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TEST : Xenosaga 3: Also Sprach Zarathustra -Conclusion épique d’une saga culte

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

Xenosaga 3, le dernier volet de la saga imaginé par Tetsuya Takahashi sur les ruines de Xenogears, a la lourde tâche de conclure ce qui s’apparente à l’une des œuvres les plus énigmatiques et complexes que le jeu vidéo ai vu naître. Tant de questions sont toujours sans réponses après 2 épisodes ayant connu un succès commercial mitigé à la sortie. Au départ prévu en 6 épisodes, Bandai Namco, a décidé de raccourcir le projet. Monolithsoft se voient donc dans l’obligation de revoir le scénario afin de conclure avec ce dernier opus. Une histoire qui se répète puisque pour le créateur de Xenogears, qui avait déjà dû trancher dans le vif de son 1ier jeu Xenogears à l’époque où il officiait chez Square, voit encore une fois son travail amputé et son projet de saga vidéoludique charcutée de plusieurs chapitres.

À lire : les test de Xenosaga et Xenosaga 2

Rythme, construction et probables inspirations

Le rythme du jeu est donc logiquement beaucoup plus soutenu et la mise en scène plus succincte qu’auparavant. Beaucoup moins de longues cinématiques filmées et riches par leur mise en scène pour laisser la place à des phases de dialogue passant par des plans d’ensemble fixes, où l’on voit les personnages dans la scène et les conversations apparaissent dans des cases accompagnées par le portrait de celui qui parle. La majeure partie des scènes clefs disposent fort heureusement d’une mise en scène cinématographique équivalente aux précédents opus.

Aux vues du contexte des deux premiers titres, comme on peut s’en douter, la symbolique religieuse est plus que jamais présente dans cet épisode 3. On entrevoit, toujours à la manière d’un Evangelion, une forte influence des mythes chrétiens, thématiques du légendaire et préceptes Kabbalistique. Arche d’Abel, entités divines ayant lové leur esprit dans des robots, Jérusalem perdue… Tous ces éléments sont au cœur de ce Xenosaga 3 qui fait cartes sur table et conclut le scénario complexe qu’il a mis en place. La noirceur humaine et des notions très actuelles telles que le transhumanisme ou le transfert de l’esprit à travers d’autres corps dans le but d’atteindre l’immortalité, sont toujours évoquées et font partie intégrante de la trame scénaristique complexe et profonde du titre. Le jeu soutient une vraie dureté dans son propos. Il est ponctué de scènes violentes qui sont d’ailleurs une fois de plus censurées dans la version américaine mais qui ne font aucune concession dans la version originale Japonaise.

Ce 3e épisode a pour élément central le personnage de Shion, l’héroïne de la trilogie étant encore bien entourée de mystères à la fin du second volet. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette dernière a fait bien du chemin depuis le 1ier épisode. De la petite scientifique à lunettes, nous sommes passés à un personnage torturé, tenant le rôle de pierre angulaire vis-à-vis de multiples événements du script. C’est d’ailleurs par le biais d’une quinzaine d’heures de jeu et d’un 1ier DVD presque entièrement consacré à son passé, que Tetsuya Takahashi expose une bonne partie des éléments évoqués sous forme de flashback dans les 2 premiers opus. La seconde partie du jeu, et ce, jusqu’au dernier acte, est quant à elle tout bonnement brillante et déroule son plan narratif sans baisse de rythme. On peut néanmoins regretter que certaines questions restent floues et que certains personnages soient assez peu approfondis, mais c’était inévitable compte tenu de la décision éditoriale évoquée plus haut.

Si de par les titres des jeux, la référence à Nieztche est plus qu’évidente et que chaque épisode invite à la réflexion sur ce qu’est l’homme, le terreau d’inspiration de Xenosaga, tel qu’il est dévoilé dans toute la seconde partie de l’épisode 3, se focalise sur les origines et les mystères liés à la religion chrétienne. Jésus, Marie Madeleine (l’ancienne soi-disant prostitué devenue la compagne du Christ), Jérusalem… Si tous ces éléments classiques sont évoqués, on y retrouve aussi un pan bien mystérieux de la religion chrétienne. Un pan lié directement à la France, l’alchimie, aux légendes et mystères tournant en autres, autour d’un certain ordre secret répondant au nom de Prieuré de Sion (une société secrète dont l’origine reste incertaine), elle-même reliée aux Templiers, aux mystères de Rennes-le-Château et au très énigmatique Abbé Saunière.

Sans trop en dire, il est tout de même intéressant de préciser que, le personnage de Shion est, comme je le disais plus haut, un élément déclencheur dans les opérations mises en place par les divers antagonistes. La référence directe du Prieuré Sion et du personnage de Shion est plus qu’évidente. D’autant que phonétiquement Sion et Shion se prononcent de la même façon en Japonais et le nom s’écrit en 3 kana Shi-o-n (シオン). Sion est également un autre nom que l’on donne à la ville de Jérusalem. Si la traduction américaine ajoute un H, le nom original peut très bien renvoyer à Sion.

