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Critique Cinoche : Mortal Kombat 2 – Le film qui tranche dans le vif

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Après un premier épisode sorti en 2021 n’ayant pas laissé un grand souvenir dans la mémoire collective débarque la suite ‘plus ou moins attendue’ de Mortal Kombat, toujours supervisée par Simon McQuoid (cherchez pas, ce sont là les premiers longs-métrages de ce réalisateur australien). Retour donc dans cet univers totalement gore et assumant sans complexe son côté série B des 90’s. On savait à quoi s’attendre et nous n’avons pas été déçus…

ROUND 2

Cette fois ça y est. Le tournoi tant attendu va débuter. Seul petit problème pour la fine équipe défendant le royaume Terre : il leur manque un combattant suite au décès prématuré de Kung Lao. Ni une ni deux, le dieu Raiden va chercher un certain Johnny Cage, acteur star des années 90 devenu figure oubliée vivotant de convention en convention. Peut-être trouvera-t-il dans cette compétition de combat à mort une nouvelle perspective de vie ?

Pendant ce temps-là, dans L’Outre-Monde, et plus exactement dans le royaume d’Edenia où le tyran Shao Kahn a installé son fief, Kitana s’apprête elle aussi à lutter pour le Mortal Kombat. Devenue par la force des choses la ‘fille adoptive’ du cruel despote, elle tente avec l’aide de son amie/garde du corps Jade de faire ce qu’elle peut pour préserver l’avenir de son peuple…

La première chose à dire avec cette suite, c’est que, bien que nous retrouvions le même univers et les mêmes personnages, l’emphase ne va pas du tout se caler sur les mêmes protagonistes. En effet, Cole Young (Lewis Tan) – pourtant héros du premier métrage – ne sera ici qu’un rôle de troisième plan tandis que les rôles principaux seront respectivement Kitana (sublime Adeline Rudolph) et ensuite Johnny Cage (le touche-à-tout Karl Urban).

Alors que le premier film semblait se détacher pas mal du matériel source, on sent que cette séquelle a été plus maîtrisée par le studio NetherRealm qui avait clairement son mot à dire sur la production. On s’éloigne moins du lore (même si cela reste très simplifié) et on se recentre sur l’essentiel : le tournoi. Plus de manigance du sorcier Shang Tsung ou de divagation sur une famille certes sympathique mais qui n’avait rien à voir avec les jeux – et par conséquent rien à faire dans un film Mortal Kombat.

L’ambiance et toute la partie réalisation demeurent quant à elles dans la lignée de ce qui avait été fait. C’est propre sans être fantabuleux, les gerbes de sang sont prospères et le scénario reste très Kon, avec pas mal de raccourcis stupides ou de révélations dignes d’une mauvaise comédie. Les musiques sont plutôt bonnes avec parfois en fond le thème principal de la saga connu de tous les fans.

Les FX pour leur part ne sont pas mauvais mais sont très inégaux. Sur certains fonds notamment. Mais dans l’ensemble c’est correct. Les décors là aussi donnent dans un spectre assez large. Le bois est magnifiquement mis en valeur mais, en contraste, la salle du trône fait vide et est très mal éclairée. Il faut prendre en compte les arènes de combat qui reprennent le design des stages de pixels d’autrefois, ce qui est un bon point. On sent quand même des moyens de production un peu cheap, mais cela contribue à l’atmosphère générale du métrage presque malgré lui.

Il faut noter l’excellence des choix de casting qui respectent les personnages de fort belle manière. Il n’y a aucun forçage idéologique ou de caractère imposé par un cahier des charges inclusif. Tout simplement une justesse et une intelligence dans les acteurs choisis, qui respectent les fans retrouvant là les combattants qu’ils apprécient et avec lesquels ils ont grandi.

Seul léger bémol à cela : Tati Gabrielle en Jade (oui, celle par qui la polémique ‘Intergalactic’ est arrivée) qui, de notre point de vue, ne colle pas vraiment à la protectrice de la princesse physiquement parlant. Mais elle tient bien le rôle cependant.

