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TEST : Johnny Bazookatone – Le rock’n roll en enfer

Apprêtez-vous à apprendre une nouvelle qui risque de bouleverser bon nombre d’athées : le diable s’ennuie. Si. Apparemment, son job de malfaisant en chef ne l’amuse plus, et il passe maintenant son éternité à scruter ses écrans de contrôle sans grande conviction. Mais un jour (ou une nuit, on ne sait pas bien, parce qu’en enfer, il y a toujours de la lumière), El Diablo tombe sur un concert de Johnny Bazookatone en train de faire un tabac devant des milliards de personnes.

Connu du monde entier, ce célèbre guitariste au nom absolument pas ridicule doit en partie son succès à sa guitare magique, joliment affublée du prénom d’Anita. La musique de Johnny est tellement bonne qu’elle rallie générations et « ethnies » différentes, grâce aux messages de paix, d’harmonie et d’amour qu’elle contient.

Toute cette débauche de sentiments mielleux n’est bien sûr pas du goût d’El Diablo, qui décide de voler la guitare pour faire passer ses propres idées, beaucoup moins humanitaires. Mais le diable n’ayant pas de sentiments, la guitare ne réagit pas à ses tentatives de corruption musicale des âmes…

Fou de rage, il envoie alors ses sbires enlever tous les plus grands génies de la musique, décidant que si lui ne pouvait pas jouer, personne d’autre ne le ferait. Et c’est parti pour un jeu de plates-formes qui va nous en faire baver…

Une histoire d’enlèvement

Ah que le rock’n roll, que c’est une super de musique. Que ouais ! En tant que grand mangeur de Bresse Bleu, je peux vous dire que Johnny Bazookatone est un vrai rocker qui brûle les planches avec sa guitare. Et même que sa guitare, elle est magique. Mais le diable lui a volé, et que même son groupe aussi a disparu.

L’introduction nous montre notre héros en plein concert avec ses potes. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’El Diablo arrive et enlève les musiciens et choure la guitare de Johnny. Plus de musiciens, plus de gratte, donc plus de concert. Il ne vous reste plus qu’à partir à leur recherche. Dommage, c’était un bon concert avec des images bien psychédéliques en plus.

La situation étant maintenant clarifiée, on peut parler du jeu proprement dit. Johnny Bazookatone est un petit rocker aussi mondialement connu pour sa banane mauve que pour son génie à la guitare. Alors que lui et ses musicos donnent un concert du tonnerre de feu, El Diablo enlève les musiciens de Johnny et accapare sa guitare fétiche Anita.

Votre mission, si vous l’acceptez, sera donc de partir au fin fond du domaine infernal d’El Diablo afin de libérer vos potes musiciens et de récupérer votre précieuse gratte. Un scénario somme toute sympa qui permet d’habiller habilement ce jeu dont le principe demeure un poil surfait : la plate-forme.

Alors, si ce n’est pas votre domaine de prédilection, vous pouvez déguerpir tout de suite, d’autant plus que pour un jeu de plates-formes, là, y’a carrément de quoi s’arracher les cheveux tant la difficulté est élevée.

Crise de nerfs assurée

Vous incarnez donc Johnny Bazookatone dans sa quête contre le mal et, croyez-moi, cela ne sera pas chose facile. En effet, Johnny est incontestablement l’un des jeux de plates-formes les plus durs du moment. Tout semble effectivement avoir été fait pour que vous perdiez le plus rapidement possible.

Vous voulez sauter dans le vide sans trop voir où vous allez atterrir ? Eh bien, vous aurez neuf chances sur dix de tomber sur quelque chose qui ne vous fera pas du bien, comme des zombies, des chiens ou autres plantes bourrées d’épines. De plus, les passwords sont donnés au compte-gouttes, ce qui, malgré l’utilisation d’un Continue en cas de malheur, vous fera recommencer au tout début du monde, même si vous étiez au troisième stage par exemple.

Mieux vaut avoir les nerfs solides pour éviter la crise de nerfs, ou sinon prévoyez la boîte de cachets, c’est plus sûr…

À côté, Earthworm Jim est un jeu destiné aux manchots (ou à Laur…, non j’arrête). Bon, là j’abuse peut-être un peu mais il est important de préciser que ce CD s’adresse plutôt aux joueurs confirmés, sinon c’est la crise de nerfs assurée. Vous voilà donc prévenus. Si vous aimez les défis, foncez !

À lui seul, Johnny Bazookatone en est un avec ses dix-huit niveaux tous plus beaux les uns que les autres, ses tonnes de passages secrets et ses énigmes ardues.

Des idées à tous les niveaux

L’intérêt vient aussi du fait que l’innovation est présente dans le principe du jeu. En fonction des niveaux, vous devrez ramasser des clefs pour trouver la sortie, comme dans la prison, ou encore faire tomber des ingrédients dans la marmite pour faire une omelette dans la cuisine.

