YS VIII : Un jeu qui file comme le vent
L’histoire commence sur un bateau du nom de Lombardie en compagnie de notre héros et de son compagnon de toujours Dogi. Dogi, c’est le bon copain sympa sur qui on peut toujours compter mais qui a clairement de gros soucis vestimentaires. À l’approche de l’île, le navire est attaqué par une créature. Le temps d’un tutoriel de combat et malgré une victoire sur le poulpe géant belliqueux, le naufrage est inévitable et nos héros sombrent au cœur de cette tempête nocturne et soudaine, pour se retrouver échoués sur une île déserte. Car oui, parfois dans Ys, Adol se doit de boire la tasse au lieu d’arriver paisiblement sur les lieux de ses nouvelles aventures. Heureusement il lui arrive aussi d’accoster dans le calme, comme dans les épisodes de Ys Book 1 et 2, Ys V Lost Kefin, the Kingdom of Sand ou encore Ys IX Monstrum Nox.
De cette arrivée chaotique va s’articuler un jeu qui tire la carte de la liberté et de l’exploration, mais aussi du dynamisme avant tout. Si l’on devait résumer YS VIII, c’est bien le mot dynamisme qui prime. Que ce soit dans les déplacements rapides, les sauts, la navigation, et surtout les combats ; tout dans Lacrimosa of Dana va vite, au point que l’on a l’impression de filer comme le vent, à travers les multiples zones qui composent cette île à la structure rappelant celle d’un Final Fantasy XII. À savoir des zones de petites ou moyennes tailles reliées entre elles par des passages définis par des pointillés. Cette structure on la doit forcément au hardware original du jeu : la Vita.
La mystérieuse île de Seiren
L’aventure va se construire autour d’un camp de naufragés, composé des membres échoués sur l’île. De ce camp, vous allez rayonner dans les lieux limitrophes de votre base et bien au-delà, afin d’aller dans un premier temps rechercher les survivants et ainsi augmenter vos alliés. Puis, dans un second temps vous allez percer les mystères de l’île, tout en cherchant une solution pour regagner le continent. Au fur et à mesure que le scénario va se construire autour des divers acteurs composant votre village de fortune, Adol va se mettre à rêver d’une étrange jeune femme : Dana. Sans en dire trop, ce sont ces rêves qui vont amorcer la seconde partie de l’aventure et révéler les mystères entourant l’île de Seiren.
Le petit bémol notable est que dans son premier tiers, le scénario met du temps à démarrer, mais dès lors que le récit va orienter son propos vers Dana, la clé de voûte de toute l’intrigue, l’histoire saura se montrer passionnante. Le seul regret que l’on puisse formuler, c’est la faiblesse de la mise en scène, compte tenu des moyens limités que possède un studio comme Falcom.
YS VIII – LACRIMOSA OF DANA, une bande son culte !
Si la mise en scène est globalement assez chiche, l’ambiance sonore et la soundtrack rattrapent sans problème ce défaut. On peut même dire que Ys VIII, c’est de ces jeux que l’on garde en mémoire pour leur bande-son à la manière d’un Secret of Mana, d’un Grandia ou d’un Panzer Dragoon Saga. Entre sonorités exotiques évoquant la jungle et l’ambiance tropicale, rocks énergiques, et musiques électro nappées de mystères et de rêveries, dont les sonorités évoqueront aux plus anciens les grandes œuvres de la PC Engine ou de Phantasy Star Online, le J.D.K Band – officiant pour les productions Falcom – signe une partition merveilleuse. Une partition qui, alliée au Gameplay vif et nerveux, crée une alchimie parfaite capable de transformer un combat de boss en véritable transe.
Si vous voulez écoutez quelques thèmes, rendez-vous sur la chaine Youtube officielle de Falcom pour découvrir tout ça.
Falcom, ou l’art du beau jeu
Depuis Ys VI, la grande force de la série Ys c’est son gameplay nerveux. Et de ce point de vue-là, Falcom signe pour moi son meilleur jeu encore aujourd’hui, au point que Lacrimosa of Dana est l’un de mes actions RPG 3D préférés. Plusieurs composantes font de ce jeu une petite horloge suisse de Game design. Pour commencer, le calibrage de la difficulté influe réellement sur l’impact qu’ont les niveaux sur la progression de manière précise. Nous sommes loin des approximations floues d’un Final Fantasy XV par exemple. Ensuite comme évoqué plus haut, la maniabilité et l’impression de vitesse sont véritablement grisantes. On rushe, on court, on saute, on explore, tout en allant si vite que parfois, les sensations de jouer à un Sonic pourraient se faire ressentir. Et bien sûr les combats, qui sont en totale adéquation avec le sentiment de vitesse. Les monstres peuplant la carte n’attendent que de vous voir débouler à toute blinde pour croiser le fer. Et là encore, le jeu est d’une rare nervosité. Franchement, c’est le pied à jouer ! Il n’y a pas d’autre mot. Petit bémol pour le bestiaire vraiment pas dingue hors Boss et l’absence de cancel une fois un mouvement enclenché.
