Bob Iger, considéré comme l’un des plus grands dirigeants de sa génération, quittera officiellement son poste de CEO de Disney le 18 mars 2026, laissant la place à Josh D’Amaro, ancien patron des parcs Disney. Après avoir redéfini la stratégie de la société et mené des acquisitions majeures, Iger laisse derrière lui un empire multimédia transformé, prêt à affronter l’ère du streaming. Cependant, son premier départ en 2020 et le passage de relais à Bob Chapek restent un épisode controversé dans sa carrière.
Sous sa première direction, Iger a orchestré plusieurs acquisitions audacieuses et extrêmement lucratives : Pixar pour 7,4 milliards de dollars, Marvel Entertainment pour 4 milliards, et Lucasfilm pour 4 milliards également. Ces investissements ont généré plus de 40 milliards de revenus directs pour Disney, sans compter les synergies avec les parcs, les produits dérivés et les franchises associées. Iger a ainsi transformé Disney en un acteur majeur du divertissement mondial, faisant de la croissance par acquisitions un pilier stratégique, contrastant avec la politique d’Eisner, son prédécesseur, axée sur le développement interne.
Malgré ces succès, toutes les acquisitions n’ont pas été parfaites. L’achat de Maker Studios en 2014 et celui de 21st Century Fox en 2019 ont suscité des débats sur leur rentabilité à long terme. Toutefois, une analyse de la Yale School of Management estime que la plupart de ces acquisitions, y compris Fox, ont rapidement trouvé leur rentabilité grâce à des synergies et la consolidation de contenus clés, comme la prise de contrôle complète de Hulu. La stratégie M&A d’Iger a donc permis à Disney d’étendre considérablement son catalogue et de renforcer ses plateformes de streaming.
Le retour d’Iger en 2022 pour remplacer Chapek a été marqué par une restructuration majeure et une stabilisation de l’entreprise. Il a su défendre les valeurs de Disney, notamment face à la polémique avec le gouverneur Ron DeSantis, et relancer la croissance post-COVID des parcs et des studios. Avec des films à succès dépassant le milliard de dollars au box-office mondial, et la rentabilité confirmée de Disney+ et des parcs, Iger laisse derrière lui une société solide et prête pour l’avenir, tout en se préparant à de nouveaux engagements, comme Angel City FC, l’équipe féminine de football dont il est copropriétaire.
L’héritage de Bob Iger se caractérise par sa vision stratégique, sa capacité à exécuter de grandes acquisitions et à naviguer dans les crises, mais aussi par une leçon sur la succession de dirigeants. Comme le souligne Sridhar Tayur, professeur à Carnegie Mellon, Iger a sécurisé la transition vers le streaming et stabilisé Disney, laissant Josh D’Amaro hériter d’une entreprise en bonne santé, prête à poursuivre son développement mondial.
Source : Variety

