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Le réalisateur de Segagaga mise tout sur l’IA générative

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

Il y a des développeurs qui préfèrent avancer discrètement sur leur prochain projet. Et puis il y a Tetsu Okano. Le réalisateur de Segagaga, l’étonnant jeu de rôle et de simulation sorti sur Dreamcast, revient avec un nouveau projet qui risque de faire parler de lui : HIJURA SCARLET GEAR, un jeu de tir et d’action prévu sur Steam. Sa particularité ? Son créateur assume totalement l’utilisation massive de l’IA générative.

Le projet est développé par HUGA Inc., le studio d’Okano, également connu sous le nom de Zorge Ichizo. Contrairement à certains développeurs qui préfèrent rester très discrets sur leur utilisation de ces technologies, Okano adopte ici une stratégie radicalement différente. La fiche Steam de HIJURA SCARLET GEAR précise ouvertement que le studio utilise activement l’IA générative, notamment pour l’assistance au développement du code et la génération d’images.

Et le développeur ne cherche visiblement pas à faire dans la demi-mesure. Il présente même son jeu comme un titre « AI-Toxic », assumant pleinement la confrontation entre la vision créative d’un développeur expérimenté et une technologie qui divise profondément l’industrie du jeu vidéo. Okano explique avoir voulu pousser l’IA aussi loin que possible afin de découvrir ce qu’il se passe lorsqu’un créateur ayant 35 ans d’expérience décide de travailler avec cette technologie sans véritablement chercher à en limiter l’utilisation.

Une démarche qui tranche donc avec la communication habituelle autour de l’IA générative dans le jeu vidéo. Le sujet reste extrêmement sensible, notamment concernant la place des artistes et des créateurs, les données utilisées pour entraîner les modèles et la question des droits. HUGA Inc. indique de son côté mener ses activités conformément aux réglementations actuelles et aux règles des plateformes, tout en précisant qu’il ne souhaite pas participer aux débats portant sur les différentes interprétations juridiques du sujet.

Sur le plan artistique, les premières images de HIJURA SCARLET GEAR donnent effectivement une impression particulièrement débridée. Okano revendique lui-même un résultat chaotique, démesuré et complètement déjanté, affirmant que cette approche correspond finalement assez bien à son univers créatif. Il reste maintenant à voir si cette utilisation assumée de l’IA constitue réellement une nouvelle manière de concevoir un jeu ou surtout un moyen particulièrement efficace de provoquer la discussion autour du projet.

Car c’est précisément là que se situe le pari d’Okano. En affichant aussi clairement son utilisation de l’IA, le créateur de Segagaga sait probablement qu’il s’expose à une partie du public qui pourrait rejeter son nouveau jeu avant même d’y avoir joué. Une prise de risque assez étonnante pour un développeur qui aurait pourtant pu capitaliser sur la curiosité suscitée par son passé sur Dreamcast.

HIJURA SCARLET GEAR devient ainsi un projet particulièrement intéressant à suivre, non seulement pour son gameplay, mais aussi pour ce qu’il représente dans une industrie qui cherche encore ses marques face à l’IA générative. Entre expérimentation technologique, provocation assumée et véritable démarche créative, Tetsu Okano a choisi son camp. Reste maintenant à savoir si son pari donnera naissance à quelque chose de réellement intéressant… ou si l’IA aura simplement réussi à mettre le feu aux poudres avant même le lancement.

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