ChainStaff a été testé sur PS5.
ChainStaff – Quand le run’n gun devient un trip sous acide
Dès les premières minutes, ChainStaff du studio Mommy’s Best Games annonce la couleur : ça va aller vite, très vite, et ça ne va clairement pas faire dans la dentelle. On incarne Varlette, un soldat augmenté malgré lui par un parasite alien qui lui offre de nouveaux pouvoirs… au prix d’une cohabitation franchement douteuse. Le contexte est posé rapidement, mais comme dans les meilleurs jeux 90s, l’histoire reste un prétexte. Ici, ce qui compte, c’est l’action pure, brutale, et sans pause.
Le jeu te balance dans une série de niveaux où chaque écran devient un champ de bataille. Entre créatures mutantes, pièges organiques et situations imprévisibles, la survie devient une question de réflexes. Très vite, on comprend que ChainStaff ne cherche pas à être accessible : il veut te tester, te pousser dans tes retranchements et voir si tu tiens le choc.
Une bande-son qui cogne comme un concert en salle obscure
Dès les premières secondes, la musique donne le ton. Signée Deon van Heerden, déjà connu pour Broforce, la bande-son enchaîne les riffs de guitare saturés et les rythmes lourds typiques du heavy metal. Chaque affrontement est accompagné d’une montée d’adrénaline sonore qui renforce la tension et l’intensité des combats.
Ce n’est pas juste un fond musical : c’est un moteur. Les séquences d’action deviennent presque chorégraphiées avec le rythme, donnant l’impression de jouer dans un clip metal interactif. Les effets sonores participent aussi à l’immersion, avec des impacts “crunchy”, des tirs qui éclatent dans la chair alien et des bruitages organiques dérangeants.
Seul bémol, certaines pistes reviennent un peu trop souvent, mais sur le moment, l’énergie est telle que ça passe sans trop de problème.
Un délire visuel entre comics mutant et pochette d’album metal
Visuellement, ChainStaff est une vraie anomalie. Le jeu adopte un style entièrement dessiné à la main, avec des inspirations qui oscillent entre Earthworm Jim et Shadow of the Beast. Chaque niveau est un festival de formes organiques, de couleurs saturées et de créatures totalement improbables.
Ce qui frappe, c’est la créativité constante. Aucun ennemi ne ressemble à un autre. Certains semblent inspirés du monde réel, mais complètement déformés par l’infection alien. D’autres sortent tout droit d’un cauchemar sous acide.
Les décors eux-mêmes racontent quelque chose : une planète en train de muter, de se tordre sous l’influence des Star Spores. C’est parfois dérangeant, souvent impressionnant, mais toujours captivant. On avance autant pour progresser que pour découvrir la prochaine bizarrerie visuelle.
Une animation qui déborde d’énergie… parfois trop
L’animation suit cette logique d’excès. Tout bouge, tout vit, tout explose. Les ennemis se déforment, réagissent aux impacts, et évoluent visuellement en fonction des dégâts subis. Les effets à l’écran sont nombreux, parfois même envahissants.
Cette richesse donne une vraie sensation de vie au monde, mais peut aussi nuire à la lisibilité. Dans les moments les plus chargés, il devient difficile de distinguer les menaces, les projectiles ou même son propre personnage.
Cela dit, cette confusion fait aussi partie de l’identité du jeu. ChainStaff n’est pas propre, ni lisible à 100 % : c’est un chaos assumé, un spectacle permanent qui mise sur l’intensité plutôt que sur la clarté.
Une prise en main inventive qui demande du sang-froid
Le cœur du gameplay repose sur le ChainStaff, une arme multifonction qui sert à tout : attaquer, se déplacer, se défendre, créer des plateformes. Cette mécanique est une vraie réussite. Elle offre une liberté incroyable dans les déplacements et permet des approches variées selon les situations.
Tu peux te balancer, t’accrocher, improviser des chemins, éviter des pièges ou attaquer de manière agressive. Sur le papier, c’est brillant. En pratique, cela demande une vraie maîtrise.
Certains choix viennent toutefois compliquer l’expérience. Le fait de devoir rester immobile pour viser précisément, ou certaines limitations dans les déplacements, peuvent casser le rythme. De plus, le système de charge, pourtant puissant, s’intègre parfois mal face à des ennemis ultra-rapides.
Résultat : une maniabilité riche et originale, mais qui demande du temps pour être pleinement apprivoisée.
Un défi constant qui récompense les plus persévérants
ChainStaff ne fait aucun cadeau. La difficulté est bien présente, et ce dès les premières minutes. Les ennemis arrivent en nombre, les pièges sont nombreux, et la moindre erreur peut coûter cher.
Mais derrière cette exigence se cache un système très satisfaisant. Chaque mort devient une leçon. Chaque progression donne un vrai sentiment d’accomplissement. Les boss, en particulier, représentent des pics de tension mémorables, demandant observation, adaptation et sang-froid.
Le jeu propose aussi des choix intéressants, notamment avec les soldats à sauver ou à “consommer”. Ce système ajoute une dimension stratégique et morale, tout en influençant directement la progression.
Enfin, la structure semi-exploratoire, avec ses embranchements et ses zones parfois bloquées, apporte une légère touche de Metroidvania, renforçant l’envie de revenir et d’explorer davantage.