Bref, il y a de tout et n’importe quoi mais quoi qu’il arrive, c’est toujours très sympa. Dans la cuisine, par exemple, il faut tirer sur les ingrédients pour les faire tomber dans la grande marmite centrale. Vous pourrez également sauter dans certaines boîtes pour ressortir dans d’autres et atteindre des endroits autrement inaccessibles.

Et dès que vous trouvez un objet qui traîne, dites-vous que tout est bon à prendre. Ici, ce casque vous sera très utile pour calmer un grand malade qui veut vous massacrer. En rentrant dans la boîte de nuit, un étrange videur vous attend. Pour pouvoir passer, il faudra lui donner un petit quelque chose, alors fouillez bien le niveau.

Les passages secrets sont nombreux et l’entrée des niveaux bonus est plus ou moins bien cachée. Ici, il vous suffit de sauter dans l’aquarium situé juste derrière Johnny.

Quand vraiment vous vous sentez encerclé, que les ennemis arrivent de partout ou que vous voulez exploser certains opposants, tentez le super tir. Pour le faire, c’est bien simple : il suffit de rester appuyé sur le bouton C pour envoyer une méga décharge. Plus on laisse le bouton enfoncé longtemps, plus le tir est puissant.

Le problème, c’est que le temps de l’amorcer, le perso ne peut rien faire d’autre, ce qui fait que l’on ne peut pas l’utiliser fréquemment, faute de temps.

Graphiquely correct

Mais ce qui frappe en premier lieu, ce sont les graphismes. Hallucinant ! Malgré certains niveaux un peu sombres, c’est une avalanche de couleurs, d’ombres, de décors superbes, même si l’ensemble laisse une petite impression de kitsch. Mais là, c’est une question de goût.

De ce côté-là, que l’on aime ce genre de graphismes ou pas, il faut avouer que la Saturn prouve ici, et de belle façon, de quoi elle est capable. Tant dans l’intro psychédélique que dans le jeu lui-même, d’ailleurs.

La Saturn nous avait donné quelques indices avec Panzer Dragoon et autres Clockwork Knight, aujourd’hui, elle confirme avec des Sega Rally ou ce Johnny Bazookatone qu’elle est peut-être LA meilleure console actuellement. Notamment quand la programmation est aussi réussie que sur ce soft.

En effet, pas question ici de ralentissements, de saccades ou même de bugs. Ici, c’est du travail propre et soigné. L’ambiance est bonne, le personnage est résolument maniable et bien animé.

L’animation, tout d’abord, est un véritable bonheur. Les mouvements de Johnny sont un exemple de fluidité et ont manifestement été réalisés sur une station de travail coûtant très cher. Bon allez, on le dit, cela sent la Silicon Graphics à plein nez. Quoique, à la réflexion, une Silicon Graphics ne doit pas avoir d’odeur particulière, à part quand elle brûle. Mais bon, c’est histoire de dire, hein.

Dans tous les cas, on ne s’en plaindra pas car le résultat obtenu est des plus satisfaisants. La remarque est également valable pour tous vos ennemis, qui ont bénéficié de la même attention. Même les explosions sont une réussite, car les ennemis disparaissent dans une espèce de feu d’artifice vraiment spectaculaire.

Les scrollings sont tout à fait fluides, mais d’un autre côté on ne peut pas dire qu’ils soient vraiment rapides. En fait, cette lenteur se retrouve également dans le déplacement du personnage, qui aurait vraiment gagné à être plus véloce.

Certes, vous pouvez utiliser un mode rapide en laissant appuyé un bouton, mais cela joue vraiment au détriment de la maniabilité. Cette dernière n’est pas véritablement mauvaise, mais manque cependant de précision, notamment lors des sauts.

Dernier défaut à signaler, la gestion des collisions de sprites est parfois hasardeuse.

Une ambiance qui envoie

Johnny peut tirer à droite, à gauche, en l’air, en bas, en diagonale, bref, partout. En outre, il peut courir, sauter, ralentir sa chute grâce à son gun, ramasser des objets. Vous l’aurez compris, des tas de possibilités pour résoudre des tas d’énigmes et passer une foule de passages bien prise de tête.

Et croyez-moi, ces derniers sont monnaie courante.

Les musiques sont vraiment de très grande qualité, pourvu que l’on aime le genre jazzy, style série noire. Le jeu possède d’ailleurs un petit plus appréciable avec les cinématiques entre certains niveaux. Bon, ce n’est pas excessivement original mais ici, elles sont vraiment sympathoches.

Le CD est également livré avec un CD audio regroupant toutes les musiques du jeu, ce qui ne gâche rien pour les amateurs de l’ambiance rock’n roll du titre.

