Connu dans la scène Mega Drive notamment pour son impressionnant portage non officiel de Final Fight, le développeur indépendant Mauro Xavier a décidé de revenir longuement sur un sujet qui avait suscité des réactions autour de ses projets : son utilisation de l’IA générative. Sur Patreon, le créateur reconnaît avoir expérimenté cette technologie dans plusieurs domaines, notamment pour Bullet Rhythm, tout en expliquant avoir progressivement revu sa manière de l’utiliser.
Sur un point, Xavier se montre catégorique : il n’utilise pas l’IA pour écrire le code de ses jeux. Programmer fait selon lui partie intégrante du plaisir de créer, jusque dans les difficultés rencontrées et les solutions trouvées. Il reconnaît consulter ponctuellement des outils gratuits pour obtenir des informations sur certaines méthodes d’optimisation, comme il aurait autrefois cherché une réponse dans un livre, mais affirme ne pas leur transmettre son propre code. Il se montre également prudent face au « vibe coding », estimant qu’une personne dépourvue de connaissances en programmation risque de se retrouver avec un projet devenu impossible à maîtriser.
Son rapport à l’IA a été plus expérimental dans les autres domaines. Pour la musique, il explique avoir testé la génération de morceaux à partir de paroles qu’il avait lui-même écrites, notamment pour quelques essais audio autour de Final Fight sur Mega Drive, avant de laisser cette piste de côté. Même constat pour les graphismes : certains croquis personnels ont servi de point de départ à des expérimentations, mais les résultats nécessitaient selon lui tellement de corrections, notamment pour adapter la résolution et les couleurs aux contraintes des anciennes machines, qu’il devait pratiquement reconstruire l’image lui-même.
Xavier confirme également avoir utilisé l’IA pour créer les portraits de personnages de Driftin’ Rage, avant de les retravailler pour obtenir le résultat final. Aujourd’hui, il explique préférer progresser directement en pixel art, quitte à étudier les sprites d’autres jeux pour comprendre leur construction, leurs lignes ou leurs animations. L’IA a aussi été employée pour certaines voix, notamment afin de contourner ses difficultés de prononciation en anglais, mais le développeur envisage d’en réenregistrer certaines avec sa propre voix. Pour les effets sonores, il affirme en revanche ne jamais avoir eu recours à cette technologie.
Plus qu’un rejet total de l’IA, son message traduit donc surtout une volonté de poser des limites. Mauro Xavier ne souhaite pas condamner les créateurs qui font d’autres choix, mais considère désormais l’intelligence artificielle principalement comme un outil d’apprentissage, de recherche ou d’assistance. Pour lui, automatiser l’ensemble du processus ferait disparaître une partie essentielle du développement : apprendre, relever des défis et éprouver la satisfaction d’avoir construit quelque chose soi-même. Une réflexion particulièrement actuelle dans une scène indépendante et rétro où le travail artisanal, parfois jusqu’au dernier pixel, reste justement une partie importante de l’identité des projets.
Source : Time Extension

