Alors que Persona 5 continue de rayonner à travers ses multiples déclinaisons – de Royal à Strikers, en passant par Tactica et autres spin-off – Persona 5: The Phantom X débarque enfin en Occident sur PC et mobiles.
Un épisode free-to-play, pensé pour le long terme, qui se déroule dans un univers alternatif et qui entend transposer toute la formule Persona dans un cadre mobile. Une promesse ambitieuse, forcément risquée, tant la licence est associée à une expérience dense, narrative et très structurée. Verdict après de longues heures passées dans le Metaverse.
Un nouveau monde, des voleurs familiers
L’histoire de Persona 5: The Phantom X prend place dans un Tokyo rongé par un mal étrange : les habitants perdent peu à peu leurs désirs, leur volonté de vivre et d’agir. Le joueur incarne Wonder (aussi connu sous le nom de Nagisa Kamishiro), un lycéen ordinaire confronté à cette apathie collective. Très vite, il découvre l’existence du Metaverse grâce à une application mystérieuse, rencontre le hibou Lufel, et éveille sa Persona.
La trame narrative reprend les codes emblématiques de la saga : critique sociale, antagonistes inspirés de problèmes bien réels, journées découpées entre vie scolaire et exploration surnaturelle. Le premier antagoniste, surnommé le Subway Slammer, peut prêter à sourire dans son traitement, mais s’ancre dans une problématique sociale tangible. Comme souvent avec Persona, l’histoire gagne en épaisseur avec le temps, portée par des cutscenes animées, un casting inédit et quelques apparitions familières qui raviront les fans.
La vie quotidienne réinventée
La gestion du quotidien, pilier de la série, revient ici sous une forme plus souple. Fini le calendrier strict : le jeu fonctionne avec un système de temps flexible (“hier, aujourd’hui, demain”), permettant d’enchaîner les activités sans stress excessif. Étudier, travailler, sortir avec des alliés, améliorer ses statistiques sociales… tout est là, mais limité par des jauges d’énergie typiques du mobile.
Cette structure rend l’expérience plus détendue, mais impose aussi un rythme lent, surtout pour les joueurs 100 % gratuits. Certaines activités nécessitent plusieurs jours réels pour être débloquées, renforçant l’idée d’un jeu à savourer sur la durée. À côté de cela, l’exploration libre des quartiers, les boutiques et les dialogues avec les PNJ offrent une liberté inédite pour un Persona moderne.
Metaverse XXL et combats bien connus
Côté action, Persona 5: The Phantom X surprend par l’ampleur de ses donjons. Bien plus vastes que dans Persona 5, ils ne sont pas conçus pour être intégralement terminés d’un seul coup. Puzzles, zones secrètes, combats optionnels : tout incite à y revenir régulièrement pour récupérer ressources et récompenses.
Le système de combat reste fidèle à l’ADN de la série : exploitation des faiblesses élémentaires, tours supplémentaires, attaques groupées et Personas multiples pour le héros. Quelques concessions sont toutefois faites, notamment sur le baton pass, désormais partiellement automatisé. Un choix qui fluidifie les affrontements mais réduit légèrement la profondeur tactique pour les puristes.
Gacha, progression et patience obligatoire
Impossible d’y couper : The Phantom X est un jeu gacha. De nouveaux personnages, des personas et des armes s’obtiennent via des tirages, avec des systèmes de doublons pour augmenter leur puissance. La progression est étroitement liée au niveau du héros, empêchant toute montée en puissance trop rapide.
Bonne nouvelle : le jeu se montre plutôt généreux dans ses récompenses initiales, et les personnages gratuits suffisent largement pour progresser dans l’histoire. Mauvaise nouvelle : les murs de progression existent bel et bien, imposant parfois d’attendre plusieurs jours ou de passer par des événements quotidiens pour obtenir les matériaux nécessaires. Le sentiment de pay-to-win reste limité, mais bien présent sur le long terme, notamment via les passes payants et certaines bannières temporaires.
Une identité visuelle intacte
Sur le plan artistique, Persona 5: The Phantom X est une réussite. Direction artistique rouge et noire, interfaces stylisées, portraits expressifs, cinématiques animées : tout respire Persona 5. La bande-son alterne entre morceaux cultes et nouvelles compositions, avec la possibilité de personnaliser les musiques jouées en exploration.
Quelques animations peuvent paraître rigides, et les contrôles sur PC manquent parfois d’ergonomie, mais l’ensemble reste impressionnant pour un titre mobile. Le Thieves Den, repris de Persona 5 Royal, renforce encore l’aspect collection et fan service, tout en servant de hub social.






