Le monde du manga japonais perd un artiste au parcours singulier. Keizô Miyanishi, mangaka, illustrateur et musicien, est décédé des suites d’un cancer, comme l’ont annoncé son épouse et Jun Inui, membre du groupe de rock The Stalin. Il avait notamment réalisé une pochette pour le groupe en 1981.
Né en 1956 à Osaka, Miyanishi a commencé à travailler dans le milieu du manga très jeune. À seulement 15 ans, il devient assistant de Mori Masaki, avant d’obtenir, deux ans plus tard, un prix décerné par le magazine COM. Cette récompense ne lui permet toutefois pas d’être publié dans ses pages, la revue ayant cessé de paraître. Une situation qui se répète ensuite avec Comic & Comic, où il annonce ses débuts professionnels, mais qui disparaît à son tour.
L’artiste se tourne alors vers l’illustration pour différents magazines, notamment Asahi Geinô et Shôsetsu Hôseki. Il développe ensuite son travail dans la bande dessinée réaliste érotique, un domaine dans lequel il se fait remarquer à la fin des années 1970. Sa première œuvre, Pippyu, paraît en 1979. Il travaille également comme assistant de Jun Ishikawa, poursuivant ainsi son apprentissage auprès de figures du milieu.
Keizô Miyanishi est notamment associé au courant éro-guro, qui mêle érotisme, étrangeté et représentations parfois dérangeantes. Son travail ne reposait cependant pas uniquement sur son dessin : le lyrisme de ses textes contribuait aussi à l’identité de ses œuvres. En France, son nom est notamment connu grâce à Lyrica, un recueil de fables érotiques publié aux éditions IMHO.
Sa dernière publication connue, Balsam & Ether, remonte à l’année 2000. Miyanishi n’a pourtant pas abandonné sa pratique artistique par la suite : il a continué à présenter ses œuvres dans des galeries, tout en poursuivant ses activités musicales. Il était également le leader du groupe de rock indépendant Onna, une autre facette de sa carrière créative.
Entre manga, illustration et musique, Keizô Miyanishi aura ainsi exploré plusieurs formes d’expression, sans se limiter à un seul domaine. Son parcours témoigne aussi des difficultés rencontrées par certains jeunes artistes japonais, dont les premiers projets ont parfois été contrariés par la disparition des publications qui devaient les accueillir.
Son travail reste aujourd’hui accessible aux lecteurs français à travers Lyrica, témoignage d’un univers graphique et littéraire à part dans l’histoire du manga érotique japonais.