D’aucuns estiment également que Karl Urban campe un Mister Cage pas vraiment tip top et trop caricatural en ‘Looser Boomer’. Ce n’est pas notre sentiment, même si dans l’adaptation il est plus âgé que dans les jeux (où il est au sommet de sa gloire). Ce choix a été fait pour faire ressortir le côté ‘héros d’action’ des années 90, période à laquelle fut créé Mortal Kombat en puisant ses inspirations dans toute cette culture-là, à l’époque un brin marginale, pour ne pas dire moquée.

Nous, on adore son ton sarcastique et ses références permanentes à la pop-culture (quasiment à chaque réplique). Entre lui et Kano, c’est vraiment la foire à la saucisse des clins d’œil cultes au cinéma de ces quarante dernières années. Avec parfois même des références à des rôles tenus par Karl Urban lui-même par le passé – un peu à la Ryan Reynolds dans les Deadpool. Vraiment on kiffe ce genre de blague « méta ».

FIGHT !

Mais parlons maintenant de la raison pour laquelle on est là : les combats !

Plus nombreux mais plus courts que dans l’opus d’il y a cinq ans, ils ne font pas dans la surenchère d’effet de style. Ils sont abrupts, les coups volent dans tous les sens et les impacts font mal et ça se ressent. Toutefois tous n’ont pas le même degré de violence et quelques-uns relèvent plus de la comédie que de la véritable baston à mort (Baraka, on pense à toi !).

Les chorégraphies et les enchaînements offrent cependant un spectacle affriolant, à condition que les démembrements craquants et les tranchages à vif ne vous rebutent pas. Cet aspect gore reste à relativiser tant cela est fait avec une certaine forme d’ironie, voire de niaiserie presque enfantine. On n’est pas devant ‘Massacre à la tronçonneuse’ pour être clair. Ici le sang et le découpage de cervelle demeurent ‘acceptables’ et presque fun, même si évidemment cela ne convient pas du tout pour un jeune public.

Le véritable cœur en termes de confrontation reste sans conteste ce combat improbable entre Liu Kang et ‘Zombie’ Kung Lao. Dans un décor enchanteur – un temple avec un portail cosmique en fond, venu tout droit de Mortal Kombat II (le jeu) –, l’affrontement entre les deux grands guerriers propose un grand spectacle sans temps mort et aux enjeux personnels forts (mais un peu bêbête, faut bien l’avouer). Si tous les combats du film avaient bénéficié d’une telle mise en scène, d’une telle durée et d’une telle chorégraphie, on aurait été subjugué par la proposition.

En contrepartie de cela, nous avons les différents combats de Shao Kahn. Bourrin au possible, assénant des patates de forains en permanence, on est loin du style gracieux et aérien des deux guerriers terriens. Avec son marteau et sa capacité extraordinaire à encaisser les coups, c’est à un véritable tank que s’opposent ses adversaires. D’ailleurs il terrasse sans ménagement tous ceux qui osent se mettre sur son chemin, y compris des personnages de premier plan qui trépassent les uns après les autres ! On peut vous dire que pour certains d’entre eux, il va falloir une sacrée dose d’aspirine pour soigner leur mal de crâne…

Le roster du film se permet quelques largesses par rapport à la chronologie des jeux, mais en soi l’histoire est plutôt narrée dans le bon sens. Grosso modo nous sommes là entre le tout premier MK de 1992 et le MKII de 93, sachant que le scénario va reprendre des éléments des autres versions alternatives des événements décrits. Par exemple en ce qui concerne les Tarkatans ou le destin de Kitana.

