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TEST : Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage (Switch 2) – Le maître de la 3D revient sur le ring

Le jeu Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage a été testé sur Switch 2.

En 1993, Virtua Fighter débarquait dans les salles d’arcade avec une idée qui paraissait presque folle : faire combattre des personnages entièrement en 3D. Les polygones étaient encore rudimentaires, les combattants ressemblaient parfois à des mannequins de laboratoire et pourtant, Sega venait de poser les bases d’un nouveau genre. Depuis, la série a évolué, ses concurrents se sont multipliés et la technologie a fait quelques progrès.

Plus de trente ans après les débuts de la série, Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage arrive sur Nintendo Switch 2. Derrière ce nom à rallonge se cache une version particulièrement complète de Virtua Fighter 5, enrichie au fil des années et désormais accompagnée d’un nouveau mode solo. Alors, le vieux maître de la baston 3D a-t-il encore quelque chose à apprendre aux petits jeunes ?

Une simplicité trompeuse

Trois boutons principaux : poing, pied et garde. Sur le papier, difficile de faire plus simple. On sélectionne son personnage, on entre dans l’arène et quelques secondes plus tard, on distribue les premières corrections.

Mais Virtua Fighter n’a jamais été un jeu de combat basé sur le simple martelage de boutons. La véritable richesse apparaît lorsque l’on commence à combiner les directions avec les attaques, à utiliser les projections, les esquives, les contres et les différentes transitions.

Le système repose également sur un principe très clair : les attaques peuvent interrompre les projections, les projections punissent une garde trop passive et la garde permet de résister aux attaques directes. Tout paraît évident lorsque l’on regarde le fonctionnement général. En pratique, réussir à appliquer ces principes face à un adversaire qui connaît lui aussi son personnage est une autre histoire.

C’est ce mélange entre accessibilité et profondeur qui fait encore aujourd’hui la force de la série.

Pas besoin de super-pouvoirs

Là où certains concurrents ont progressivement multiplié les effets spéciaux et les attaques complètement délirantes, Virtua Fighter 5 reste étonnamment terre-à-terre.

Les combattants utilisent principalement leurs poings, leurs pieds et leurs techniques martiales. Pas de boule de feu qui traverse l’arène, pas d’épée gigantesque sortie de nulle part et encore moins de personnage qui décide soudainement de voler jusqu’à la Lune.

Tout se joue à courte distance.

Cette approche donne une vraie sensation de proximité aux affrontements. On observe la position de l’adversaire, on tente de provoquer une erreur, on esquive et on cherche l’ouverture. Les déplacements en 3D permettent naturellement de travailler son placement et d’éviter certaines attaques.

Et puis il y a le Ring Out, véritable signature de la série. Repousser progressivement son adversaire jusqu’au bord de l’arène peut être aussi important que de lui retirer toute sa jauge de vie. Une simple mauvaise position peut ainsi transformer un combat parfaitement maîtrisé en chute ridicule hors du ring.

Dix-neuf caractères bien trempés

Le casting rassemble 19 combattants, avec plusieurs figures historiques de la série. Akira Yuki, Kage-Maru, Sarah Bryant, Jacky Bryant et les autres sont évidemment toujours de la partie.

Mais le plus intéressant reste la façon dont chaque personnage possède sa propre personnalité et son propre rythme. Certains sont particulièrement accessibles, d’autres demandent davantage de précision et de connaissances.

Brad Burns constitue par exemple un personnage intéressant pour découvrir les possibilités d’esquive et de déplacement. Shun Di, lui, apporte une mécanique beaucoup plus particulière avec son système lié à la consommation d’alcool pendant le combat.

Ce genre de détail montre que Sega ne s’est jamais contenté de donner une apparence différente à ses combattants. Chaque personnage possède véritablement son identité et ses outils.

Le ring comme seule destination

Le nouveau World Stage constitue l’apport principal de cette version. L’idée est simple : progresser à travers différentes étapes et affronter une succession de combattants contrôlés par l’intelligence artificielle.

Certains adversaires sont inspirés des données de véritables joueurs, ce qui permet de rencontrer des styles de jeu assez différents. On passe ainsi progressivement d’affrontements relativement accessibles à des combats qui demandent beaucoup plus de concentration.

Le World Stage fonctionne particulièrement bien comme école de Virtua Fighter. On découvre les différents profils d’adversaires, on apprend à reconnaître certaines situations et on améliore progressivement son propre personnage.

En revanche, il ne faut pas attendre une grande aventure scénarisée. Virtua Fighter n’a jamais vraiment misé sur ce domaine et cette édition ne change pas la formule. Le scénario est ici clairement secondaire.

L’entraînement, passage obligatoire

C’est probablement après quelques défaites que vous comprendrez l’intérêt du mode entraînement.

Au début, trois boutons donnent l’impression que tout va être facile. Puis on découvre les listes de mouvements et les différentes possibilités de chaque combattant. Et là, la petite musique change.

Les commandes directionnelles permettent d’accéder à de nombreuses attaques et combinaisons. Les projections, esquives, transitions et contres ajoutent progressivement des couches supplémentaires au système.

Le jeu est donc facile à prendre en main mais difficile à maîtriser. Une formule devenue classique, mais particulièrement vraie ici.

Et contrairement à certains jeux modernes qui proposent des commandes simplifiées pour permettre à tout le monde de participer, R.E.V.O. World Stage reste fidèle à son approche traditionnelle. Si vous voulez progresser, il faudra apprendre.

Le vrai tournoi est en ligne

Une fois les bases maîtrisées, le terrain de jeu naturel devient évidemment le multijoueur en ligne.

Les affrontements classés permettent de mesurer son niveau face à d’autres joueurs, tandis que les salles proposent une approche plus libre. Les tournois programmés ajoutent également une dimension compétitive intéressante.

