Test et screenshots de Kunitsu-Gami : Path of the Goddess effectués sur Xbox Série X à partir d’un code fourni par l’éditeur. Merci à lui !
Kunitsu-Gami : Path of the Goddess, c’est en quelque sorte le respect d’une tradition chez Capcom. En effet, l’éditeur nippon a toujours mis un point d’honneur, moyennant le succès commercial de ses licences majeures, à proposer au moins une œuvre originale loin des standards imposés par les tendances du moment.
Ainsi, quand le monde n’avait d’yeux que pour Gran Turismo et son « réalisme », Auto Modellista et son cell-shading chatoyant pointa le bout de son capot. Alors que quelques abrutis (NDR : navré, mais j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de qualificatifs moins vulgaires pour ces gens-là) se battaient au Virgin pour obtenir la sacro-sainte Playstation 2, Capcom présentait son Capcom Five exclusif à une Game Cube en mal de reconnaissance.
Boudé par les joueurs PS2, Okami eut en partie la reconnaissance qu’il mérite au travers d’une adaptation sublime sur une Wii qualifiée de « console de casual » par une caste auto-proclamée et ridicule de soi-disant « gamers ».
Les exemples sont nombreux et la démarche est d’autant plus louable aujourd’hui sur un marché où la rentabilité prime au détriment de l’originalité et où les prises de risques sont souvent sanctionnés par des joueurs pour qui seuls des graphismes en 4K et 60 FPS minimum font les bons jeux.
Alors, au nom de tous les joueurs pour qui le jeu vidéo, c’est avant tout du gameplay, de l’innovation ou encore un moyen éphémère de s’évader de la réalité, MERCI Capcom !!! Mais parce qu’un produit frais n’est pas forcément un bon produit, qu’en est-il de ce Kunitsu-Gami : Path of the Goddess ?
« A cheval neuf, vieux cavalier » Proverbe espagnol.
Au cœur d’un Japon médiéval baigné par les traditions et les croyances surnaturelles, Soh est un guerrier mystique chargé de protéger la prêtresse Yoshiro, seul rempart face aux ténèbres qui envahissent mont sacré Kafuku.
Aidé par les villageois qui n’hésiteront pas à prendre les armes pour défendre leur village victime de la « souillure », notre héros devra escorter et soutenir la jeune fille aux pouvoirs divins pour purifier la région. L’ambiance rappelle fortement Okami dont la parenté s’affirme jusque dans les costumes supplémentaires offerts dès le premier lancement du jeu.
Sous ce postulat éculé du combat du bien contre le mal se cache une proposition originale combinant plusieurs types de gameplay. En effet, la présence de Yoshiro sur le champ de bataille sera notre principale préoccupation puisque, même si le joueur incarne Soh, sa mort sera synonyme de fin de partie.
Il faudra donc alterner librement en fonction de la situation entre action directe avec notre guerrier armé de son épée et de quelques sorts sélectionnés préalablement et placement stratégique des villageois que la magie transformera en combattants aguerris, en shaman, ou encore en sumo.
« Attendez la nuit pour dire que le jour était beau » Proverbe breton.
Le déroulement d’une partie de Kunitsu-Gami : Path of the Goddess se divise en deux phases majeures : le jour, vous amasserez des cristaux, une sorte de monnaie, récoltée en purifiant la faune et la flore alentours, contre laquelle vous pourrez convertir les villageois en l’un des douze métiers disponibles.
Par exemple, l’archer et l’arquebusier s’occuperont des menaces aériennes. Le sumo, le bûcheron ou le lancier, focaliseront sur des ennemis à pieds, tandis que les ascètes, les voleurs ou encore les shamans seront d’excellents soutiens pour faciliter les combats.
Tant que le soleil n’est pas couché, Soh peut également « ouvrir la voie » à Yoshiro jusqu’aux Torii démoniaques qu’elle désenvoutera grâce à une danse traditionnelle du plus bel effet. Mais le chemin est long et la prêtresse se déplace aussi gracieusement que très lentement.
Au joueur donc de fragmenter intelligemment son parcours et la faire s’arrêter à un endroit où sa défense sera la plus efficace. Enfin, le jour permet de réparer des pièges présents dans la zone de combat. Des barrières enchantées aux canons en passant par des feux d’artifices, autant d’éléments qui ralentiront l’avancée des troupes ennemis.
La nuit tombée sera le signal du début de l’invasion des entités démoniaques, nommées Ikoku et proches cousins des Yokais. A l’instar de nos troupes, ils se composent d’une bonne variété de catégories ayant chacun leur rôle et pouvoirs pour percer nos défenses mises en place.
