Raidou Remastered: The Mystery of the Soulless Army a été testé sur PS5
Test : Raidou Remastered: The Mystery of the Soulless Army
Par un esprit hanté du JRPG : « À Yôgadô, les démons n’attendent pas Halloween pour sortir de l’ombre. »
Le retour d’un marginal
Sorti à l’origine sur PS2 en 2006, Shin Megami Tensei: Devil Summoner – Raidou Kuzunoha vs. The Soulless Army faisait figure d’ovni dans le bestiaire Atlus. Un spin-off action-RPG noir rétro, qui mélange enquêtes occultes, combats en temps réel et ambiance ère Taishō ? Autant dire que ça n’avait pas fait des vagues à l’époque. Mais en 2025, Atlus nous offre un remaster PS5 dans la foulée du retour en grâce des SMT-like, avec une promesse : redonner ses lettres de noblesse à Raidou, l’exorciste en fedora.
Alors, simple cache-misère nostalgique ou vraie résurrection d’un titre méconnu ? Spoiler : ce n’est pas un simple coup de polish.
Une esthétique rétro qui assume son groove
Premier constat : visuellement, Raidou Remastered ne triche pas. Il ne cherche pas à masquer son âge mais à le sublimer. Les textures ont été affinées, le 4K tient la route, et surtout… cette DA art déco/jazz noir, mélange de polar des années 20 et de freak show surnaturel, est toujours aussi unique. Atlus a ajouté des filtres dynamiques en option (film granuleux, sépia, “noir Tokyoïte”) qui donnent une vraie personnalité à l’ensemble.
Les cinématiques ont été retravaillées, les visages redessinés à la main, et surtout, l’animation faciale a été corrigée : ça évite les moments de malaise PS2-esque. Les fans de la première heure apprécieront l’effort ; les nouveaux venus, eux, seront sans doute charmés par cette Tokyo alternative envoûtante.
Un système de combat revisité, mais pas révolutionné
C’est LE nerf de ce remaster : Raidou Remastered ne change pas fondamentalement le cœur du système de combat, mais il le fluidifie de façon très bienvenue. Finie la rigidité des déplacements, les hitboxes aléatoires et les combos limités : tout est plus rapide, plus lisible, plus nerveux. On est toujours dans de l’action-RPG avec capture et fusion de démons façon Pokémon occulte, mais les raccourcis tactiques et la gestion des invocations ont été modernisés.
Les boss bénéficient d’un rééquilibrage bienvenu, et la difficulté “Nocturne” offre un vrai challenge pour les puristes. Mention spéciale aux animations d’invocation, retravaillées façon Persona 5 Royal meets folklore japonais, qui claquent à l’écran.
Mais tout n’est pas parfait : l’IA des alliés reste parfois aux fraises, et certaines zones abusent encore du respawn aléatoire de mobs. On sent les limites du moteur de base, malgré l’enrobage.
Une enquête prenante malgré quelques lourdeurs
Côté narration, Raidou Remastered garde ce charme étrange, presque désuet, des vieux polars surnaturels. L’histoire de cette armée sans âme qui envahit Tokyo, entre manipulations gouvernementales, sectes ésotériques et expérimentations interdites, tient la route — voire fascine, dans ses meilleurs moments.
Le doublage japonais est intégral (ENFIN), avec des voix inédites enregistrées pour l’occasion. Le rythme est toujours un peu haché par des phases d’enquête parfois verbeuses, et certaines mécaniques (suivre des PNJ ou chercher un objet précis pour déclencher un événement) sentent la naphtaline. Mais l’univers, lui, reste d’une cohérence folle. Et ça, en 2025, c’est presque une anomalie.
Contenu additionnel et confort moderne
Atlus a appris de ses erreurs : ce remaster ajoute des saves rapides, une encyclopédie des démons, des galeries d’art et surtout, un mode New Game+ étendu. Mieux encore : des quêtes secondaires inédites, dont certaines crossovers avec Soul Hackers 2 et SMT V, font leur apparition. Fan service bien placé.
La localisation française est enfin de la partie, et elle est de qualité. Pas de contresens à la truelle ni de dialogues hors-sol. Merci Atlus.
Mass Express – Raidou Remastered en 6 points
TECHNIQUE – « Un lifting dans les règles de l’art noir »Pas de miracle de remake ici, mais un vrai remaster travaillé. 60 FPS constants, textures rehaussées, filtres stylisés, et surtout des temps de chargement quasi inexistants grâce au SSD de la PS5. Le HUD a été modernisé sans trahir l’identité d’époque. C’est du beau travail rétro-conscient, mais pas exempt de quelques archaïsmes qui grincent (pathfinding daté, hitboxes capricieuses par moments).IMMERSION – « Bienvenue à Yôgadô, là où même les chats ont des secrets »L’ambiance est là, palpable. Cette Tokyo des années 20 sauce mythologie japonaise, servie par une direction artistique cohérente et une BO jazzy/éthérée remixée pour l’occasion, nous happe. Chaque quartier a son âme, chaque PNJ son ombre. La vue semi-fixe n’est pas un problème, car le style prime sur la caméra. On regrette seulement que les animations faciales restent trop sobres dans les dialogues.LORE – « La fusion entre l’histoire, l’ésotérisme et la SF de contrebande »Du vrai Atlus. Derrière ses airs de polar occulte se cache une critique douce-amère du progrès scientifique sans conscience, sur fond de militarisme rampant. On y parle d’âmes artificielles, d’entités d’un autre plan, de sociétés secrètes. C’est du lore dense mais digeste, avec des archives bonus ajoutées pour les passionnés. Le tout parfaitement intégré.SYSTÈME – « SMT version action, avec des démons qui cognent ET réfléchissent »Le système de combat n’est pas révolutionné, mais il est largement peaufiné. Capturer, fusionner, invoquer, tout est là. Les démons ont désormais des comportements scriptables, et certaines attaques contextuelles ajoutent une touche tactique. Les menus sont plus clairs, la difficulté mieux équilibrée, et le bestiaire fait toujours plaisir aux fans d’occultisme japonais hardcore.RESPECT – « Un remaster fidèle, mais pas figé »
Atlus n’a pas trahi le matériau d’origine. Il l’a écouté, retouché là où ça comptait, sans céder à la tentation du “tout refondre pour plaire”. Les ajouts (doublage, contenu bonus, options de confort) montrent un respect rare pour les fans de la première heure, sans oublier les nouveaux venus. C’est un bel exemple de mise à jour intelligente, pas opportuniste.






