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Critique Cinoche : À l’aube du 6ᵉ jour – Schwarzenegger face à son propre reflet

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

À l’aube du 6ᵉ jour – Schwarzenegger face à son propre reflet

Au tournant des années 2000, alors que la science-fiction hollywoodienne s’interroge de plus en plus sur les dérives technologiques, À l’aube du 6ᵉ jour, place Arnold Schwarzenegger dans une situation pour le moins troublante : rentrer chez soi et découvrir qu’un clone vit déjà votre vie. Dans ce futur proche, la technologie permet de recréer animaux et objets à volonté, mais le clonage humain est officiellement interdit par la loi dite du 6ᵉ jour, une référence directe à la création de l’homme dans la Genèse.

Évidemment, certaines grandes entreprises n’ont pas l’intention de respecter cette limite… et la situation va rapidement dégénérer.

Une idée de science-fiction qui sent bon les années 90

À l’aube du 6ᵉ jour repose sur un concept simple mais efficace : et si quelqu’un pouvait être remplacé sans même s’en rendre compte ? Dans l’univers imaginé par le scénario, la technologie a envahi le quotidien. Les enfants possèdent des poupées interactives appelées SimPals, capables de parler et d’imiter les émotions humaines. Les animaux domestiques peuvent être recréés grâce aux RePets, clones parfaits d’un animal disparu.

Cette banalisation du clonage animal crée un contraste intéressant avec l’interdiction absolue du clonage humain. Officiellement, la loi protège l’humanité contre les dérives scientifiques. Officieusement, certaines entreprises cherchent déjà à contourner la règle pour préserver leurs intérêts économiques.

C’est précisément ce qui arrive à Adam Gibson, pilote d’hélicoptère tranquille, père de famille et citoyen parfaitement ordinaire. À la suite d’une mission qui tourne mal, une puissante société de biotechnologie croit qu’il a été tué. Elle décide alors de créer un clone pour le remplacer… sans réaliser que l’original est toujours en vie. Lorsqu’Adam rentre chez lui et découvre qu’un autre lui-même partage déjà sa maison, sa famille et sa vie, le film bascule immédiatement dans un thriller futuriste teinté de paranoïa.

Schwarzenegger face à Schwarzenegger

Voir Arnold Schwarzenegger partager l’écran avec lui-même constitue évidemment l’un des grands attraits du film. L’acteur, habitué aux rôles de héros invincibles, joue ici sur deux registres différents : d’un côté l’Adam original, fatigué et méfiant, qui comprend progressivement qu’il est devenu une cible ; de l’autre son clone, parfaitement convaincu d’être la véritable version du personnage.

Cette dualité donne lieu à plusieurs scènes étonnantes. Les deux Adams se retrouvent parfois contraints de coopérer, ce qui permet au film, À l’aube du 6ᵉ jour  d’introduire une forme d’humour involontaire. Schwarzenegger n’est pas connu pour la subtilité de son jeu, mais il possède une présence à l’écran qui suffit souvent à rendre ses personnages immédiatement sympathiques.

Le film joue aussi avec l’idée que le clone pourrait être, d’une certaine manière, aussi légitime que l’original. Les deux personnages possèdent les mêmes souvenirs, les mêmes émotions et la même vie jusqu’au moment de leur séparation. Cette situation soulève une question simple mais efficace : qu’est-ce qui définit réellement l’identité d’une personne ?

Un futur rempli de gadgets improbables

Comme beaucoup de productions de science-fiction de la fin des années 90, À l’aube du 6ᵉ jour imagine un futur proche rempli d’innovations technologiques parfois fascinantes, parfois légèrement absurdes. Les maisons sont automatisées, les systèmes de sécurité sont omniprésents et les laboratoires de biotechnologie manipulent l’ADN comme s’il s’agissait d’un simple programme informatique.

Certaines idées fonctionnent particulièrement bien. Le concept des RePets, par exemple, est à la fois amusant et légèrement inquiétant : perdre un animal devient presque banal puisqu’il suffit d’en recréer un nouveau. Ce détail renforce l’idée que la technologie a déjà franchi une limite morale, même si les personnages préfèrent l’ignorer.

Le film évoque aussi les dangers du pouvoir scientifique lorsqu’il est utilisé par des entreprises prêtes à tout pour protéger leurs profits. Le dirigeant de la société responsable du clonage voit ses recherches comme une révolution bénéfique pour l’humanité, alors que les conséquences de ses actes deviennent rapidement catastrophiques.

Action explosive et humour noir

Heureusement, À l’aube du 6ᵉ jour n’oublie jamais qu’il s’agit avant tout d’un blockbuster d’action. Poursuites, fusillades et explosions rythment l’intrigue avec une efficacité typique du cinéma américain de l’époque. Schwarzenegger retrouve ainsi un terrain familier où sa carrure et son charisme font toujours leur effet.

Certaines scènes jouent également sur un humour noir inattendu. Un personnage cloné à plusieurs reprises finit par se plaindre que mourir puis revenir à la vie « enlève un peu le plaisir d’être vivant ». Ce genre de réplique rappelle que le film ne se prend jamais totalement au sérieux.

La confrontation finale pousse même le concept du double jusqu’à une conclusion assez originale : plutôt que de s’affronter, les deux versions d’Adam choisissent de coopérer. L’un d’eux part alors parcourir le monde pour accomplir de bonnes actions, comme une sorte de justicier génétique solitaire.

Disponible sur netflix.

AVIS DE LA REDAC

À l’aube du 6ᵉ jour est un pur produit du cinéma de science-fiction des années 90 : spectaculaire, parfois excessif, mais toujours divertissant. Le film ne cherche pas à approfondir réellement ses idées philosophiques sur le clonage, mais il les utilise intelligemment pour construire un thriller futuriste efficace. Porté par la présence imposante d'Arnold Schwarzenegger, le long-métrage mélange gadgets technologiques, humour noir et action explosive dans un spectacle solide. Ce n’est pas la science-fiction la plus subtile de son époque, mais c’est un divertissement énergique qui capture parfaitement l’esprit des blockbusters de la fin du siècle.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Concept du double amusant et efficace
  • Charisme intact d’Arnold Schwarzenegger
  • Plusieurs idées futuristes intéressantes
  • Action spectaculaire typique des années 90
  • Humour noir bienvenu
LES MOINS
  • Intrigue parfois un peu longue
  • Réflexion sur le clonage assez superficielle
  • Antagonistes peu mémorables
  • Quelques clichés du cinéma d’action
74
%
CA PASSE BIEN

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