La présence du cross-play constitue un véritable avantage. Les joueurs Switch 2 peuvent affronter ceux des autres plateformes compatibles, ce qui élargit considérablement le nombre d’adversaires disponibles.

Le rollback netcode fait lui aussi une grosse différence. Dans un jeu où une esquive ou un contre doit être exécuté au bon moment, la stabilité de la connexion n’est pas un détail. Lorsqu’elle fonctionne correctement, les rencontres restent particulièrement fluides.

Quelques variations de qualité peuvent évidemment apparaître selon les connexions et les adversaires, mais l’ensemble est solide.

La Switch 2 ne tremble pas

Techniquement, cette version ne cherche pas à réinventer Virtua Fighter 5. Et ce n’est pas vraiment un problème.

Le jeu peut évidemment sembler moins impressionnant qu’une production développée spécifiquement pour les machines actuelles, mais les modèles restent détaillés et les arènes possèdent une vraie personnalité. Quelques petites concessions sont visibles sur Switch 2, notamment en matière de finesse d’image et d’aliasing.

Mais le plus important est parfaitement respecté : la fluidité.

Le jeu vise les 60 images par seconde, y compris en mode portable. Et pour un jeu de combat aussi précis, c’est largement préférable à une image plus fine accompagnée de ralentissements.

En mode salon, le rendu est particulièrement propre. En portable, quelques détails sont moins nets, mais l’action reste parfaitement lisible.

Sega a donc fait le choix logique : privilégier le gameplay plutôt que de chercher à impressionner uniquement avec le nombre de pixels.

Une musique qui met le feu

La bande-son est également une belle réussite. Les compositions donnent immédiatement du rythme aux combats et apportent une identité sonore qui accompagne parfaitement l’esthétique du jeu.

Le thème de sélection des personnages mérite notamment une mention particulière. Il possède cette énergie immédiatement reconnaissable qui donne envie de choisir son combattant et de foncer dans l’arène.

Les musiques des différents environnements remplissent également très bien leur rôle. Elles ne cherchent pas constamment à voler la vedette aux combats, mais savent donner du caractère à chaque affrontement.

Les effets sonores sont tout aussi efficaces. Les coups sont secs, les impacts ont du poids et les projections donnent une véritable sensation de contact.

Après toutes ces années, Virtua Fighter 5 possède donc toujours une identité musicale et sonore solide. Une bonne musique de jeu de baston doit donner envie de jouer. Mission accomplie.

Une vieille école qui fonctionne toujours

Ce qui frappe finalement avec Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage, c’est sa fidélité à une philosophie qui devient presque rare.

Sega ne cherche pas à transformer la série en autre chose. Le jeu reste concentré sur le combat, le placement, la lecture de l’adversaire et la précision.

Cette approche peut sembler moins spectaculaire que celle de certains concurrents, mais elle possède une vraie efficacité. Chaque victoire donne le sentiment d’avoir réellement compris quelque chose. Chaque défaite donne généralement envie de retourner à l’entraînement pour comprendre ce qui s’est passé.

Le World Stage apporte un peu plus de matière au solo, tandis que le cross-play et le rollback donnent au multijoueur les outils nécessaires pour durer. Il manque toutefois un véritable contenu narratif ou une campagne solo plus ambitieuse pour toucher un public qui ne serait pas déjà amateur de la série.

Mais ce n’est finalement pas ce que Virtua Fighter 5 cherche à faire.

Le vieux maître n’a pas dit son dernier mot

Plus de vingt ans après la sortie de Virtua Fighter 5, Sega continue donc de faire évoluer son jeu de combat sans dénaturer ce qui fait son identité.

Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage n’est pas forcément le jeu qui vous prendra par la main. Il vous donne les outils, vous laisse choisir votre combattant et vous explique ensuite, parfois assez brutalement, qu’il va falloir apprendre à vous en servir.

C’est exigeant, mais terriblement gratifiant.

Avec ses 19 combattants, son système de combat extrêmement précis, son nouveau World Stage, son excellente fluidité à 60 images par seconde, son cross-play et son rollback netcode, cette version constitue une excellente porte d’entrée pour découvrir la série sur Switch 2. Et pour les vétérans, c’est surtout une nouvelle excuse pour ressortir les gants.

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

CONCLUSION DU SCHMURZ

Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage rappelle pourquoi Sega reste l'un des grands noms de la baston 3D. Derrière ses trois boutons se cache un système extrêmement profond qui récompense la patience, l'observation et l'entraînement. Le World Stage, le cross-play et le rollback netcode modernisent efficacement l'expérience, tandis que la Switch 2 conserve l'essentiel : une action fluide et précise à 60 images par seconde. Ce n'est peut-être pas le jeu de combat le plus bavard ou le plus spectaculaire du moment. Mais lorsqu'il faut simplement entrer dans l'arène et se battre, difficile de lui reprocher de savoir exactement ce qu'il fait.
95
%
MEGAHIT DE LA REDAC
Son
94
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Graphisme
92
%
Animation
97
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Maniabilité
96
%
Interet
94
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Son
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Graphisme
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Animation
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Maniabilité
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Interet
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LES PLUS
  • Un système de combat profond et précis
  • Une prise en main immédiatement accessible
  • 19 combattants aux styles très différents
  • Le nouveau World Stage
  • Le cross-play
  • Le rollback netcode
  • Une excellente fluidité à 60 images par seconde
  • Une bande-son énergique et réussie
  • Un excellent portage sur Switch 2
LES MOINS
  • Un mode solo encore assez léger
  • Peu de place accordée au scénario
  • Une maîtrise qui demande beaucoup de pratique
  • Quelques concessions visuelles sur Switch 2

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