Avatar : la série live est disponible sur Netflix. La Légende d’Aang est disponible sur Paramount+.Après avoir été très discrète durant des années, ne sortant que des comics de manière très confidentielle et un jeu de rôle très attendu, la licence « Avatar, le Dernier Maître de l’Air » revient ces derniers temps sur le devant de la scène avec, il faut bien le dire, un certain entrain. Et plus particulièrement en cette année 2026 avec la saison 2 de l’adaptation live de l’animé pour la plateforme de streaming Netflix et l’arrivée en grande pompe du premier long-métrage d’animation.Nous avons pu voir ses deux propositions et c’est l’occasion pour nous de vous partager ce que nous avons pensé du retour d’une des plus grandes séries d’animation jeunesse américaine de ces dernières décennies.
AVATAR, LE DERNIER MAÎTRE DE L’AIR Saison 2
Alors que le Royaume du Feu étend son emprise sur le Royaume de la Terre, Aang et ses amis escortent des rescapés vers la capitale fortifiée de Ba Sing Se. De son côté, le prince déchu Zuko et son oncle, désormais considérés comme des traîtres à leur nation, tentent de se faire discrets parmi les petites gens de la paysannerie.
Mais l’Empereur Ozai perd patience de toutes ses simagrées et envoie sa fille, la terrible Azula, traquer son frère, l’Avatar, et pourquoi pas en sus mettre un terme à la guerre. Devant tous ces dangers, qui pourrait bien apporter son aide pour que l’Avatar puisse passer la nouvelle étape de son initiation : la maîtrise de la Terre…
Il faut bien le reconnaître, à l’annonce d’une série Netflix avec des acteurs en chair et en os adaptant le mythique dessin animé Avatar, nous étions plus que sceptiques. Surtout que nous avions déjà été plus qu’échaudés par la tentative plus que loupée de Shyamalan sur grand écran… Mais au visionnage de la première saison, nos craintes furent en partie estompées.
Tout n’était pas parfait, loin de là, mais nous étions loin de la catastrophe annoncée. Avec l’arrivée de cette deuxième saison, c’était l’occasion de confirmer les bonnes sensations qu’avait laissées la première, ou bien au contraire de complètement se planter…
Et bien force est de constater que ces sept nouveaux épisodes ont su tirer parti de l’expérience acquise pour nous offrir une adaptation certes très raccourcie par rapport au matériel source, mais en sachant garder l’essence du propos et même en développant certains aspects que le dessin animé laissait de côté (l’inverse est aussi vrai…). On ne fera qu’évoquer rapidement au passage l’abandon total du wokisme, qui était un chouïa présent dans la saison un (c’était léger).
D’aucuns arguent que certaines parties sont bien trop modifiées – oui, la Bibliothèque Sacrée ne se trouve plus au milieu d’un désert et oui, l’enlèvement d’Appa est agencé différemment, sans oublier la mort d’un personnage très apprécié complètement différente –, mais ce serait oublier qu’il s’agit ici d’une série TV et non pas d’un dessin animé. Les contraintes et les obligations budgétaires ne sont pas les mêmes et par conséquent il faut faire des choix et des compromis. Et l’un dans l’autre, ces faits ici sont plutôt pertinents et ne gâchent rien au récit initial.
En ce qui concerne les effets spéciaux – notamment sur les animaux, principale source demandeuse –, ils sont de qualité assez moyenne pour être franc. Toutefois cela reste dans la moyenne acceptable pour une telle production. Certains fonds verts sont trop prononcés par exemple. En revanche le ‘Serpent-Dragon-Anguille’, visible dès le premier épisode, nous a bluffés par sa qualité à la fois visuelle et d’animation.
Les pouvoirs des différents maîtres sont quant à eux parfaitement… bah maîtrisés justement. Si l’air, l’eau et le feu (particulièrement réussis) étaient déjà bien présents en saison 1, le focus ici est bien entendu mis sur la terre, au centre de ce ‘Livre II’.
Et c’est ici qu’on passe tout naturellement au personnage introduit qui était très attendu par les fans : Toph Beifong, dite « La Fripouille aveugle ». Rendre ‘crédible’ un tel personnage n’était franchement pas si évident et la série Live y parvient avec les honneurs (et quelques concessions). La jeune actrice qui l’incarne, Miya Cech, est parfaitement castée et apporte à la fois cette rudesse, cette assurance de soi et cette forme de fragilité émotionnelle inhérente à la « plus grande maîtresse de la terre du monde » auto-proclamée.
Pour le reste de la distribution, on retrouve les mêmes que précédemment avec cependant un ‘léger’ changement : Gordon Cormier, qui incarne Aang, a beaucoup grandi entre les deux sessions de tournage. Et cela ne passe pas inaperçu, loin de là. Le sujet est habilement traité dans le show lui-même au détour de quelques remarques sarcastiques de ses camarades.
La distribution principale a une moyenne d’âge assez jeune et leur jeu sera en conséquence, surtout sur les moments dramatiques parfois un peu hésitants. On mettra toutefois en exergue le parcours narratif de l’oncle Hiro, toujours aussi poignant et magnifiquement incarné par un Paul Sun-Hyung Lee habité par le rôle.
