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Hommage à Tomonobu Itagaki : une figure rebelle du jeu vidéo s’éteint

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

La disparition de Tomonobu Itagaki en octobre a laissé un vide dans le paysage du jeu vidéo. Créateur charismatique, parfois controversé, souvent flamboyant, il a façonné des séries devenues des piliers du jeu d’action moderne. Entré chez Tecmo en 1992, il a dirigé Team Ninja et piloté la naissance de Dead or Alive, ainsi que le retour fulgurant de Ninja Gaiden en 2004, un titre encore admiré pour sa précision chirurgicale et son exigence. Son influence, faite d’audace et de maîtrise technique, continue de s’imprimer sur toute une génération de développeurs.

Lors d’une cérémonie dédiée à sa mémoire, Yosuke Hayashi, vice-président exécutif de Koei Tecmo, est monté sur scène pour évoquer leur relation professionnelle, longue de plus de vingt ans. Son discours, empreint d’émotion, dévoile un Itagaki à la fois dur, imprévisible et profondément investi. Hayashi raconte leur première rencontre en 2001, un moment presque comique : fraîchement diplômé, affecté à l’équipe d’Itagaki, il se retrouve… sans aucune tâche à accomplir. Deux semaines d’errance qui lui paraissaient, à l’époque, un mauvais signe, mais qui deviendront finalement le début d’un apprentissage décisif.

Le récit se densifie lorsqu’il évoque les nuits passées sur le développement de Ninja Gaiden pour Xbox, entre 2003 et 2004. Une période de chaos total, selon ses mots, où le projet semblait se déliter à chaque instant. Et pourtant, Itagaki ne lâchait rien. Hayashi décrit ces six mois à deux, à vérifier chaque ajustement pendant 12 heures par nuit, comme l’un des trésors de sa carrière. Après la sortie du jeu, leurs chemins s’écartent doucement, jusqu’au départ d’Itagaki de la société en 2008. Avant de partir, il lâche à Hayashi une simple consigne : « Ne change pas le logo. » Une phrase dépouillée, pleine de symboles, qui restera gravée dans sa mémoire.

La dernière partie de son discours révèle un Itagaki plus vulnérable, presque transformé. « Les messages que tu m’envoyais étaient soudain écrits dans un langage poli », raconte Hayashi, amusé et troublé à la fois. Puis il dévoile la toute dernière communication du créateur, un message que Hayashi conserve précieusement : « Merci de te souvenir de notre promesse. Les temps ont changé : vendre un million d’exemplaires ne suffit plus pour être reconnu. Continue de créer de grands jeux. » Des mots simples, mais lourds de respect, de lucidité et d’une forme d’adieu professionnel.

Hayashi conclut en évoquant un étrange alignement : la carte de visite d’Itagaki porte la date du 16 octobre, jour de son propre anniversaire de mariage. « Un signe », dit sa femme. Lui y voit un lien indéfectible, celui entre un maître imprévisible et un disciple déterminé. À travers cette cérémonie, Itagaki apparaît tel qu’il était : brut, entier, animé d’une énergie inimitable. Et derrière la légende, un homme dont l’ombre continuera longtemps de veiller sur ceux qu’il a inspirés.

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