Minishoot’ Adventures a été testé sur Nintendo Switch, sur un canapé de type « dur mais pas trop » tout en dégustant des dés de fromage au cumin.
Minishoot’ Adventures- Ce n’est pas la taille qui compte
Un nouveau jeu en 2D, ça attire souvent mon regard. Minishoot’ Adventures ? Un shoot’em up façon metroidvania ? Allez, je prends. Qu’est-ce qui peut mal se passer ? En plus je n’étais pas trop mauvais aux shoot’em up dans le temps. J’ai même fini Thunder Force IV. Il y a 30 ans environ. Merde. Je vais mourir.
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- C’est minimaliste, coloré, presque innocent, un peu comme un dessin d’enfant. Mais un enfant qui aurait une légère fascination pour les projectiles mortels.
Minishoot’ Adventures commence doucement. Presque trop doucement. Le vaisseau est agréable à diriger, les graphismes, bien que mignons, sont un peu génériques, notre tir de départ un peu mou, mais on suppose que ça ne va pas durer. Ainsi, au tout début, on peut presque se demander si le jeu est relaxant, ou juste chiant. Heureusement, pas de tuto intrusif, pratiquement pas de lecture.
Après une courte phase où on se dit « ça va, c’est tranquille », on apprend rapidement, à la dure, que l’environnement est hostile et que les vaisseaux ennemis mignons tout plein ne sont pas si mignons que ça en fait, et que notre durée de vie est très limitée. Mais on gagne également rapidement ses premiers niveaux, engrangeant de l’expérience à chaque ennemi tué ou en tirant sur des cristaux. À chaque niveau, on peut améliorer un élément de son choix : vitesse du vaisseau, cadence de tirs, dégâts, etc. Et ça, ça fait plaisir. Là on entre dans la phase « c’est pas mal en fait ! »
D’autant plus que, contrairement à ces shoot’em up à l’ancienne qui se contentaient généralement de nous tuer proprement sans poser de questions, Minishoot’ Adventures nous propose une véritable exploration. Clairement le jeu regarde droit dans les yeux The Legend of Zelda, lui vole sa carte, ses secrets… et repart avec en tirant dans tous les sens. Le tout avec un sourire innocent. Et vraiment, ce côté monde ouvert / metroidvania est très finement exécuté.
Minishoot’ Adventures propose une grande carte extérieure qui prendra son temps avant de se dévoiler entièrement, telle une strip-teaseuse timide, mais également de nombreux passages souterrains, temples ou cavernes (quelque chose me dit que je ne devrais pas m’attarder sur cette comparaison avec une strip-teaseuse). Au début on se perd un peu sans que ce soit désagréable, parfois on débarque sur une nouvelle zone prématurément où s’ensuit une mort rapide et humiliante, parfois méritée.
Mais la mort n’est pas vraiment punitive (on repart alors du « village » de départ au centre de la carte ou au dernier checkpoint) et repasser au même endroit est rarement ennuyeux : soit on y découvre de nouveaux passages, soit on détruit à nouveau des vaisseaux pour augmenter son expérience et potentiellement débloquer une amélioration qui fera toute la différence, soit encore on déglingue avec aisance et plaisir des ennemis qui nous donnaient encore du fil à retordre il y a peu. C’est généralement là qu’on se dit « mais c’est carrément bien en fait ! »
Le vrai tour de force de Minishoot’ Adventures, c’est son mélange. Pas un mélange forcé, façon cuisine expérimentale douteuse où on agrémenterait une pizza hawaïenne d’une saucisse de Toulouse. Non, un vrai mariage réussi. Non seulement le mélange shoot’em up/exploration fonctionne, notamment grâce à un gameplay en béton sur-armé et à un level design qui frise l’excellence, mais en plus il y a comme une alchimie étrange qui opère, nous plongeant à la fois dans une atmosphère relaxante ET dans l’action. Le jeu arrive miraculeusement à être « chill » et nerveux à la fois. Parfois plus l’un, parfois plus l’autre, parfois les deux, oui. C’est sacrément bien rythmé.
La musique contribue à cette ambiance générale. Relaxante sans endormir. Une seule de ces musiques m’a toutefois ennuyé à cause d’une piste assez répétitive et à la sonorité pas très agréable. Mais rien d’horrible. Ah oui tiens, parlons des défauts d’ailleurs ! Eh bien… je n’en vois pas beaucoup, si ce n’est que la direction artistique manque un peu de personnalité. C’est mignon, mais assez générique.
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- Le design des vaisseaux ennemis manque un peu d’audace et d’originalité, mais la lisibilité est exemplaire.
D’ailleurs le monde de Minishoot’ Adventures ne semble habité que par des vaisseaux et, bizarrement, une espèce de slime. Avoir un bestiaire visiblement plus varié aurait été sympa. Oh il y a plein d’ennemis différents ! Mais il s’agit presque exclusivement de vaisseaux. Blancs. Au moins, l’action reste toujours très visible. Après tout,, ce choix participe à conserver ce côté jeu relaxant même lorsque l’écran est saturé d’ennemis et surtout de tirs en tout genre.
Car oui, le jeu vous demandera parfois les réflexes d’un chat ayant ingurgité trois expressos. Mais n’ayez crainte ! Vous pouvez à tout moment changer la difficulté du jeu. Trois niveaux de difficulté différents influant « seulement » sur la vitesse des ennemis et de leurs projectiles. Je ne vais pas vous mentir, je suis rapidement passé à la difficulté la plus simple…AIS vers le début de notre exploration,, le jeu nous propose aussi trois modes de tir différents, pour corriger votre visée ou non. Et là, faut pas déconner, j’ai gardé la visée purement manuelle !
Minishoot’ Adventures se finit en une dizaine d’heures et se paye le luxe de dévoiler une petite morale efficace si vous prenez le temps et le soin de le finir réellement à 100 %%. Sur ce point, je vais éviter tout spoil. Mais sachez que même s’il est minimaliste, il y a un scénario. Or, comme le montre le jeu dans son ensemble, minimalisme ne veut pas forcément dire dénué d’intérêt.





