Après avoir fait ses premiers pas sur Switch dans des conditions pour le moins compliquées, Sonic Frontiers revient sur Nintendo Switch 2 avec une édition présentée comme définitive. Au programme : le jeu original, l’extension Final Horizon, les différents contenus supplémentaires et surtout une version techniquement améliorée.
Sur le papier, la promesse est séduisante. Dans les faits, cette édition pose une question assez simple : qu’est-ce qui la rend vraiment « définitive » ? Une bonne partie des contenus supplémentaires était déjà disponible gratuitement sur les autres versions. Pour les possesseurs de ces éditions, l’intérêt est donc essentiellement lié au passage sur Switch 2.
Pour les joueurs qui découvrent Sonic Frontiers sur la nouvelle console de Nintendo, l’histoire est évidemment différente. Et après quelques heures passées à courir dans ses vastes zones ouvertes, le hérisson bleu montre qu’il avait encore quelques bonnes surprises dans ses baskets.
Sonic prend de l’espace
Sonic Frontiers reste un épisode assez particulier dans l’histoire de la série. Plutôt que de multiplier les niveaux linéaires, le jeu propose de vastes zones ouvertes dans lesquelles Sonic peut courir librement, grimper, bondir et enchaîner les différents défis.
Le changement de formule fonctionne plutôt bien. On retrouve les sensations habituelles de la série, mais elles sont intégrées dans des environnements beaucoup plus vastes. Des ressorts, rails, plateformes et mécanismes sont dispersés un peu partout et permettent de prendre de la hauteur ou d’atteindre des zones qui semblaient inaccessibles quelques secondes auparavant.
Cette verticalité reste l’une des meilleures idées de Frontiers. On peut partir dans une direction sans trop savoir ce qui nous attend, apercevoir une structure au loin et soudainement se retrouver à plusieurs dizaines de mètres du sol. Sonic devient alors une véritable boule de vitesse qu’on envoie d’un point à l’autre de la carte.
Une formule qui encourage l’exploration
Les zones ouvertes sont remplies de petits défis. Certains demandent simplement de traverser un parcours dans un temps limité, d’autres mettent à l’épreuve les réflexes ou la capacité à atteindre certains endroits.
Ces activités permettent également de récupérer différents objets et d’améliorer progressivement les capacités de Sonic. La progression donne donc une vraie raison de revenir dans les zones déjà visitées.
Le système fonctionne particulièrement bien lorsque l’on se laisse porter par la curiosité. Sonic Frontiers récompense davantage l’exploration que le simple fait de foncer tout droit vers l’objectif principal.
Les séquences de Cyberspace, plus proches du Sonic traditionnel, viennent régulièrement casser le rythme. Elles proposent des parcours courts et plus linéaires, avec des objectifs secondaires à remplir. Elles sont sympathiques, même si leur conception manque parfois d’originalité et rappelle beaucoup d’anciens niveaux de la série.
Quand Sonic sort les poings
L’autre grande composante de Frontiers, c’est le combat.
Sonic peut foncer sur ses adversaires, esquiver, effectuer différentes attaques et débloquer progressivement de nouvelles capacités. Le système devient particulièrement spectaculaire face aux gigantesques ennemis qui peuplent les différentes zones.
Ces affrontements peuvent donner lieu à quelques scènes franchement impressionnantes, notamment lorsque Sonic passe en Super Sonic pour affronter certains boss. Les combats prennent alors une dimension beaucoup plus spectaculaire, avec des attaques puissantes, des parades et des contres qui donnent une vraie sensation de puissance.
Le problème vient plutôt du manque de profondeur de certains affrontements classiques. On peut parfois se contenter d’enchaîner quelques attaques sans réellement réfléchir, ce qui donne un côté un peu répétitif.
Les commandes peuvent également devenir frustrantes dans certaines séquences de plateforme où la précision est importante. Sonic est rapide, très rapide même, et cette vitesse n’est pas toujours l’amie de la précision.
Des boss qui changent d’échelle
Les boss constituent néanmoins quelques-uns des moments les plus mémorables de l’aventure.
Frontiers aime jouer avec l’échelle. Les adversaires sont gigantesques et Sonic doit souvent grimper, courir sur leur corps ou atteindre leurs points faibles avant de pouvoir les affronter réellement.