La saison 3, qui sera la dernière, a déjà été tournée (en fait la production a directement suivi celle de la saison 2) et devrait sortir courant 2027. On a hâte…
AVATAR, LA LÉGENDE D’AANG
Avant d’évoquer le sujet, revenons sur les petits désagréments qu’a connus la sortie de ce film. Annoncé depuis plusieurs années, ce dessin animé devait initialement sortir au cinéma – après plusieurs reports de production – en octobre 2026. Mais voilà, au début de cette même année, l’entièreté du long-métrage d’animation a fuité sur le net.
Catastrophe.
Pour une première production d’un tout jeune studio – Avatar Studio, dédié uniquement à développer l’univers de la franchise, sous la houlette du puissant Nickelodeon –, ça la fout mal. Le budget du film, assez conséquent pour un projet du genre, est déjà assuré de ne pas être rentable. Aïe, aïe, aïe…
Des décisions drastiques sont prises pour limiter la casse : plus de sortie cinéma, et on avance la date. Résultat : « La Légende d’Aang – Le dernier maître de l’air » sort le 25 juillet 2026 sur Paramount+, en streaming.
Une fois posé ce contexte, revenons à nos moutons. Que vaut cette suite à la série animée (et au comics qui sont complètement canons) qui voit notre ‘Team Avatar’ devenue jeune adulte et aux manettes de « Republic City » ? Car c’est là, dans la première ville réunissant toutes les nations du monde, que se jouera principalement l’enjeu de l’aventure (ce sera également le principal théâtre de Korra, la future réincarnation de l’Avatar, qui a eu droit à sa propre série d’animation par ailleurs).
L’intrigue commence par un constat amer pour Aang. Car s’il est prétendument admis que tous les peuples sont présents dans cette utopique cité, dans les faits il y en a un qui manque : celui de l’air. C’est donc sur cette note assez triste que commence le récit, juste avant que des voleurs ne s’en prennent à l’un des vestiges situés au cœur des ruines de l’ancien temple où l’Avatar a passé sa jeunesse.
En enquêtant sur ce méfait, notre héros et ses amis vont tomber sur une découverte impromptue : un autre maître de l’air lui aussi en stase depuis des temps immémoriaux. Le libérant de son entrave, Aang rencontre donc avec son enthousiasme naturel un nouveau compagnon de route possédant charisme et expérience. Mais quelles sont les réelles intentions de Tagah ? Et pourquoi était-il lui-même enfermé dans une prison de glace ? …
Comme attendu, nous retrouvons donc nos héros plus âgés, devenus adultes et en charge des grandes avancées du monde. Zuko est désormais à la tête du Royaume du feu, Aang et Katara sont des figures importantes de Republic City (sans parler du statut d’Avatar du bonhomme…), Sokka est revenu à sa tribu de l’eau où il tient désormais le rôle de stratège en chef (et inventeur un peu dingue…) tandis que Toph, continue d’enseigner dans son école de maîtrise de la terre (les comics racontent en longueur la fondation de son établissement).
Malgré la présence de tout le monde et le fait que chaque membre du groupe possède une ou deux scènes les mettant en valeur, on pointera quand même que certains d’entre eux sont clairement en retrait –– Toph et Zuko pour ne pas les nommer. Mais en soi ce n’est pas très grave car on connaît déjà leur destin venir (visible dans ‘Korra’ justement).
Parlons graphismes maintenant. Avec ce long-métrage d’animation,, on est bien loin du ‘petit’ dessin animé diffusé il y a 20 ans et qui déjà était réussi. Cette fois, on a mis les petits plats dans les grands. Aussi bien dans les cadres que dans le style visuel, on sent une inspiration plus qu’évidente venue de l’animation asiatique (sans blague). On retrouve bien sûr nos personnages mais avec un design un peu plus élaboré, plus précis… plus mature dans les traits.
Les décors restent eux aussi dans la veine de l’univers avec là encore de plus gros moyens pour construire les arrière-plans. En clair, la production n’a pas lésiné sur les sous pour faire de ce film une réussite visuelle. On n’est pas encore sur du Disney de la grande époque, mais franchement ça fait le café comme on dit.
Le rythme, lui, n’est rien de moins que trépidant. Parfois même un peu trop. Les péripéties s’enchaînent à fond la caisse sans aucun temps mort. Certaines séquences se ‘posent’ tout de même un peu plus ici et là et se permettent parfois d’élargir un peu l’univers en apportant quelques réponses à de vieux mystères…
Dans l’ensemble, ce premier film n’est pas vraiment mémorable au sens large du terme mais demeure un bon début pour les futurs projets du studio. La suite des événements pour eux sera la prochaine série d’animation qui reviendra sur l’Avatar à suivre après Korra. Elle nous présentera un maître de la terre du nom de Pavi et sa sœur jumelle dans un monde au bord du cataclysme. Elle est attendue pour courant 2027.

