du héros américain, suivant le signal d’un émetteur radar l’amenant à la morgue auprès du corps du défunt… et celui-ci se relève comme si de rien n’était… Genre il faisait le mort durant des heures, attendant patiemment que la journaliste se pointe ?? Mais qui a écrit ça ?! Ça n’a aucun sens !

Dans le même genre d’ineptie scénaristique, 15 soldats accompagnaient l’association humanitaire, 14 sont tués, dont certains de la main même de Bison. Le dernier encore en vie est, comme de bien entendu, le meilleur pote de Guile, Carlos ‘Charlie’ Blanka. Un peu facile…

On perçoit tout de même en sous-texte une critique assez acerbe et surprenante envers la politique ‘du dialogue avant tout’ de l’ONU, principalement avec cette scène mythique où Guile harangue ses troupes pour aller au combat devant un ponte de l’organisation totalement atterré (et inutile au récit). Ce passage, bien trop long, forme donc le ventre mou de cette aventure. Mais il amène au dernier acte totalement foutraque, un joyeux bordel plein d’énergie.

SELECT YOUR PLAYER

Il est venu le temps d’aborder le chapitre du casting dantesque de ce film Street Fighter. Bien sûr, on commence avec Jean-Claude Van Damme dans le rôle de Guile. Faire jouer la caricature du soldat américain patriote par le plus célèbre des acteurs belges relève du pur génie ou de la pure folie, on hésite encore. Paraît-il qu’il consommait pour 10 000 $ de cocaïne chaque semaine sur le tournage (c’était sa période difficile).

En face on trouve un Raúl Juliá tout en cabotinage, incarnant un Bison imbu de lui-même jusqu’à la démence absolue. L’acteur d’origine portoricaine jouant pourtant un dictateur asiatique, signant là son dernier rôle au cinéma, le film lui est dédié (certains le regrettent d’ailleurs, cette pantalonnade n’étant pas au goût de certains au niveau de qualité de cet immense acteur).

Dans les seconds rôles notables, on trouve la mignonne Kylie Minogue – Australienne pour une Anglaise (notez qu’une partie du tournage eut lieu en Australie), Ming-Na Wen débute sa carrière dans la peau de Chun-Li, le grand Wes Studi lui est Sagat (un Cherokee pour un Thaïlandais) et nous avons Damian Chapa et Byron Mann dans les rôles de Ken et Ryu, deux illustres inconnus.

Tout ce beau monde se démène lors de l’assaut final pour sortir son épingle du jeu et remporter la victoire. Les scènes et les combats ringards s’enchaînent à toute allure dans un déferlement d’effets spéciaux qu’il aurait mieux fallu ne pas tenter (Ha ! Le tristement célèbre Flash-Hadoken !) pour aboutir au climax Jean-Claude Guile vs Raul Bison. Un combat comme on en voit peu. Pensée émue aux trains aériens électromagnétiques japonais.

Redécouvrir ce film, bien des années après sa sortie, fait grandement relativiser le désastre de celui-ci. On le regarde désormais avec un regard amusé, presque nostalgique d’une autre époque du cinéma. C’est devenu un plaisir coupable dont on aime se moquer mais qui en fait a toute notre sympathie.

Une seule envie à la fin de ce visionnage : relancer une partie de l’adaptation vidéoludique de cette adaptation cinématographique du jeu vidéo Street Fighter II.

Ou la cerise sur le gâteau de ce nanar culte.

AVIS DE LA REDAC

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Un mauvais film sympathique
  • un casting étonnant... et détonnant !!
LES MOINS
  • Des séquences stupides... mais hilarantes
  • le non-respect de certains personnages
65
%
CA PASSE BIEN

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