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Critique Cinoche : X-Files (Saison 2) – Le paranormal passe à la vitesse supérieure

Après avoir déjà consacré notre critique de la saison 1, il était logique de poursuivre l’enquête avec cette deuxième salve de The X-Files. Et autant le dire tout de suite : la série de Chris Carter change de dimension. Plus ambitieuse, plus mystérieuse et nettement plus sûre d’elle, cette deuxième saison commence à poser les fondations de ce qui fera véritablement entrer la série dans la légende.

Mais tout n’est pas parfait. Loin de là. Entre une Scully régulièrement transformée en demoiselle en détresse, quelques épisodes franchement dispensables et une mythologie qui commence parfois à jouer au Rubik’s Cube avec notre cerveau, la saison 2 tâtonne encore. Heureusement, quand Mulder et Scully sont lancés sur une bonne piste, difficile de décrocher.

Le duo revient… mais pas comme prévu

La première surprise arrive dès le début. Les X-Files sont fermés, Mulder est relégué à la surveillance et Scully retourne enseigner à l’académie du FBI. Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes. Enfin… façon FBI des années 90, évidemment.

Cette situation aurait pu devenir un énorme problème pour la série. Elle devient finalement l’un de ses meilleurs moteurs. La grossesse de Gillian Anderson oblige la production à limiter les apparitions physiques de Scully durant une bonne partie du début de saison. Et franchement, le camouflage est impressionnant. Gros plans, cadrages derrière des meubles, plans coupés… La mise en scène joue au cache-cache avec le ventre de l’actrice.

Mais surtout, la série ose enlever temporairement son duo principal. Mulder doit avancer seul, et cela permet de développer davantage son obsession pour les extraterrestres et la conspiration gouvernementale. Puis Scully est enlevée à son tour. Là, le jeu change complètement.

Son retour dans « Une bouffée d’air » constitue l’un des grands moments de la saison. Scully a vécu quelque chose d’inexplicable, mais reste pourtant fidèle à son scepticisme. Il faut quand même reconnaître une sacrée résistance psychologique : être enlevée par des extraterrestres et continuer ensuite à regarder Mulder comme s’il racontait encore n’importe quoi, c’est du grand art.

La conspiration sort enfin du brouillard

C’est probablement ici que The X-Files saison 2 fait son plus grand bond en avant. La première saison jouait beaucoup avec le mystère. La seconde commence à montrer les cartes.

L’arrivée de X, interprété par Steven Williams, est particulièrement réussie. Il devient le nouvel informateur de Mulder et apporte une personnalité très différente de celle de Gorge Profonde. Plus froid, plus ambigu et nettement moins désintéressé, X donne immédiatement l’impression qu’il pourrait retourner sa veste à n’importe quel moment.

Et puis il y a Alex Krycek. Présenté comme un nouveau partenaire pour Mulder, il inspire immédiatement la méfiance. À juste titre. Dans une série où presque tout le monde semble cacher quelque chose, avoir confiance en un collègue est probablement la décision la plus dangereuse possible.

La mythologie prend également une ampleur considérable avec « Colonie », « Fin de jeu » et surtout « Anasazi ». Les extraterrestres ne sont plus simplement une rumeur. Ils ont leurs propres objectifs, leurs propres conflits et surtout un lien beaucoup plus direct avec Mulder. La conspiration devient internationale et commence à prendre une dimension presque gigantesque.

Et là, on se dit : OK, Chris Carter, tu avais prévu tout ça depuis le début ou tu improvises avec trois feuilles, un café froid et un tableau rempli de flèches ?

Des monstres, du gore et quelques pépites

Heureusement, The X-Files ne repose pas uniquement sur sa mythologie. La deuxième saison continue de proposer son fameux principe du monstre de la semaine. Et quand cela fonctionne, ça fonctionne très fort.

« L’hôte » reste une excellente démonstration du savoir-faire de la série en matière de créatures répugnantes. « Ossements frais » apporte une ambiance inquiétante et exploite intelligemment le surnaturel. « Notre ville » plonge dans une horreur beaucoup plus dérangeante, tandis que « Le musée des horreurs » ose quelque chose de franchement différent.

Et puis il y a « Humour mortel », qui montre que la série peut se permettre de rigoler sans perdre son identité. C’est une évolution importante. Jusqu’ici, The X-Files semblait parfois prisonnière de son atmosphère ultra-sérieuse. La saison 2 comprend qu’un peu de second degré peut faire des merveilles.

Tout n’est évidemment pas au même niveau. Certains épisodes comme « Symétrie parfaite », « Excelsis Dei » ou « 3 » sont beaucoup moins convaincants. La saison peut donc donner l’impression de passer d’un épisode génial à un épisode qui aurait été écrit à 3h du matin par quelqu’un qui avait oublié pourquoi Mulder était entré dans la pièce.

Scully prend cher, très cher

C’est probablement le principal reproche que l’on peut adresser à cette saison. Scully est trop souvent utilisée comme victime.

Elle est kidnappée, retenue prisonnière, menacée, manipulée… et cela arrive parfois au moment où l’histoire a besoin d’un levier pour faire avancer Mulder. Son enlèvement dans « Ascension » fonctionne parfaitement dans le récit. Celui de « Fin de jeu » également.

Le problème vient de l’accumulation.

