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Critique Cinoche : Fear the Walking Dead (Saison 1) – La chute du monde vue depuis Los Angeles

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

Après des années passées aux côtés de Rick Grimes dans The Walking Dead, difficile d’imaginer qu’un spin-off puisse réussir à exister sans simplement copier la formule d’origine. Pourtant, Fear the Walking Dead tente autre chose dès ses premiers épisodes. Exit les routes désertes et les campagnes de Géorgie : ici, direction Los Angeles, ses embouteillages, ses quartiers résidentiels et surtout les toutes premières heures de l’épidémie. Une idée simple, mais extrêmement efficace sur le papier. Voir le monde tomber morceau par morceau avait quelque chose de fascinant, presque anxiogène. Et durant cette courte première saison de six épisodes, la série réussit souvent à capter cette sensation de fin imminente.

La grande force de cette saison, c’est justement cette montée progressive du chaos. On commence avec quelques cas isolés, des comportements étranges, des rumeurs floues, puis tout bascule lentement. Les rues passent d’une vie normale à une panique généralisée en seulement quelques épisodes. Là où la série mère montrait un monde déjà détruit, Fear the Walking Dead s’intéresse à la perte de ce monde. Et cette nuance change énormément l’ambiance générale. Il y a constamment ce sentiment de catastrophe imminente, cette impression que les personnages refusent encore d’accepter ce qui se déroule sous leurs yeux.

Une apocalypse plus humaine… mais aussi plus frustrante

Le choix de suivre une famille dysfonctionnelle fonctionne plutôt bien au départ. Entre Madison Clark, conseillère d’orientation prête à protéger les siens coûte que coûte, Travis Manawa, professeur idéaliste incapable d’accepter la réalité, et les adolescents perdus au milieu du chaos, la série construit une dynamique plus intime que celle de sa grande sœur. Le problème, c’est que cette approche entraîne aussi énormément de frustrations.

Beaucoup de personnages prennent des décisions absurdes. Mais contrairement à certaines critiques trop faciles, cela reste finalement assez crédible. En tant que spectateurs habitués aux zombies depuis des années, on sait immédiatement quoi faire. Eux non. Pour ces personnages, leurs voisins ne sont pas encore des morts-vivants : ce sont encore des proches malades, des gens qu’ils connaissent depuis toujours. La série joue volontairement sur ce déni collectif, et même si cela ralentit parfois le rythme, cela donne aussi une approche plus réaliste de l’effondrement.

Le personnage de Travis symbolise parfaitement cette faiblesse. Pendant une bonne partie de la saison, il refuse d’agir, hésite constamment et devient presque un poids pour le groupe. Pourtant, cette lenteur finit aussi par renforcer l’idée principale de la série : personne n’est prêt pour la fin du monde. À l’inverse, Nick Clark, incarné par Frank Dillane, apparaît rapidement comme le personnage le plus intéressant. Ancien toxicomane habitué au chaos, il semble paradoxalement plus adapté à cette nouvelle réalité que tous les autres. Son regard sur l’effondrement du monde apporte plusieurs moments très forts.

Daniel Salazar, la vraie révélation

S’il y a bien un personnage qui marque immédiatement cette première saison, c’est Daniel Salazar, interprété par Rubén Blades. Là où beaucoup hésitent encore, lui comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond. Plus froid, plus pragmatique et beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît, il apporte enfin une vraie tension au groupe. Chaque scène avec lui donne le sentiment qu’il cache un passé extrêmement sombre. Et contrairement à d’autres personnages parfois agaçants, Daniel paraît déjà prêt mentalement pour survivre.

La série introduit aussi progressivement Victor Strand, joué par Colman Domingo, probablement le personnage le plus mystérieux de cette première saison. Sophistiqué, manipulateur et toujours calme, il dégage immédiatement quelque chose de différent. Son arrivée dans les derniers épisodes ouvre clairement la porte à quelque chose de beaucoup plus ambitieux pour la suite.

Visuellement, la série fait également le travail. Même avec un budget inférieur à certaines saisons récentes de The Walking Dead, l’ambiance fonctionne très bien. Les rues désertées de Los Angeles, les interventions militaires, les tensions dans les quartiers mis en quarantaine… tout cela donne parfois un vrai côté film catastrophe. Certaines séquences respirent même davantage l’angoisse que la série principale. La musique participe énormément à cette identité plus urbaine et oppressante, avec plusieurs morceaux parfaitement utilisés durant les scènes clés.

Une première saison parfois trop sage

Le gros problème de cette saison vient surtout de sa deuxième moitié. Après un début très prometteur centré sur l’effondrement progressif de la société, la série ralentit brutalement avec l’arrivée massive de l’armée. Sur le papier, l’idée était excellente : montrer les autorités tenter de contrôler la situation avant l’échec total. Mais dans les faits, cette intrigue paraît souvent précipitée et mal exploitée.

La série introduit beaucoup de soldats sans jamais vraiment développer leur point de vue. Résultat : ils servent davantage de simples outils scénaristiques que de vrais personnages. Certaines décisions militaires semblent incohérentes, et plusieurs intrigues donnent l’impression d’être abandonnées en cours de route. C’est frustrant, car on sent constamment le potentiel derrière tout ça.

Et pourtant, malgré ses défauts, cette première saison reste étonnamment prenante. Même quand certains épisodes avancent lentement, il y a toujours cette curiosité de voir jusqu’où le monde va sombrer. La série pose des bases solides, développe une ambiance différente et réussit à exister sans simplement copier la formule de la série mère.

AVIS DE LA REDAC

Sans atteindre immédiatement le niveau émotionnel de The Walking Dead, cette première saison de Fear the Walking Dead réussit malgré tout quelque chose d’important : justifier son existence. En montrant les premières heures de l’apocalypse plutôt que ses conséquences, la série apporte une approche différente, plus lente, plus psychologique et parfois même plus crédible. Tout n’est pas parfait, loin de là, mais derrière ses maladresses se cache un vrai potentiel.

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • L’ambiance de fin du monde progressive extrêmement réussie
  • Nick et surtout Daniel Salazar volent souvent la vedette
  • Une approche plus réaliste des débuts de l’épidémie
  • L’atmosphère urbaine de Los Angeles fonctionne parfaitement
  • Une vraie identité différente de The Walking Dead
LES MOINS
  • Plusieurs personnages deviennent agaçants à force d’hésiter
  • L’arc militaire manque clairement de profondeur
  • Seulement six épisodes, donc certaines intrigues paraissent rushées
  • Quelques décisions scénaristiques frustrantes
78
%
CA PASSE BIEN

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