On retrouve pêle-mêle et de manière non exhaustive Liu Kang, Jax, Sonya Blade, Johnny Cage, Cole Young (création pour les films), Raiden, Kano, Shang Tsung, Kitana, Jade, Sindel, Baraka, Scorpion et Sub-Zero/Noob Saibot. On aurait aimé pouvoir voir la triplette des femmes ninja (Kitana/Milleena/Jade) mais la métisse humaine/tarkatane fut réduite en bouillie dans le premier… Pareil, la présence de Kintaro aurait pu être cool, mais il aurait été une redite de Goro et un doublon inutile de Shao Kahn.

FINISH HIM !

Même si ce Mortal Kombat est plaisant dans son côté nanard qui s’assume pleinement sans honte, il y a malgré tout des éléments qui auraient mérité un meilleur traitement. À commencer par un premier acte vraiment précipité. Les scènes s’enchaînent sans temps morts et sans respiration et c’est au spectateur de digérer tout ce qui se déroule à l’écran de manière un peu rude.

En fait cette suite ne s’attarde pas à réexpliquer tout ce qui a été posé dans le premier , qui de fait servait d’immense exposition à l’univers MK. Les pouvoirs, le tournoi, le pourquoi du comment… si vous n’avez pas vu le film de 2021 vous allez en pâtir car ici c’est uniquement évoqué dans deux ou trois lignes de dialogues, pas plus.

On regrette aussi qu’une fois de plus Liu Kang n’ait pas la place qu’il mérite dans cette nouvelle mouture cinématographique. On sent bien que le personnage prend petit à petit de l’ampleur et qu’il finira par devenir le véritable héros qu’il doit être dans la conclusion que connaîtra cette franchise sur grand écran – dont il sera probablement le protagoniste principal – mais cela reste frustrant de voir qu’il n’est pour l’instant qu’un personnage secondaire de l’histoire où il est censé être la figure centrale.

Dans un traitement totalement inverse, Kitana gagne rapidement ses galons et étant l’une des protagonistes de premier plan voit sa conclusion largement mise en valeur (dans les jeux, cette version de l’histoire arrive bien plus tard, c’est Liu Kang qui remporte le ‘premier’ tournoi dans la ligne du temps originelle). Reste à voir ce qui sera fait de tout cela dans la – voire les – suite(s) qui seront très rapidement mises en chantier à n’en pas douter.

Car Mortal Kombat II, descendu par la critique, est largement plébiscité par le public partout dans le monde. Pour son premier week-end d’exploitation, il a déjà quasiment remboursé tous ses frais de production, ce qui est vous en conviendrez une très belle performance. Comme quoi quand on respecte le public sans se mettre à dos les fans tout en proposant véritablement une adaptation certes remaniée mais fidèle (y compris dans ses mauvais penchants un peu kitsch) ça fonctionne. Et les studios de prod’ commence visiblement à comprendre le truc… Hâte de voir la suite des événements…

AVIS DE LA REDAC

Alors oui, Mortal Kombat conserve son ton gore et un brin kitchouille hérité de ses inspirations très 90’s. Oui, aussi certains pans de scénario ou même certains rebondissements sont plus que ridicules ou caricaturaux. Et pourtant tout cela fonctionne car cela est justement le cœur de la licence, un hommage sans complexe aux films d’action de cette époque-là. C’est drôle, c’est fun, il y a de la baston, des jolies nanas, des mecs bad-ass et des fatalités bien craspecs. Tout ce qu’on demande dans une adaptation cinématographique de Mortal Kombat, n’en déplaise aux pisse-froid. Après un premier métrage qui frôlait le hors-piste, la formule semble avoir trouvé sa voie en revenant à l’essentiel sans fioritures. Le rythme reste toutefois un brin trop rapide, surtout au moment de l’exposition et de la présentation des enjeux, mais en dehors de cela, c’est du kiff total. Un divertissement bête et méchant – mais cool ! – comme on n'en fait plus !

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • On est bien dans Mortal Kombat
  • Fidélité visuelle, de lore et de personnage
  • Ca tranche sec, Baby !
LES MOINS
  • Un premier acte précipité
  • Pas un "Grand Film"
  • Pauvre Cole Young...
72
%
CA PASSE BIEN

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