Scully est pourtant l’un des personnages les plus intéressants de la série. Son scepticisme permet de contrebalancer Mulder. Elle apporte une approche scientifique et rationnelle à des situations complètement absurdes. La réduire trop souvent à la personne qu’il faut sauver limite donc son potentiel.

Heureusement, la série commence déjà à corriger le tir. Gillian Anderson bénéficie progressivement de davantage de matière dramatique et la relation entre Mulder et Scully devient beaucoup plus riche. On sent surtout que les scénaristes comprennent qu’ils tiennent deux personnages capables de porter la série pendant encore très longtemps.

Une réalisation qui gagne en maîtrise

Visuellement, cette deuxième saison fait également un bond en avant. Les décors sont plus travaillés, l’ambiance est plus lourde et les effets spéciaux deviennent plus ambitieux.

Certains ont évidemment vieilli. Les effets numériques de « Lumière douce » sont aujourd’hui assez rudimentaires et les maquillages de vieillissement de « Le navire fantôme » accusent également leur âge. Mais les effets pratiques restent souvent excellents.

La série sait surtout créer une ambiance. Les éclairages sombres, les forêts, les couloirs, les bâtiments abandonnés et les décors inquiétants donnent à chaque enquête une identité propre. « Le Calusari » est un excellent exemple de cette approche, avec une atmosphère qui rappelle clairement les grandes heures du cinéma horrifique.

La mise en scène de Rob Bowman commence également à devenir une composante essentielle de l’identité visuelle de la série. Les plans larges, les mouvements de caméra et cette manière de laisser les personnages évoluer dans des espaces inquiétants donnent à The X-Files une vraie personnalité.

Mulder devient presque un héros de science-fiction

C’est là que la saison commence toutefois à prendre un chemin légèrement dangereux.

Mulder n’est plus seulement un agent du FBI obsédé par les phénomènes paranormaux. La mythologie commence à suggérer qu’il pourrait être un personnage central dans cette immense conspiration.

Son histoire familiale prend de l’importance. Samantha revient au cœur du récit. Son père devient une pièce majeure du puzzle. Les extraterrestres semblent connaître Mulder. Les différents protagonistes du complot s’intéressent à lui.

Et c’est passionnant… mais il faut faire attention.

Le meilleur The X-Files reste celui dans lequel Mulder et Scully sont deux enquêteurs confrontés à quelque chose qu’ils ne comprennent pas. Les transformer progressivement en héros prédestinés pourrait faire perdre une partie du charme mystérieux de la série.

Pour l’instant, toutefois, la sauce prend. Et lorsqu’on arrive à « Anasazi », la saison nous laisse avec suffisamment de questions pour avoir envie de remettre immédiatement la cassette dans le magnétoscope. Oui, magnétoscope. Nous sommes en 1995, les amis.

Une saison qui prépare le meilleur

Au final, The X-Files saison 2 est une saison de transition. Elle n’est pas toujours régulière, mais elle est essentielle.

Elle introduit ou développe plusieurs personnages devenus incontournables : X, Krycek, Skinner et les Bandits solitaires prennent progressivement une place importante dans l’univers. L’Homme à la cigarette gagne également en importance et devient l’une des figures les plus fascinantes de la série.

Surtout, la saison comprend comment fonctionner. Elle expérimente. Elle tente l’humour. Elle élargit la mythologie. Elle prend davantage de risques avec ses personnages. Elle peut parfois se planter, mais elle apprend de ses erreurs.

Et c’est probablement ce qui rend cette deuxième saison aussi intéressante à revoir aujourd’hui. On assiste littéralement à la naissance du grand The X-Files. Celui qui deviendra plus ambitieux, plus complexe et parfois complètement dingue.

DCX [Directeur de Publication]
Que la Méga Force soit avec vous !!!

CONCLUSION DU SCHMURZ

Cette deuxième saison ne représente peut-être pas encore la perfection absolue de The X-Files, mais elle constitue un formidable tremplin vers la suite. La série prend confiance, élargit son univers et commence à construire cette mythologie qui deviendra son moteur principal. Il y a quelques trous d'air, des épisodes plus faibles et une Scully parfois beaucoup trop malmenée. Mais lorsqu'elle frappe juste, la série est redoutablement efficace. « Colonie », « Fin de jeu », « Une bouffée d’air », « Humour mortel » et « Anasazi » montrent surtout une chose : les affaires non classées ne sont plus une curiosité du vendredi soir. Elles sont devenues un phénomène. Et si la saison 1 nous avait ouvert la porte, la saison 2 vient clairement de nous pousser dedans. Maintenant, impossible de faire demi-tour.
93
%
MEGAHIT DE LA REDAC
LES PLUS
  • La mythologie prend une ampleur impressionnante.
  • Mulder et Scully gagnent en profondeur.
  • Excellents épisodes comme « L’hôte », « Humour mortel », « Colonie », « Fin de jeu » et « Anasazi ».
  • Introduction de X et développement de Krycek et Skinner.
  • Une réalisation et une ambiance nettement plus maîtrisées.
  • Des effets pratiques toujours aussi efficaces.
  • La série ose davantage varier les tons.
LES MOINS
  • Plusieurs épisodes nettement moins inspirés.
  • Scully est trop souvent réduite au rôle de victime.
  • Certains effets spéciaux numériques ont mal vieilli.
  • La mythologie commence parfois à devenir très compliquée.
  • La transformation de Mulder en « élu » mérite d'être surveillée.

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