Toy Story a été testé sur Megadrive
C’est en 1995 que sortait une petite révolution au cinéma. Le tout premier long-métrage entièrement en animation 3D, réalisé par les studios Pixar sous l’égide de Disney. Il s’agit de Toy Story bien sûr. À cette même époque tous les métrages du studio aux grandes oreilles avaient droit à leurs adaptations vidéoludiques et c’est donc en toute logique sur la version megadrive que nous allons revenir à présent. Vers L’infini et au-delà…
CHAPEAU DE COWBOY CONTRE LASER DE SPACE RANGER
Le jour de l’anniversaire d’Andy, un petit garçon comme les autres, ses jouets sont sur le qui-vive. Quelle nouvelle arrivée va marquer cette journée ? Ce nouveau héros va-t-il remiser au placard ses anciens bonhommes et autres jeux de son enfance ? Woody, le préféré du garçonnet, lui n’est pas inquiet le moins du monde. Après tout, qu’est-ce qui pourrait être plus cool qu’un cowboy intrépide et courageux ?
Alors quand débarque telle une furie la nouvelle mascotte du moment, soit Buzz l’Éclair, le fier cavalier de plastique est totalement pris au dépourvu… et c’est ainsi que démarre une fantastique histoire de jouets…
Pour son adaptation sur la 16-Bits de Sega, Traveler’s Tales (qui s’occupera également de la version SNES) opte pour une aventure en 2D à base de plateforme, ce qui pourrait paraître assez classique. Mais dès les premières secondes de jeu on comprend qu’il n’en est rien. Et ce pour une raison qui saute aux yeux : les graphismes sont du jamais vu jusque-là.
Alors évidemment vu depuis nos jours, après des années de monde ouvert toujours plus hallucinant les uns que les autres, se dire que ce Toy Story fut une claque graphique incommensurable pour les jeunes bambins que nous étions à l‘époque doit désormais prêter à sourire. Mais pourtant on vous l’assure, nous étions bouche bée devant une telle révolution graphique qui nous laissa baba devant notre écran (à laquelle les captures d’écran de cet article ne rendent pas honneur…).
Nonobstant cela, il y a un jeu à parcourir derrière cette forme surprenante. Munies de 3 continues décomposés en 5 points de vie représentés sous forme d’une étoile de shérif, vous devrez, dans le rôle de Woody, parcourir 18 niveaux qui ont l’intelligence de varier les objectifs et les points de vue. Là encore une belle prouesse pour un ‘simple’ jeu tiré d’un film Disney.
HISTOIRE DE JOUER
Si le premier niveau va servir de terrain d’entraînement pour bien saisir les actions dont est capable le petit cowboy – sauter, se baisser, utilisation de son cordon pour neutraliser temporairement les méchants et même plus tard pouvoir se balancer de crochet en crochet – très vite les choses vont se corser.
Dès le deuxième niveau, il s’agira de ranger les jouets à leur place sous un temps imparti. Un objectif qui demandera de bien réussir toute une suite d’action dans un certain ordre pour ne laisser personne sur le carreau (et déclencher un ‘Game Over’). Le niveau d’après vous lancera dans une course (ingagnable) contre Buzz et c’est là qu’on se lance véritablement dans le cœur du jeu.
Réussir l’ensemble du parcours proposé sans se faire toucher plus de 5 fois par la myriade d’obstacles placés sur votre chemin demande dextérité et réflexe de félin. Pour aider, des checkpoints sont placés ici et là le long du niveau pour éviter de tout reprendre depuis le début après les inévitables échecs.
En petit bonus supplémentaire, vous pouvez également si le loisir vous en dit, récupérer l’ensemble des étoiles éparpillées dans le niveau. Une fois atteint la quantité de 200, cela déclenchera un niveau bonus sous forme de jeu de tir sur un écran magique (marque déposée) ou vous pourrez récupérer des continues supplémentaire en cas de succès (pas évident vu que la vitesse augmente drastiquement jusqu’à en voir le bout).