L’ambiance devient même plutôt sanglante à la fin du niveau de l’hôpital. Une fois que vous aurez terrassé les différentes formes du boss, vous aurez libéré votre bassiste.

Et quitte à dévoiler un peu le jeu, voici le boss final. L’étonnant, c’est qu’il n’est pas méga difficile à battre. C’est relatif, mais par rapport au reste, on s’attendait à pire.

Pour tuer ce boss, placez-vous sous sa tête et mitraillez-la en sautant dès qu’il frappe le sol avec son rouleau. L’onde de choc est mortelle…

Des niveaux qui donnent du fil à retordre

Les énigmes font partie intégrante de l’aventure et demandent parfois de bien observer ce qui se passe autour de soi. C’est ici que certains mécanismes peuvent sembler obscurs au premier abord.

C’est ici que Laurent a bloqué. Il n’avait pas compris qu’en se plaçant sur la tapette et en tirant sur le bout de fromage, le mécanisme se déclenche et vous fait accéder à l’étage supérieur.

Quand je vous dis que Johnny Bazookatone est truffé de passages secrets, c’est pas du pipo. La preuve tout de suite en images.

À certains endroits, mieux vaut également ne pas foncer tête baissée. Dans un niveau, par exemple, inutile d’essayer de passer en sautant sur les plates-formes : c’est un coup à y laisser toutes ses vies. Il faut plutôt mitrailler les poissons afin qu’ils laissent une pièce, puis la récupérer et la donner au passeur pour traverser la rivière tranquillement.

Enfin bon, presque.

Ces petites situations donnent au jeu une variété bienvenue. Le problème vient surtout du dosage de la difficulté. Pour récolter des vies, bon courage… et les nombreux passages secrets ne sont pas toujours là pour rendre l’aventure plus simple.

Alors ne laissez pas le blues vous envahir, même si toute la musique que vous aimez, elle vient de là. Allez Johnny, va libérer tes amis, et que la force de Dick soit avec toi. Ah que non, mais…

PlayStation ou Saturn ?

Les deux versions sont quasiment identiques et ne se différencient que sur quelques points de détail.

Ainsi, l’introduction est plus belle sur la PlayStation, en raison de la meilleure qualité du compactage. De même, la PlayStation affiche plus de couleurs à l’écran que sa rivale, améliorant la qualité des dégradés.

Par contre, la version Saturn possède des petits détails inexistants sur la Sony, comme les coups d’éclair dans le cimetière ou les étoiles d’énergie qui tournent.

Mais au global, Johnny Bazookatone sur PlayStation s’avère quand même un peu plus beau.

Avec le recul de 2026, ces différences restent surtout intéressantes pour mesurer le travail réalisé sur ces deux versions 32 bits. Le jeu conserve surtout ce qui faisait son charme à l’époque : une réalisation très travaillée, une ambiance complètement déjantée et des niveaux qui n’ont vraiment pas décidé de vous faire de cadeau.

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

CONCLUSION DU SCHMURZ

Johnny Bazookatone est très beau, bourré de bonnes idées, l'ambiance y est sympa et rock'n roll. La programmation est bonne et l'ensemble est maniable. Vraiment, on a l'impression qu'il n'y a rien à redire sur ce CD. Sauf peut-être sa trop grande difficulté qui, parfois, semble insurmontable. Dommage que le dosage, de ce côté, ait été un peu raté. Mais pour le reste, difficile de bouder son plaisir devant ses dix-huit niveaux, ses passages secrets, ses énigmes et cette réalisation qui envoyait du lourd sur Saturn. En 1996, Johnny Bazookatone avait surtout le mérite de montrer ce que la machine de Sega pouvait produire lorsqu'elle était bien exploitée. Très beau, très bien, mais très dur. Bon, là-dessus, j'vais réconforter Laurent qui pleure là-bas, au fond. Mais non voyons, c'est pas sur la démo que tu jouais, j't'assure...
89
%
OH QUE OUI !
Son
91
%
Graphisme
94
%
Animation
93
%
Maniabilité
78
%
Interet
89
%
Son
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Graphisme
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Animation
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Maniabilité
78
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Interet
89
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LES PLUS
  • Des graphismes superbes
  • Une animation particulièrement fluide
  • Une bonne grosse durée de vie
  • De nombreux passages secrets
  • Des énigmes variées
  • Une ambiance rock'n roll réussie
  • De l'action à gogo
  • Les musiques et le CD audio
LES MOINS
  • Une difficulté parfois excessive
  • Des sauts qui manquent de précision
  • Des collisions parfois hasardeuses
  • Un personnage qui manque un peu de vitesse
  • Certains décors sombres qui nuisent à la lisibilité
  • Peu de vies disponibles

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