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Critique Cinoche : Street Fighter – Capcom ne sait pas adapter au cinéma : Épisode 3

Avant toute chose, sachez que cette critique contient des spoilers.

Quand on aime les jeux Street Fighter et que l’on repense aux deux premiers films tirés de la célèbre saga, on préfère éviter d’y penser. Ces adaptations n’ont à aucun moment respecté les fans et ont été de véritables désastres.

Lorsque le nouveau film Street Fighter a été annoncé, l’espoir était revenu. Au vu du réalisateur et du casting, composé de fans assumés des jeux, on pouvait enfin espérer découvrir le film Street Fighter tant attendu par le fandom.

Eh bien, malheureusement, c’est une nouvelle douche froide. Car même si plusieurs aspects du film sont vraiment réussis, ses défauts prennent largement le dessus sur ses qualités.

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Un scénario assez fan-service, mais structuré

Le film se présente comme une adaptation inspirée des scénarios de Street Fighter (1987) et de Super Street Fighter II – The Tournament Battle (1993).

Dès la première scène, on comprend que le réalisateur est un fan inconditionnel des premiers jeux, notamment de Street Fighter II. On y découvre en animation un hommage appuyé aux OAV de Street Fighter II des années 90, avec un combat entre Ryu et Sagat lors du tournoi World Warrior de 1987, l’année de sortie du Street Fighter original.

On comprend assez vite que le réalisateur, également co-scénariste du film, construit son récit autour de cet affrontement et de ses conséquences. Il réussit tant bien que mal à garder le cap, en évitant de se disperser dans des intrigues secondaires inutiles.

Mais même si le cadre général du film est plutôt correct, il devient très vite évident que Kitao Sakurai a oublié une chose essentielle : Street Fighter n’est pas une comédie condamnée à rester figée éternellement dans les années 90.

Kitao Sakurai transforme les combattants en caricatures

Il faut savoir que Kitao Sakurai est surtout connu pour son travail avec l’humoriste Éric André, qui apparaît lui aussi dans le film, dans le rôle de Don Sauvage. Street Fighter représente son premier long-métrage à gros budget.

Une fois ce contexte posé, on s’aperçoit rapidement que le réalisateur et co-scénariste a transformé la majorité des personnages principaux. Au lieu de leur donner l’épaisseur scénaristique à laquelle un fan de Street Fighter est en droit de s’attendre, il en fait des personnages caricaturaux à l’extrême, au point de les rendre franchement agaçants. Et comme si cela ne suffisait pas, leur histoire et leur passé, pourtant établis dans les jeux, sont rarement adaptés correctement.

Prenons Zangief, par exemple, transformé dans le film en un colosse qui n’a pas grand-chose dans la tête, alors que son scénario dans Street Fighter II était infiniment plus intéressant.

Et que dire de Juli, ou même de Vega, qui ressemblent ici à des clones de personnages tout droit sortis d’American Pie ?

Guile, quant à lui, est un mélange improbable entre Rambo et Averell Dalton.

Mais le pire reste sans doute M. Bison. David Dastmalchian, qui l’incarne, semble tout simplement avoir voulu copier Raul Julia, interprète du personnage dans le film de 1994, sans jamais parvenir à retrouver ce qui faisait le charme de sa prestation.

Je pourrais multiplier les exemples, tant la quasi-totalité du casting semble être passée par la même moulinette caricaturale.

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Gouken, Blanka et Akuma tirent leur épingle du jeu

Honnêtement, seuls trois personnages sortent du lot : Gouken, Blanka et Akuma.

En fait, avec le recul, je pense sincèrement que le réalisateur n’a pas su saisir que la plupart des fans de Street Fighter ne sont plus des adolescents boutonneux des années 90 carburant à l’humour débile de MTV, mais des adultes qui attendent un film Street Fighter avec des personnages intéressants à suivre, un ton plus sérieux et une dose de fun équilibrée.

Paradoxalement, le film a de réelles qualités, mais elles ne lui permettent pas de sortir du bourbier dans lequel son réalisateur l’a plongé.

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Une direction artistique fidèle à l’esprit des jeux

Le film Street Fighter, c’est littéralement Street Fighter II sur grand écran.

Le réalisateur a réussi à apporter un soin tout particulier à la direction artistique du film.

Les costumes, notamment ceux du casting principal, retranscrivent assez fidèlement les tenues des deux premiers jeux Street Fighter, et ils sont indéniablement très réussis.

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Un casting qui semble prendre plaisir à incarner les personnages

Le choix du casting est également à mettre au crédit du film Street Fighter, et cela pour plusieurs raisons. En effet, lorsqu’on voit la plupart des acteurs à l’écran, on se dit : « OK, c’est Chun-Li ! » ou, par exemple, « C’est Ken ! ». Ils s’éclatent clairement dans leur interprétation, et ça fait vraiment plaisir.

Il faut aussi savoir que la grande majorité du casting principal possède une solide expérience des arts martiaux. Beaucoup d’acteurs ont d’ailleurs été choisis pour cette raison.

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Des combats qui rendent hommage à Street Fighter II

Le parti pris concernant la chorégraphie des combats m’a fait plaisir, car le film propose des affrontements qui rendent un hommage sincère à Street Fighter II. Les techniques présentes dans le jeu sont au cœur du travail de l’équipe chargée des cascades.

Malgré des qualités réelles, Street Fighter a été sabordé par une écriture des personnages absurde et par un réalisateur qui a oublié que Street Fighter n’était pas un sketch de Jackass. Oui, Kitao Sakurai a beau être fan de la saga Street Fighter, et oui, il a su insuffler sa passion dans le film, mais il a craché à la gueule des fans en les prenant pour des adolescents au lieu de les considérer comme des adultes.

Capcom, qui a laissé faire, est également responsable, à mes yeux, de ce manque de respect envers le fandom.

Et je termine cette critique par deux questions :

Pourquoi le Japon a-t-il pu bénéficier des meilleures adaptations de Street Fighter, notamment en anime ?

Et pourquoi, au contraire, trois films d’une qualité plus que discutable sont-ils sortis à l’international ?

C’est incompréhensible.

TomDrake [Rédacteur]
Pour moi, jouer c'est top. Partager et transmettre c'est mieux.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Malgré des qualités réelles, Street Fighter a été sabordé par une écriture des personnages absurde et un réalisateur qui a oublié que Street Fighter n’était pas un sketch de Jackass. Oui Kitao Sakurai a beau être fan de la saga Street Fighter, oui il a su insuffler sa passion dans le film, mais il a craché à la gueule des fans en les prenant pour des adolescents au lieu de les considérer comme des adultes.
50
%
OUI MAIS BOF BOF
LES PLUS
  • Les costumes
  • Le choix du casting
  • Les combats
LES MOINS
  • “L’humour” figé dans les années 90, beaucoup trop omniprésent
  • Une écriture des personnages, ni faite ni à faire.
  • Les fans ne sont pas respectés

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