L’équipe se compose de 3 personnages sur le terrain contre 6 au total, déblocables lors de l’aventure. Chaque personnage dispose de force et de faiblesses en fonction du type d’opposant, et le switch de personnage se fait le plus simplement du monde en appuyant sur « Carré ». Instantané, ce dernier permet d’optimiser au mieux les situations. Le groupe de 6 se compose de 3 genres : Les combattants classiques : Dana et Adol. Les combattants rapides : Laksha et Hummel, et les lourds : Sahad et Ricotta. L’attaque se fait avec « Croix » et là encore, ça tape vite et le Lock avec « Triangle » ainsi que la possibilité de changer de cible à la demande sont évidemment possibles. Le saut avec « Rond » donne encore plus de mouvement et de liberté, d’autant qu’il est possible de taper en l’air. Et si ce mapping de bouton vous dérange, il est possible à tout moment de le modifier dans les options.
Après ces quelques bases, le jeu ne s’arrête pas là. En effet, chaque personnage dispose de plusieurs attaques spéciales utilisant des SP. Ces SP se récupèrent avec des attaques normales. Pour déclencher ces attaques, il faut maintenir R1 et appuyer sur un des 4 boutons d’action du pad, en fonction de comment vous avez agencé votre panel. Très malléable donc, ce système a de quoi rappeler des mécaniques de Beat them all 3D.
D’ailleurs contrairement à un Tales of Arise beaucoup plus orienté sur le modèle Action RPG, (un jeu reposant plus sur des statistiques que sur des réflexes), Ys VIII s’approche un peu plus du sentiment réel de jouer à un BTU au point d’embarquer une esquive et une garde inspirée du Witch time event de Bayonetta et une disposition dans les combats permettant vraiment son utilisation (Là où Star Ocean 6 cafouille un peu). Ces commandes permettent de ralentir le temps si elles sont réalisées juste avant impact. Cet élément, s’il est maîtrisé, offre un champ des possibles vraiment large et contribue à donner à ce Lacrimosa of Dana un dynamisme de dingue.
Plus encore, les innombrables attaques spéciales à acquérir peuvent prendre des niveaux et donc gagner en puissance à mesure que vous les utilisez sur le terrain. Et point d’orgue accentuant un sentiment de puissance déjà quasiment au niveau maximum, l’intégration de furies dévastatrices à déclencher pour chacun des 6 personnages, qui sont mises en valeur par de superbes illustrations explosant à l’écran pour le plus grand bonheur des yeux.
Structure et camp de base
Dans un RPG ou un jeu d’aventure, quand le Gameplay s’harmonise avec le Level Design, c’est vraiment un gros plus. Sur ce point, Ys VIII fait bien les choses, puisque la carte de l’île amène une bonne part d’exploration, des donjons intérieurs et leur lot de couloirs sinueux. A l’aide d’items clefs que vous trouverez durant votre périple ou, au fur et à mesure que vous allez retrouver les naufragés de nouveaux endroits de l’archipel, de nouvelles routes vont se débloquer. Le sentiment de progression est agréable et en totale adéquation avec la grosse quête principale du début de l’aventure, à savoir tracer une carte de l’île à la demande du capitaine du bateau. Capitaine qui va devenir également le chef du campement et qui par votre entremise va l’étoffer. Ce camp est une sorte de Hub dans lequel vous pourrez au fil des heures jouées, voir apparaître vendeurs, forgerons, le craft de manière générale et pas mal d’autres métiers qui vous aideront dans votre quête.
Cependant, Seiren est un lieu dangereux et régulièrement, votre base de fortune va subir les assauts de bon nombre de créatures désireuses de la mettre à sac. Un mode de défense de camp vous demandant de tuer le plus rapidement possible des vagues d’ennemis va donc venir ponctuer le récit. Dans ce mode vous pourrez profiter de quelques défenses et appâts à votre disposition et qu’il faudra placer le mieux possible ainsi que protéger.
À partir de ce moment du test, vous savez tout ou presque sur les grandes lignes qui constituent Lacrimosa of Dana, si ce n’est quelques éléments de jeux liés à la fameuse Dana justement et que je préfère vous laisser découvrir afin de garder la surprise. Avant de conclure, quelques lignes sur le dernier point à aborder, celui du rendu visuel.
Un visuel qui vieillit bien
Si Ys VIII ressort sur PS5, il ne s’agit là que d’un portage et le jeu reste bel et bien un titre conçu sur les bases du Hardware de la Ps Vita. De fait, il ne faut pas s’attendre à un jeu à la pointe des technologies actuelles. Par ailleurs, avec une résolution et une fluidité maximale, le jeu comme son itération PS4 reste très plaisant à jouer. De plus même si la modélisation 3D est d’un autre temps, l’ambiance globale du titre et les jolis environnements soutenus par des lumières bien senties et une colorimétrie soignée, fait illusion au point de proposer de très beaux environnements. Certains environnements intérieurs se dévoilant dans la seconde partie du jeu sont vraiment très esthétiques grâce à un travail de texturing réellement soigné.