L’idée rappelle évidemment certaines grandes aventures d’action-aventure, mais elle fonctionne particulièrement bien avec les capacités de Sonic. Voir le hérisson courir à toute vitesse sur un gigantesque adversaire avant de déclencher une attaque dévastatrice possède un certain charme.
Ces combats permettent également à Super Sonic de montrer tout son potentiel. Les affrontements gagnent alors en intensité et offrent quelques séquences particulièrement spectaculaires.
Un monde qui manque parfois de personnalité
C’est probablement ici que Sonic Frontiers divise le plus.
Les grandes zones sont vastes, mais elles ne sont pas toujours aussi inspirées visuellement qu’on pourrait l’espérer. Certaines étendues donnent parfois l’impression d’avoir été construites autour de grands espaces plutôt que d’un véritable univers Sonic.
La direction artistique possède pourtant de bonnes idées, notamment avec les ruines, les structures mystérieuses et certains décors plus impressionnants. Mais on aurait aimé retrouver davantage de lieux immédiatement identifiables et mémorables.
Quand on pense à Sonic, on imagine spontanément des environnements colorés et particulièrement marqués. Frontiers choisit une approche beaucoup plus sobre.
Cela donne parfois l’impression de regarder Sonic courir dans un paysage qui pourrait appartenir à n’importe quelle autre aventure.
Switch 2 fait enfin respirer le hérisson
C’est évidemment le principal intérêt de cette nouvelle édition.
Sur Nintendo Switch 2, Sonic Frontiers bénéficie d’un sérieux bond en avant par rapport à la version Switch originale. Le jeu peut viser les 60 images par seconde en mode Performance et se montre beaucoup plus agréable à parcourir.
La fluidité est nettement plus convaincante et change véritablement l’expérience. Pour un jeu dans lequel le personnage traverse constamment l’écran à pleine vitesse, cette amélioration n’est absolument pas anodine.
Un mode privilégiant la qualité graphique permet également d’obtenir une image plus propre, mais avec un objectif de 30 images par seconde. Pour notre part, le mode Performance paraît beaucoup plus adapté à la nature du jeu.
Tout n’est cependant pas parfait.
Le fantôme du pop-in
Même sur Switch 2, le fameux pop-in reste présent.
Des éléments du décor peuvent apparaître assez tardivement, notamment la végétation, certains arbres ou différentes structures. Dans quelques situations, ce phénomène peut même toucher des éléments utiles à la progression.
C’est particulièrement dommage parce que la Switch 2 dispose justement de suffisamment de puissance pour offrir une expérience plus propre. Le gain par rapport à la première Switch est réel, mais le problème n’a pas totalement disparu.
Le résultat reste néanmoins nettement plus convaincant que sur la machine précédente. Et en mouvement, la fluidité permet de mieux faire passer la pilule.
Le portage conserve donc quelques défauts techniques, mais il ne faut surtout pas les confondre avec les problèmes de la première version Switch : le saut est conséquent.
Tout le contenu dans la boîte
Cette édition rassemble le jeu de base et les contenus supplémentaires, dont Final Horizon.
Le problème est que ces éléments étaient déjà disponibles gratuitement sur les autres plateformes. Leur présence ici ne constitue donc pas vraiment une nouveauté.
C’est là que le terme Definitive Edition peut faire sourire. Pour quelqu’un qui possède déjà le jeu sur une autre machine, l’intérêt de racheter l’aventure dépend principalement de l’envie de la découvrir sur Switch 2.
En revanche, pour un nouveau joueur qui souhaite jouer à Sonic Frontiers sur la console, cette édition a le mérite de proposer une expérience particulièrement complète dès le départ.
Une aventure toujours aussi particulière
Malgré ses défauts, Sonic Frontiers conserve une qualité essentielle : il ose faire quelque chose de différent.
Tout n’est pas parfait dans cette tentative de transformer Sonic en héros d’une aventure ouverte. Les environnements manquent parfois de caractère, les combats pourraient être plus poussés et le pop-in reste difficile à ignorer.
Mais lorsque Sonic dévale une colline, saute sur un rail, traverse une structure à pleine vitesse puis s’envole vers un nouvel objectif, le concept fonctionne.
Sonic Frontiers
n’est pas simplement un Sonic traditionnel agrandi. C’est une expérience qui cherche à donner davantage de liberté au joueur. Et même plusieurs années après sa sortie originale, cette idée conserve une certaine efficacité.










