Prince of Persia: The Lost Crown a été effectué sur Playstation 5
La saga Prince of Persia, initiée par Jordan Mechner en 1989, a connu des hauts et des bas, notamment avec son passage à la 3D. Cependant, le renouveau est survenu en 2003 avec Les Sables du temps, développé par Ubisoft. Et, malgré quelques épisodes produits à Montréal, la série a fait une pause en 2010, probablement en raison du succès croissant d’un spin-off : la célèbre licence d’Assassin’s Creed.
Nous voilà donc avec un nouvel opus que l’on n’attendait plus, et en s’attaquant à une référence du genre tombée dans l’oubli, Ubisoft se devait de nous surprendre et de nous séduire tout en préservant l’essence originelle du jeu. Et je vous avouerai que ce n ‘était pas gagné !
Dans cette aventure captivante, nous prenons le rôle de Sargon, un membre des Immortels, l’élite des soldats perses, lancé à la poursuite de Ghassan, Prince de la Perse enlevé et entraîné de force par Anahita une des immortelles au Mont Qaf, une citadelle maudite par le temps. Sargon et ses six compagnons d’armes, des guerriers chevronnés aux personnalités distinctes, se dispersent dans la citadelle pour retrouver le prince. Cependant, un complot obscur se dessine, compliquant rapidement les choses.
Observer les réactions des immortels face aux retournements de situation et aux évolutions de l’histoire est une source de plaisir. Chacun possède sa propre philosophie et réagit de manière unique aux mystères du Mont Qaf. Cette approche enrichie d’un Métroidmania, avec des cinématiques de qualité, davantage de dialogues et un arc narratif élargi, apporte une dimension bienvenue au genre.
Un retour aux sources ?
Le jeu commence par une cinématique nous montrant le royaume de Perse en proie au Chaos et aux batailles sanglantes… un monde prêt à tomber!
Et nous découvrons les sept soldats d’élites appelés « les immortels » qui changent le cours de la bataille et de l’histoire.
Nous découvrons également Sargon, notre héros et personnage principal, qui, au cours d’un combat dur et acharné, finit par vaincre cet adversaire redoutable.
Victorieux, avec ses frères et sœurs d’armes, il rejoint le palais de la famille royale où il reçoit les honneurs. Alors que nous sommes en train de savourer la victoire, la Reine Thomyris nous fait savoir que son fils a été enlevé. Une traque se met en place et nous mène au mont Qaf, mystérieuse cité antique divine, fief de Symorgh ,Dieu du temps et de la connaissance qui a disparu trente ans auparavant.
En découvrant les corps putréfiés de ceux qu’ils poursuivaient, Sargon et les immortels comprennent vite qu’il y a un mystère qu’il faut éclaircir et décident alors de se séparer pour explorer plus facilement les différentes zones de recherches .
C’est ainsi que nous nous retrouvons seuls avec Sargon et ses deux fidèles lames Qaīs et Laīla pour explorer ce nouveau monde qui se dévoile, et notre aventure commence.
Nous comprenons alors que ce jeu n’est pas un retour aux sources, autant par son style graphique en 2D ou 2.5D à l’instar de Prince of Persia les sables du temps paru en 2003, que par ce nouveau mode de jeu . On est plus dans un simple jeu d’aventure, on y découvre un palais que l’ on doit dévoiler au fur et à mesure de notre progression et de nos combats. Et le choix graphique de mélanger le défilement linéaire et des éléments 3D est une première surprise, mais qui s’explique par la suite.
En proposant une expérience « in game » , on pourrait croire qu’Ubisoft va nous offrir un jeu typiquement « néo rétro » sans réelle mise en scène et là encore, surprise, nous nous apercevons qu’il y a une histoire, une intrigue qui se matérialisera par les dialogues disséminés au cours du jeu (mais nous y reviendrons un peu plus tard).
Durant la narration, nous apprenons que Sargon, le « héros » de cette aventure n’est pas un Prince de Perse mais un guerrier chargé de le protéger, ce qui d’ailleurs avait provoqué les foudres des puristes lors des premiers teasers.
C ‘est pour tous ses éléments que l ‘on peut dire que ce nouvel opus n’est pas un simple retour aux sources mais plutôt un renouveau de la licence que nous propose Ubisoft Montpellier.
Un renouveau du Metroidvania?
