Le jeu iRacing Arcade a été testé sur PS5. Merci à l’éditeur.
Il y a les jeux de course qui veulent reproduire le sport automobile dans ses moindres détails. Et puis il y a iRacing Arcade. Ici, les pilotes ont de grosses têtes, les voitures sont minuscules et les circuits réels semblent avoir été passés au rayon réducteur. Sur le papier, le mélange peut surprendre. À l’écran, il fonctionne plutôt bien.
Développé par Original Fire Games, déjà à l’œuvre sur Circuit Superstars et Karting Superstars, le jeu reprend le style visuel de ses prédécesseurs tout en poussant la formule un cran plus loin. Le résultat ne cherche pas à concurrencer une simulation pure et dure. Il se situe plutôt entre arcade et simulation accessible, avec quelques éléments réalistes comme l’usure des pneus, la consommation de carburant et les dégâts.
Une position assez particulière. iRacing Arcade n’est pas Mario Kart. Il n’est pas non plus Gran Turismo. Et c’est finalement cette zone intermédiaire qui fait son charme… autant qu’elle constitue parfois sa principale faiblesse.
Petit format, gros spectacle
La première qualité d’ Iracing Arcade saute immédiatement aux yeux : sa direction artistique. Les voitures sont des versions miniatures et légèrement aplaties de modèles bien réels. Elles restent pourtant parfaitement reconnaissables. Les pilotes, eux, arborent d’énormes casques qui donnent à l’ensemble une allure particulièrement sympathique.
Les environnements sont colorés, propres et détaillés. Les effets de lumière sont également réussis, notamment lorsque le soleil vient illuminer les circuits. Le rendu ne cherche évidemment pas le photoréalisme, mais ce n’est pas son objectif. Le style cartoon est parfaitement assumé.
Même le quartier général de votre écurie participe à cette ambiance. On y retrouve les bâtiments permettant de développer son équipe, ainsi que les petits membres du personnel. Cela donne au jeu une véritable personnalité.
Le choix des circuits est lui aussi intéressant. 14 tracés sont proposés, dont plusieurs reproduisent des lieux connus du sport automobile comme Knockhill, Paul Ricard, Kyalami ou Tsukuba. Deux circuits fictifs viennent compléter l’ensemble avec un petit clin d’œil à Circuit Superstars.
Le résultat est franchement réussi. On aurait simplement aimé disposer de davantage de contenu.
Trois boutons et c’est parti !
La philosophie de iRacing Arcade tient en quelques secondes : vous prenez une voiture, vous appuyez sur l’accélérateur et vous foncez. La direction se fait au stick, tandis que les commandes principales se limitent à l’accélérateur et au frein.
C’est extrêmement accessible. Un joueur débutant peut immédiatement comprendre ce qu’il doit faire. Pas besoin de passer une heure dans les menus avant de pouvoir négocier son premier virage.
Plusieurs niveaux de difficulté permettent ensuite de faire évoluer l’expérience. Et c’est une bonne chose, car les sensations changent réellement lorsque l’on augmente le niveau.
Mais cette simplicité possède aussi son revers. Les voitures ont bien des caractéristiques différentes, mais la conduite reste souvent assez proche d’un modèle à l’autre. Il manque parfois cette petite marge de liberté qui permettrait de vraiment sentir la différence entre deux machines.
Les amateurs d’arcade pure pourraient également regretter l’absence de véritables mécaniques de boost, de dérapages spectaculaires ou d’objets. Quant aux habitués des simulations, ils chercheront en vain des réglages mécaniques poussés.
Le jeu navigue entre deux eaux. Et il lui arrive de ne pas savoir exactement dans laquelle il veut nager.
Une carrière qui met tout le monde d’accord
Heureusement, le mode Carrière vient donner une excellente raison de rester derrière le volant.
Vous commencez avec une modeste Fiat 500 avant de progresser vers des voitures beaucoup plus rapides. Au fil des saisons, vous débloquez notamment des machines de type GT, des prototypes LMDh et des monoplaces inspirées de la Formule 1.
Mais votre progression ne se limite pas aux voitures.
Entre les courses, vous développez votre propre équipe dans une petite zone qui ressemble presque à un jeu de gestion miniature. Vous construisez différents bâtiments, améliorez vos installations et utilisez vos revenus pour faire grandir votre structure.
Chaque bâtiment apporte des avantages sous la forme de boosts. Certains améliorent les performances dans certaines situations, d’autres renforcent l’aspiration ou apportent différents bonus.
L’idée est originale et surtout, elle fonctionne. On pourrait penser qu’une petite dose de gestion dans un jeu de course serait aussi pertinente qu’un pit-stop avec des rollers. Pourtant, cette progression apporte une vraie motivation.