Pour en revenir à nos moutons, le jeu nous proposera donc une certaine diversité fort bienvenue tout le long de l’aventure. Par exemple des niveaux « à la Micro-Machine » où dans le rôle de Karting nous devrons réussir à dézinguer Buzz le long du chemin tout en récupérant des piles pour ne pas tomber à plat. Ou bien encore des courses-poursuites folles en scrolling imposé, poursuivi soit par nos camarades un brin revanchard ou bien un chien fou.
On pensera également à la séquence où notre bon Woody, le visage grillé par une loupe, deviendra incontrôlable et qu’il faudra pourtant guider jusqu’à un bol de céréales pour lui éviter de cramer… Et bien sûr au niveau à l’intérieur de la machine au Pizza Planet qui fera dire à certains commentateurs de l’époque que visuellement on était très proche de Clockwork Knight, pourtant un jeu Saturn – pour dire une fois de plus la prouesse visuelle de ce titre.
Les deux stages qui se démarquent pourtant sont ceux en trois dimensions. Et oui de la ‘véritable’ 3D. Balbutiante et usant de quelques artifices pour que cela fonctionne sur la machine de Sega mais pourtant belle et bien là.
Le premier sera à la vue à la première personne et il s’agira de retrouver une petite dizaine de martiens (les petits bonshommes verts à trois yeux) perdus dans les entrailles du gatcha afin de les ramener avant la fin du compte à rebours sous la coupole centrale au milieu de leurs compagnons. Le niveau n’est en fait pas très grand (mais très sombre), on capte assez rapidement la topographie complète des lieux qui se termine sans le moindre problème.
Pour l’autre niveau en 3D, il s’agit d’un stage exclusif à la Megadrive : la course folle avec Karting pour rattraper le camion lors du déménagement. Contrôles sommaires mais suffisants, la véritable difficulté se trouvera dans le fait de bien ramasser les cellules d’énergie tout le long de la route. En louper une sera problématique mais gérable, deux cela devient tendu, trois et c’est la batterie déchargée assurée. Mais en soit c’est une séquence de jeu très agréable.
Des boss interviendront à chaque fin de chapitre. Il pourra s’agir de Buzz lui-même (surtout au début) mais on y trouvera aussi le fameux Grappin ou bien les jouets ‘mutants’ de Sid. Après chaque boss vaincu, un mot de passe sera fourni pour pouvoir reprendre l’aventure à partir de ce point.
PILES VENDUES SÉPARÉMENT
Il existe des différences notables entre les versions SNES et Megadrive, avec des plus et des moins des deux côtés qui au final – surtout vu trente ans après – ne change pas grand-chose. Plus de détails par-ci, une plus grande rapidité du scrolling par là, un peu de ralentissements pour l’une, une palette de couleurs supérieure pour l’autre, une difficulté moindre sur telle version, de meilleurs écrans de présentation pour celle-ci ou un meilleur son pour celle-là etc etc…
Quoi qu’il en soit ces différences – que chacun appréciera depuis sa propre fenêtre – n’altèrent en rien la qualité des morceaux proposés pour la petite vingtaine de stages. Ce sont des musiques inspirées du long-métrage évidemment mais remaniées de manière fort habile – voire réinterprétées – pour mieux correspondre au besoin du jeu vidéo. Une très grande bande sonore que nous avons là.
Alors que le jeu nous propose une difficulté assez relevé sans être insurmontable, le cœur du problème va se situer une fois rendu dans la triste demeure de Sid. C’est bien simple, les niveaux chez le petit tortionnaire de jouets seront rien de moins qu’infernaux, plus encore que ceux qui suivront pour conclure l’aventure. Réussir à parvenir au bout sans se faire toucher plus de cinq fois va vous demander une abnégation et une maîtrise totale de soi, surtout lors du deuxième niveau qui vous en fera baver un maximum (un cauchemar). Et que dire de ces suites de sauts avec les crochets en mode gauche-droite pour atteindre les hauteurs… on en souffre encore rien que d’y repenser…