Sous la forme d’un niveau unique se dessine la « carte du monde » (il suffit d’ appuyer sur le pavé tactile pour l’afficher et s’en rendre compte), que nous nous retrouvons très vite à explorer et ,après quelques heures de jeu, à errer dans ce monde mystérieux.
La première chose que l’on décèle est donc la possibilité de chemins multiples ! Ce mont Qaf est divisé en plusieurs macro univers à la faune , au bestiaire et au visuel unique (un palais, une forêt hyrcanienne ,les profondeurs des sous sols…). Chacun d’ entre eux étant connecté à un autre, ces différents « niveaux » se découvrant soit par l’exploration comme nous l’avons dit précédemment, soit par l’acquisition de nouveaux pouvoirs.
Et c’est une des caractéristiques qui est propre à ce genre de jeu. Faut-il vraiment rappeler que cela fait référence au jeux Metroid et Castlevania , deux hits de 1989 qui ont révolutionné le genre du jeu d’action mêlant aussi l’exploration ?
Au cours de notre voyage, nous allons très vite découvrir des personnages qui peuvent nous être d’une aide très précieuse pour progresser. On a donc un d’autres éléments de ce type de jeux, notamment la présence de PNJ qui s’avéreront très utile en temps voulu (la forgeronne « Kaheva » qui vient améliorer armes et amulettes, la marchande « La Mage » qui vient vendre des équipements, ou encore la jeune « Fariba » qui vient vendre des morceaux de cartes…).
Et pour obtenir de quoi les payer, pas de solution miracle, il faut explorer afin de trouver des trésors mythiques disséminés un peu partout et combattre pour obtenir les ressources nécessaires pour en acheter .
Tout est pensé pour que même une personne qui n’est pas habituée puisse s’y retrouver et prendre plaisir à jouer. Notons au passage qu’Ubisoft a pensé dès le début du jeu à nous faire choisir entre différentes difficultés, ce qui nous permet de partir sur l’expérience la plus adaptée, mais nous vous laissons le choix de le découvrir. Et ceci est important de le souligner, c’est très rare de pouvoir choisir l’ expérience de jeu dans un metroidvania.
Bien entendu , comme dans tous les jeux classiques de ce genre, nous retrouvons toutes les séquences de sauts et saltos : s’accrocher aux drapeaux comme un acrobate, bondir sur des plateformes plus ou moins inaccessibles dont il faudra faire montre de dextérité pour y parvenir (il y a une combinaison de sauts et pouvoirs pour les atteindre, donc ouvrez bien les yeux ), sans compter toutes les quêtes principales et secondaires pour obtenir des pouvoirs ainsi que plusieurs objets spécifiques (médaillons, items à collectionner,…).
Mais nous avons aussi été surpris par un aspect qui le différencie de tout autre metroidvania : c’est la présence forte de la narration dans ce jeu et la place que cela prend pour nous donner une histoire qui tient la route et ce, via des cinématiques incroyables en cell-shading totalement maîtrisée et par ces dialogues avec les PNJ qui vous expliquent, vous informent, vous dirigent.
Cette narration a une place très importante dans le jeu et c’est ce qui fait sa force, il en devient moins linéaire et plus intéressant !
Même si on peut trouver que le choix d’un système de dialogue et la discussion fixe passant d’un personnage à l’autre est un peu « lourd », nous aurions préféré des cinématiques automatiques dignes de l’introduction ou, carrément, de pouvoir tout skipper . On va retenir pourtant que les doublages sont plutôt de bonne facture, et qu’il est possible de mettre la langue persane pour plus d’ immersion (tiens, Ubisoft se souvient de l’accueil positif qu’il y avait eu sur Assassin Creed Mirage). Pour les personnes qui avaient apprécié les dialogues dans le jeu Hadès , vous y trouverez votre bonheur.
Nous avons donc bien ici tous les codes du metroidvania mais agrémenté des nouveaux codes actuels normalement réservés aux studios indépendants, et Ubisoft tente de montrer qu’il peut faire aussi bien qu’ Hollow knight ou Metroid dread. Revenir à un savoir-faire français et montrer qu’ils sont toujours là pour nous surprendre et ce, y compris dans la direction Artistique et le gameplay.
