Le jeu Duskfade a été fait sur PS5. Merci au distributeur
Il y a des jeux indépendants qui débarquent discrètement et qui, après quelques minutes, vous obligent à relever la tête. Duskfade fait partie de ceux-là. Son univers coloré, ses personnages attachants et son ambiance de conte fantastique donnent rapidement envie d’aller voir ce qui se cache derrière le prochain décor. Et forcément, difficile de ne pas entendre parler de Kingdom Hearts lorsqu’on découvre le jeu. L’épée de Zirian possède quelques airs de famille avec une certaine arme en forme de clé, tandis que l’esthétique générale évoque parfois les productions de Square Enix.
La comparaison est flatteuse. Elle est aussi dangereuse. Car lorsqu’on prononce le nom de Kingdom Hearts, les attentes grimpent immédiatement de plusieurs étages. Heureusement, Duskfade n’a pas besoin de jouer les copies conformes pour séduire. Il possède son propre univers, une histoire étonnamment touchante et une vraie envie de proposer un jeu de plateformes 3D généreux et accessible.
Quand l’horloge arrête le temps
L’aventure commence avec Zirian, un jeune garçon qui mène une existence tranquille avec sa sœur et son grand-père dans un monde peuplé de curieux personnages à l’apparence nuageuse. Jusqu’au jour où sa sœur se retrouve obsédée par la réparation d’un mystérieux mécanisme que seul un maître horloger semble capable de comprendre.
Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.
Une catastrophe transforme alors la tour de l’horloge en source d’une nuit éternelle. Zirian doit partir à travers différents mondes afin de sauver sa sœur et de briser les chaînes qui maintiennent la tour sous contrôle.
Le scénario constitue l’une des belles surprises du jeu. Derrière son apparence de sympathique aventure fantastique se cache une histoire sensible et émotionnelle, qui aborde des thèmes assez humains. Les relations entre Zirian, Allira, leur grand-père et les différents antagonistes donnent progressivement davantage de poids à l’aventure.
Certaines scènes réussissent même à toucher juste. Et ce n’est pas forcément ce que l’on attendait d’un petit jeu de plateformes en lançant la partie.
Trois dimensions, beaucoup de choses à faire
Sur le terrain, Duskfade adopte une formule assez classique : exploration, plateformes, combats et recherche d’objets cachés. Chaque grande partie de l’aventure se compose généralement de plusieurs zones qu’il faudra parcourir avant d’atteindre la source d’une chaîne.
La progression permet progressivement d’obtenir de nouvelles capacités. Tyroliennes, ailes de planeur et autres compétences de déplacement viennent ainsi enrichir les possibilités d’exploration.
Ces pouvoirs ne servent pas uniquement à atteindre la prochaine zone. Ils permettent également de revenir dans certains endroits déjà visités afin de récupérer des éléments jusque-là inaccessibles.
Et il y a de quoi chercher. Poussière scintillante, pièces et fioles de différentes couleurs sont cachées un peu partout. Les pièces servent notamment à débloquer de nouvelles capacités de combat, tandis que les teintures permettent de personnaliser l’apparence de Zirian.
La durée de vie tourne autour de 11 heures pour une première aventure, mais les joueurs qui souhaitent tout récupérer pourront facilement doubler cette durée. Une bonne nouvelle pour les amateurs de complétion, ceux qui considèrent qu’un jeu terminé à 97 % est en réalité encore à peine commencé.
Des combats qui ont du répondant
Le système de combat reste simple à prendre en main, mais il gagne progressivement en intérêt grâce aux nouvelles armes, aux combos et aux compétences spéciales.
Les affrontements peuvent opposer quelques ennemis ou plusieurs vagues successives. Il faut alors alterner attaques, déplacements et esquives pour éviter de se retrouver encerclé.
L’une des mécaniques les plus intéressantes concerne justement l’esquive parfaite. En réussissant son timing, le temps ralentit momentanément et permet de profiter d’une ouverture pour infliger davantage de dégâts.
Sur le papier, le système fonctionne très bien. Et dans les affrontements contre les boss, il montre véritablement son potentiel. Les combats sont plus travaillés, plus lisibles et offrent de vrais moments de tension.
Il existe toutefois un petit problème avec les esquives lors des affrontements classiques. Leur timing peut parfois sembler un peu flottant, comme si Zirian glissait légèrement au lieu de répondre immédiatement à la commande. Après quelques heures, on finit par s’y habituer, et le jeu reste suffisamment permissif pour ne pas transformer chaque combat en séance de torture.
Mais les premières heures peuvent demander un petit temps d’adaptation.
Des boss qui sortent du lot
C’est probablement l’un des domaines dans lesquels Duskfade impressionne le plus. Les développeurs ont accordé un véritable soin aux combats contre les boss, aussi bien dans leur conception que dans leur apparence.
Despair, rencontrée relativement tôt, constitue un excellent exemple. Son design repose notamment sur l’immense entrave qui entoure son cou et les mains qui la retiennent constamment. C’est simple, lisible et visuellement très efficace.
Ces boss ne sont donc pas uniquement de gros sacs à points de vie placés à la fin d’un niveau. Leur apparence raconte quelque chose et participe à l’atmosphère générale du jeu.
Les affrontements profitent également de cette recherche visuelle. Ils constituent régulièrement les moments les plus spectaculaires de l’aventure.
Un monde qui mérite le détour
La direction artistique est clairement l’une des grandes forces du titre. Duskfade est beau. Pas seulement dans ses scènes les plus travaillées, mais dans l’ensemble de ses environnements.
Les paysages passent des collines aux zones désertiques, avant de nous emmener vers des endroits beaucoup plus étranges, suspendus entre espace et temps. Les différents mondes possèdent suffisamment de personnalité pour donner envie de poursuivre l’exploration.
C’est également ici que les fameuses comparaisons avec Kingdom Hearts deviennent compréhensibles. L’épée de Zirian rappelle forcément la célèbre arme de Sora et certains ennemis peuvent évoquer les créatures de la série de Square Enix.
Mais Duskfade possède sa propre identité. Il ne faut donc pas y voir un Kingdom Hearts indépendant au rabais. Son univers possède suffisamment de bonnes idées pour exister par lui-même.
Les cinématiques et les doublages participent également à cette atmosphère. Tout n’est cependant pas parfait. Certaines scènes manquent de naturel et les dialogues peuvent parfois sembler un peu rigides. Rien qui ne vienne ruiner l’aventure, mais suffisamment pour nous sortir brièvement de l’immersion.
Un petit jeu qui voit grand
Ce qui fonctionne finalement le mieux dans Duskfade, c’est son équilibre général. Le jeu ne révolutionne pas le genre du jeu de plateformes 3D. Il reprend des mécaniques connues et les assemble dans un univers qui possède suffisamment de charme pour leur donner une nouvelle personnalité.
L’exploration est agréable, les combats progressent intelligemment, les boss sont réussis et la collection d’objets donne envie de retourner fouiller les niveaux.
Surtout, le scénario apporte une dimension émotionnelle que l’on n’attendait pas forcément. Derrière les couleurs et les jolies mécaniques se cache une histoire sincère, parfois mélancolique, qui donne davantage de sens au voyage de Zirian.
Quelques imperfections techniques et certaines esquives un peu imprécises empêchent le jeu d’atteindre la perfection. Mais elles restent secondaires face aux qualités de l’ensemble.
Duskfade est tout simplement l’une des bonnes surprises du jeu de plateformes 3D indépendant. Et pour un studio qui n’a pas les moyens d’une grosse production, il réussit à faire tourner ses rouages avec une efficacité remarquable.