Et si l’intelligence ne sera pas leur point fort, la quantité, le côté effrayant de leur design très réussi et leur capacité à attaquer sur tous les fronts n’en reste pas moins efficaces. Et on se retrouverait vite débordé si il ne fallait compter que sur les aptitudes offensives de notre combattant.
Aussi, il est possible de suspendre le temps à loisir pour replacer stratégiquement ses troupes. Soh devra aussi prêter attention à ses frères d’armes et les soigner au besoin. Car autant la mort de notre héros ne sera sanctionné que par une incapacité temporaire à croiser le fer, autant vos soldats vaincus devront attendre le levé du soleil pour revenir au combat.
Et la difficulté va vite refroidir vos ardeurs de gros-bourrin-matraqueur-de-boutons tant les deux gameplays se complètent mutuellement.
Heureusement, Kunitsu-Gami : Path of the Goddess est très bien pensé et la courbe d’apprentissage suffisamment maîtrisée pour que jongler entre action spectaculaire aux commandes de Soh et stratégie en temps réel pour tout ce qui concerne la gestion de vos effectifs, soit des plus jouissif manette en main.
Certes, on reprochera à ce gameplay hybride de ne pas être aussi profond qu’un Devil May Cry, d’un Total War ou tout autre fleuron des genres auxquels il emprunte, mais le juste dosage mis en œuvre tout au long de la grosse douzaine d’heures nécessaires pour voir le bout de l’aventure reste très accrocheur.
« Quand y en a plus, y en a encore ! » Proverbe…Paic Citron !!! (je vous promets que c’est vrai ^^)
Comme si ce gameplay original ne suffisait pas, les développeurs de Kunitsu-Gami : Path of the Goddess n’ont pas lésiné sur la variété de situation pour permettre aux joueurs d’exploiter toutes la richesse de son dernier né et éviter la répétition ad nauseum de la boucle de gameplay.
Ainsi les joutes de nuit sont agrémentées de contraintes liées à l’environnement comme un marais aux eaux empoisonnées, ou un combat sur des bateaux donnant lieu à des affrontements et un bestiaire plus atypiques. Le passage dans le cimetière vous demandera même d’affronter seul les hordes ennemis et leur boss sans l’aide des villageois.
Vous aurez même à l’occasion l’impossibilité de combattre sur le champ de bataille, vous limitant ainsi à vos talents de stratège.
Vous en voulez encore ? Chaque victoire verra, certes, la libération de la zone et le retour des villageois à une vie normale, mais une dernière épreuve attends Yoshiro et son guerrier : la reconstruction des infrastructures.
Il suffit d’assigner au bon nombre de personnes l’ordre de réparer et revenir quelques jours plus tard pour valider le travail accompli, rediriger les habitants vers d’autres structures endommagées et récupérer la récompense qui en découle.
Rien de transcendant, mais ces phases se vivent comme une bouffée d’oxygène, une respiration bienvenue ou domine le plaisir contemplatif avant de repartir affronter les hordes belligérantes qui salissent le mont Kafuku.
Kunitsu-Gami : Path of the Goddess est rempli de détails qui sentent bon le travail fait avec passion. Ainsi, et les plus attentifs d’entre vous l’auront surement remarqué pendant la lecture de ce test, je ne vous ais pas dévoilé tous les métiers possibles des villageois.
Je vous laisse le plaisir et la satisfaction de leur découverte. D’autant plus que ces nouvelles aptitudes permettront de réaliser les défis facultatifs présents à chaque niveau dans le cadre d’un new game + qui devient quasi incontournable pour qui veut approfondir son expérience.
Et que dire de cette quasi obsession typiquement japonaise qu’est le sens du détail dans la modélisation de la nourriture ! Le Forza Vista de la bouffe !!
« Si cé pas 4K, cé tout caca !! » Proverbe de cons.
Ce test arrive bien après la sortie officielle de Kunitsu-Gami : Path of the Goddess.
Aussi il me paraît inutile de s’attarder longuement sur sa fiche technique, il suffit de jeter un œil sur les notes ci-contre pour se rendre compte que les développeurs de chez Capcom maîtrise parfaitement leur RE Engine pour un rendu visuel magnifique et tout aussi envoutant que l’univers musicale qui le transcende à merveille.
Première réalisation en tant que directeur musical, les mélodies et arrangements de Ken Aseem Usami nous fait aisément voyager dans le folklore nippon à grand renfort d’instruments traditionnels subtilement mélangés à des sonorités et rythmiques plus actuels.
Et même si ils ne sont pas des plus originaux, bruitages et sons remplissent parfaitement son office pour nous immerger encore un peu plus dans les aventures de la prêtresse divine et de son fidèle guerrier blanc.
Si vous voulez en savoir un peu plus sur la création de ce jeu, vous trouverez le making of en suivant ce lien.