La carrière est organisée en saisons et propose plusieurs championnats à gérer simultanément. Une course courte en Formule Junior peut ainsi être suivie d’une épreuve plus longue en Porsche 911 GT3 Cup, avant de retourner au volant d’une Fiat 500.
Cette variété fonctionne particulièrement bien. C’est clairement le gros morceau d’ Iracing Arcade.
Fair-play ? Connais pas !
Sur la piste, l’intelligence artificielle possède une personnalité bien à elle.
Et cette personnalité est… agressive.
Les concurrents n’hésitent pas à se rentrer dedans, à couper un virage, à vous pousser hors de la trajectoire ou à vous rendre immédiatement la monnaie de votre pièce. Les premiers tours peuvent rapidement ressembler à une course de stock-cars.
Ce comportement n’est pas forcément mauvais. Il apporte une vraie tension aux épreuves et évite de suivre tranquillement le pilote devant vous pendant vingt tours.
Le problème apparaît lorsque l’intelligence artificielle vous pousse dehors et que vous récupérez malgré tout une pénalité pour avoir dépassé les limites de la piste. Là, le petit sourire disparaît rapidement.
Les collisions peuvent également produire quelques situations étranges. Il arrive que deux voitures semblent rester légèrement accrochées l’une à l’autre. Rien de catastrophique, mais suffisamment pour casser le rythme.
Sur les niveaux de difficulté élevés, ces comportements deviennent encore plus importants. Il faut alors accepter de courir coude contre coude, parfois au sens très littéral.
Huit voitures, c’est un peu juste
Le jeu propose huit véhicules, tous suffisamment différents visuellement et au niveau du comportement pour éviter la simple collection de skins.
La sonorité varie également d’une voiture à l’autre. Le Porsche 911 se distingue notamment par un moteur particulièrement convaincant.
L’usure des pneus et la consommation de carburant ajoutent aussi une petite couche stratégique. Lorsque les gommes commencent à perdre leur efficacité, la voiture devient progressivement moins agréable à conduire. Les courses suffisamment longues obligent donc à surveiller les différents indicateurs.
Les arrêts aux stands sont cependant extrêmement simples. On entre dans la voie, on s’arrête et l’équipe s’occupe du reste. Aucun choix de pneus, aucune météo dynamique et pratiquement aucune décision à prendre.
Cela correspond à l’approche accessible du jeu, mais cela limite encore une fois sa profondeur.
Et surtout, huit voitures et quatorze circuits, ce n’est pas énorme. Après quelques saisons, vous aurez déjà fait le tour d’une bonne partie du contenu.
Entre arcade et simulation
C’est probablement ici que se trouve le principal problème d’ iRacing Arcade.
Le jeu possède suffisamment d’éléments réalistes pour rappeler son célèbre grand frère, mais il ne va jamais assez loin pour devenir une véritable simulation. À l’inverse, il n’est pas suffisamment spectaculaire pour concurrencer les grands noms de l’arcade.
Il se retrouve donc dans un entre-deux.
Pourtant, ce positionnement n’est pas forcément une mauvaise chose. Il donne justement au titre son identité. Il suffit simplement d’accepter qu’il ne cherche pas à satisfaire totalement les deux publics.
Les joueurs qui veulent une expérience immédiatement accessible devraient y trouver leur compte. Ceux qui cherchent de la profondeur et des possibilités de réglage risquent davantage de rester sur leur faim.
Le multijoueur pourrait également devenir un excellent argument. Les courses sont suffisamment agressives et amusantes pour imaginer de véritables championnats entre amis. Mais lors des essais, les performances en ligne manquaient encore de stabilité, avec des ralentissements et quelques collisions fantômes.
Il faudra donc voir comment cet aspect évoluera après la sortie et les futures mises à jour.
Une jolie surprise sous le capot
Au final, iRacing Arcade réussit surtout là où on ne l’attendait pas forcément : dans sa progression solo.
Sa présentation est charmante. Sa conduite est immédiatement accessible. Son intelligence artificielle sait mettre de l’ambiance, même si elle a parfois une définition assez personnelle du fair-play. Et surtout, son mode Carrière possède une vraie capacité à donner envie de continuer.
Tout n’est pas parfait. Le contenu reste limité, les mécaniques de pilotage manquent parfois de profondeur et le jeu aurait gagné à proposer davantage de possibilités de personnalisation et de stratégie.
Mais pour une production qui porte le nom iRacing, le pari était plutôt risqué. Transformer une licence associée à la simulation en expérience arcade pouvait facilement tourner au tête-à-queue.
Ici, la voiture reste sur la piste.
La trajectoire n’est pas parfaite. Mais le drapeau à damier est clairement en vue.








