Le test de Tobal No.1 a été réalisé sur la console Sony PlayStation.
En 1996, la PlayStation de Sony commence sérieusement à faire parler la poudre dans les salons des joueurs. La guerre des consoles bat son plein, la 3D débarque dans tous les genres et les développeurs rivalisent d’imagination pour montrer que le futur du jeu vidéo est déjà là. Les jeux de combat n’échappent évidemment pas à cette révolution. Après les succès colossaux de la baston en 2D, les éditeurs tentent désormais d’explorer une nouvelle dimension.
C’est dans ce contexte que débarque Tobal No.1, un jeu développé par DreamFactory et édité par Square. À première vue, le titre attire immédiatement l’attention grâce à une collaboration prestigieuse : le design des personnages a été confié à Akira Toriyama, le créateur mondialement connu de Dragon Ball et Dr. Slump. Autant dire que pour les fans de mangas et d’animations japonaises, la curiosité est immédiate.
Mais Tobal No.1 ne se contente pas de jouer la carte du fan service. Le jeu ambitionne aussi d’apporter quelque chose de nouveau au genre du jeu de combat en 3D, encore en pleine expérimentation à l’époque. Liberté de déplacement dans l’arène, système de projections élaboré, mode aventure inédit… sur le papier, le programme est alléchant.
Reste une question essentielle : derrière ce casting prestigieux et ces ambitions techniques, Tobal No.1 est-il réellement un grand jeu de baston ou simplement une curiosité de l’ère polygonale ? Enfilez vos gants virtuels, on monte sur le ring.
Toriyama débarque dans le monde des polygones !
Impossible de parler de Tobal No.1 sans évoquer immédiatement l’empreinte de Akira Toriyama. Dès l’écran de sélection des personnages, la patte du célèbre mangaka saute aux yeux. Visages expressifs, silhouettes athlétiques, personnages extravagants : tout rappelle l’univers visuel de Dragon Ball.
On retrouve ainsi une galerie de combattants au look immédiatement reconnaissable. Entre le héros au style martial classique, la brute massive ou encore les combattants plus excentriques, le casting possède une vraie personnalité. Sur le papier, le résultat est séduisant.
Mais une fois en combat, la magie opère un peu moins. Les modèles 3D polygonaux restent assez rudimentaires, même pour l’époque. Les personnages apparaissent parfois anguleux et les textures restent particulièrement simples. On est clairement dans les premières années de la 3D sur PlayStation.
Les arènes, elles aussi, manquent parfois de richesse visuelle. Certaines zones paraissent un peu vides et auraient mérité davantage de détails pour renforcer l’immersion. Cela dit, la variété des décors apporte un minimum de renouvellement visuel.
Au final, Tobal No.1 possède une identité graphique forte grâce à Toriyama, mais la technologie de l’époque limite clairement la finesse du rendu.
Des combattants un peu raides dans leurs kimonos
Dans un jeu de combat, l’animation est un élément crucial. Les coups doivent être lisibles, les mouvements fluides et les impacts suffisamment puissants pour donner l’impression d’un véritable affrontement.
Sur ce point, Tobal No.1 montre quelques faiblesses. Les personnages disposent d’un large éventail de mouvements, mais les transitions entre certaines animations manquent parfois de souplesse. Les enchaînements donnent parfois l’impression d’être un peu mécaniques.
Les coups manquent également d’impact visuel. Là où certains jeux de combat de l’époque réussissent à transmettre une sensation de puissance, Tobal No.1 donne parfois l’impression que les combattants frappent dans le vide.
La gestion de la caméra n’aide pas toujours non plus. Dans certains combats, il peut devenir difficile d’évaluer correctement la distance entre les personnages, ce qui peut occasionner quelques moments de confusion.
Cela dit, le jeu reste globalement fluide, et les combats ne souffrent pas de ralentissements notables. Une performance honorable pour l’époque.
Une bande-son qui improvise comme dans un club de jazz
La musique de Tobal No.1 surprend immédiatement. Là où la plupart des jeux de combat misent sur des morceaux énergiques et agressifs, celui-ci opte pour une ambiance beaucoup plus expérimentale.
Les compositions mélangent plusieurs influences : jazz, ambient, touches électroniques… Le résultat est assez atypique pour un jeu de baston. Cette approche donne au titre une atmosphère sonore particulière, presque décalée.
Certains morceaux fonctionnent très bien et apportent une personnalité sonore originale au jeu. D’autres, en revanche, peuvent sembler un peu répétitifs à la longue.
Les effets sonores restent corrects mais assez classiques. Les coups, les chocs et les impacts manquent parfois de puissance. On aurait aimé un peu plus de punch pour renforcer l’intensité des affrontements.
Malgré tout, la bande-son possède une identité marquée qui contribue à rendre l’expérience unique.
Facile à jouer… mais difficile à maîtriser
L’un des points forts de Tobal No.1 réside dans sa prise en main. Le système de commandes est relativement simple, ce qui permet aux joueurs de commencer à se battre efficacement en quelques minutes.
Les coups s’enchaînent facilement et les projections apportent un aspect stratégique intéressant. La possibilité de se déplacer librement dans l’arène ajoute également une dimension tactique aux combats.
Mais cette accessibilité a aussi son revers. Les joueurs expérimentés pourraient trouver le système un peu trop simple et manquer de profondeur dans les possibilités de combat.
La gestion des déplacements en 3D peut aussi parfois manquer de précision. Certaines esquives ou repositionnements ne répondent pas toujours exactement comme on le souhaiterait.
Le système reste agréable à jouer, mais il n’atteint pas la précision des meilleurs jeux de combat de son époque.
La baston en 3D qui voulait changer les règles
Ce qui rend Tobal No.1 particulièrement intéressant, c’est sa volonté d’explorer de nouvelles idées dans le jeu de combat.
La liberté de mouvement dans les arènes offre une approche différente des affrontements. Les joueurs peuvent se déplacer autour de leur adversaire, prendre de la distance ou chercher à placer des projections stratégiques.
Le jeu propose également un mode aventure assez original pour l’époque. Dans ce mode, le joueur explore des donjons en combattant différents adversaires et en découvrant de nouveaux personnages à débloquer.
L’idée est excellente, mais l’exécution reste un peu limitée. Les environnements manquent de variété et l’exploration devient rapidement répétitive.
Cependant, Tobal No.1 possède un atout inattendu qui a largement contribué à sa popularité : le jeu inclut la démo jouable de Final Fantasy VII. À l’époque, c’est un véritable événement. De nombreux joueurs achètent le jeu simplement pour découvrir ce futur monument du jeu de rôle.