Un gameplay et une direction Artistique assumée
Tout d’abord, dès le début du jeu , nous avons une histoire qui nous est contée à travers une cinématique qui montre tout le savoir-faire de Ubisoft, a travers son look « cartoon « qui peut déplaire à certains, on y découvre nos différents protagonistes en plein combat , et notre premier boss va se présenter à nous. Et première rencontre, première surprise : nous avons quelques « didacticiels » pour nous mettre dans le jeu et donner les bases pour combattre. Sargon, lorsqu’il combat avec ses épées, laisse apparaitre des traînées bleues. Un appui simple donne un coup d épée et si on maintient celui-ci, cela donnera une attaque chargée. Lors de celle-ci, nous n’avons pas pu nous empêcher de sourire de par le clin d’œil évident à DBZ.
Tout est pensé pour que même un novice puisse prendre facilement le jeu en main. Combattre ce Boss ne sera pas si évident, il faudra déjà repérer des faiblesses et apprendre son cycle pour pouvoir le vaincre. Nous noterons le choix de mettre des « Super combos » qui s’activent en remplissant une jauge et en ramassant des cristaux ou Athra sur nos ennemis vaincus. Ceux-ci se matérialisent par l’ insertion d’une cinématique agréable à regarder, que ce soit du côté de notre héros mais aussi de nos adversaires (boss ou mini boss).
Sargon a toute une panoplie de coups qui viennent étoffer ses actions au fil de vos découvertes et de vos explorations. Ainsi, si vous le trouvez, vous pourrez posséder, par exemple, l’ arc de Menolias. Une multitude de capacités venant s’ajouter soit par l’ achat ou l’amélioration d’amulettes dans la boutique, soit en les trouvant lors de votre exploration. Ces amulettes ayant chacune une spécificité comme par exemple l’amulette « oiseau de prospérité » qui vous permet de savoir si a proximité se trouve un coffre ou un objet caché, ou encore celle du « roi dragon » qui protège d un coup mortel…nous vous laissons découvrir le reste au cours de votre jeu.
Vous ne pourrez porter qu’un nombre spécifique d’amulettes et de coups spéciaux (comme la « vague de Vayu« ) et on ne peut les changer qu’auprès d’un arbre Wak Wak que vous allez découvrir au gré des niveaux , qui fait aussi office de point de sauvegarde et de restauration de vie …
En ce qui concerne les différents niveaux, ou plutôt zones d’exploration, elles ont tous des ennemis , une faune, une flore, et un habitat spécifique et chaque lieu a sa propre atmosphère, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Comme vous l’avez compris, The Lost Crown est avant tout un jeu d’exploration, de plateforme et de combat, le tout dans une ambiance musicale qui colle bien au jeu même si on peut regretter qu’elle ne soit pas un peu plus marquante. Nous n’avons pas de titre qui resteront en mémoire et pourtant, Ubisoft a fait appel à un duo de choc : l’artiste Iranienne Samar Rad alias Mentrix d’un côté et Gareth Coker (qui a travaillé sur Ori and the will of the wisp ou encore Mario + Lapins Crétins Sparks of Hope) et de l’autre pour renouer avec le côté oriental de la saga tout en n’oubliant pas le passif rock orchestral de la licence.
Nous remarquons aussi qu’il ont aussi pensé à inclure des « fragments de mémoire« , qui est un marqueur de zone qui vous permet de prendre une zone en photo afin de pouvoir y revenir plus tard, ce qui peut s’avérer très utile du fait de retours incessants entre les zones, ne serait-ce que pour combattre et engranger de la monnaie, ou en attendant d’avoir la compétence adéquate.. D’autant plus qu’il y a très peu de voyage rapide entre les zones (est-ce un choix assumé des studios à pousser vers l’ exploration ?!).
Pour conclure, il est certain que le Prince of Persia The Lost Crown est loin de son côté originel et que le choix d’un metroidvania ne fera pas l’unanimité des joueurs. Même s’il est loin d’être un triple A, il a tout d’un très bon titre auquel on prend un réel plaisir à jouer et errer, tout en combattant ,virevoltant, glissant sous les ennemis pour mieux les vaincre.
Même si certains choix auraient pu être améliorés, comme une histoire un peu plus travaillée, ou avoir des dialogues sous forme de cinématiques ,l’expérience In Game reste immersive ,jouissive et prenante. C’est un premier pas prometteur pour Ubisoft dans ce type de jeu dans lequel on ne l’attendait pas forcément.