Ce fonds mystique, intrinsèquement lié au sud de la France et à la chaîne des Pyrénées est sensiblement le même que celui utilisé par Dan Brown et son Da Vinci Code. Imaginez qu’un ordre de templiers est réussit à conserver le secret de l’origine du Christ, de Marie Madeleine et d’un savoir permettant de se lier au divin, et ce, jusqu’à une époque très lointaine dans notre futur. Une époque où l’homme a quitté la Terre, découvrant par la même occasion qu’il était seul dans l’univers après l’avoir colonisé. Voilà un peu l’ambition narrative de Xenosaga III. Un matériau captivant qu’il appelle vivement à aller au-delà du jeu pour se plonger dans les multiples sujets qu’il évoque. La trilogie Xenosaga n’est que le tronc d’un arbre ouvrant une ramure quasi infinie de thématiques de recherches, de découvertes et de connaissance sur notre histoire et sur ce que nous les hommes, avons été, ce que nous sommes et ce que nous pourrions devenir.

Technique, Game design et système de jeu

Visuellement, Xenosaga 3 est encore plus fin et élégant que le second épisode et profite de l’expertise du studio sur une PS2 au crépuscule de sa vie à l’été 2006. Les personnages ont encore été améliorés et ont évolué esthétiquement, ce qui rend le gap temporel d’un an amené par l’histoire, encore plus crédible. Le meca-design toujours plus ingénieux fait la part belle à de nombreux boss impressionnants amenant d’âpres combats et les décors variés se laissent aller à quelques fulgurances esthétiques.

Les combats de Xenosaga 3 conservent un système type tour par tour, mais laissent au placard le principe de bouton d’action pour un classique menu -attaque – magie – item – attaques spéciales. Le tout est construit sur une base de personnages orientés vers des rôles particuliers : Magiciens, Tank, Samouraï, Dps… Une barre indiquant l’ordre d’attaque est présente et permet d’influer sur l’ordre d’action établi via des attaques break capables d’étourdir les ennemis. Le jeu se ponctue de combats avec les personnages et d’autres à bord des robots.

Les affrontements en robots disposant de moins de diversité en matière d’option d’attaque, peuvent s’avérer répétitifs, la faute à des boss tenant parfois le rôle de bon gros sac à PV. (C’était déjà le cas dans les anciens épisodes). De plus certaines attaques dévastatrices peuvent aboutir sur un Game Over après de longues minutes de bataille. Les affrontements à pied accueillent dans leur système, une jauge de Boost qui est utilisable, soit pour rejouer un tour avec un personnage, soit pour utiliser une attaque spéciale. Cette option est un élément tactique central du système.

L’exploration est toujours assez linéaire puisque très narrative, mais Xenosaga 3 est plus digeste à jouer que ses aînés, en partie grâce à des donjons offrant une part de recherche et quelques énigmes et un DVD 1 amenant même une liberté relative et une exploration des villes. Le second DVD lui se résume à une longue ligne droite narrative passionnante où certes l’on achète nos items directement au point de sauvegarde mais qui accumule les révélations les unes après les autres, pour prendre la forme d’un quasi boss-mode dans le dernier tiers du jeu, tant ces derniers sont nombreux.  Par ce fait c’est une série de longs combats qui demanderont une dose certaine de die n retry, d’apprentissage, un peu de chance et surtout quelques bonnes sessions de farming, afin de récupérer assez d’argent pour augmenter vos équipements, sans quoi c’est la mort assurée à chaque duel.

Musicalement, la bande-son est superbe et toujours signée Yuki Kajiura. On y retrouve globalement l’esprit de l’épisode 2. Des thèmes de qualité viennent habiter l’aventure et les divers environnements de ce Xenosaga 3. Cependant musicalement, le jeu est plus discret sur ce point que les anciens épisodes et il est même dommage que certaines scènes cinématiques, par absence de musique pertinente, manquent un peu de force. Vers la fin du jeu, les mélodies adoptent une tonalité christique et vont puiser avec brio dans les chants grégoriens, afin d’illustrer au mieux le final d’une fresque profondément hantée par des thématiques religieuses chrétiennes et kabbalistiques.

Xenosaga 3, l’ultime chapitre de la saga sidéral de Monolith Soft avait la lourde tâche de conclure et il y parvient fort bien, mais non sans concessions, puisqu’il lui a fallu bourrer au chausse-pied, avec de probables coupures de budget et au détriment du panache de sa mise en scène, un scénario prévu pour tenir au moins sur 2 voire 3 jeux supplémentaires. Monolith relègue ainsi des pans entiers de scénario dans une base de données accessible depuis le menu et qui résument textuellement des évènements passés qui étaient pour certains, majeurs dans la trame générale.

AVIS DE LA REDAC

Ainsi Monolith Soft et Tetsuya Takahashi sont parvenu à terminer cette saga du monolith. Une saga flamboyante et unique sur bien des points. Ambitieuse également, probablement trop. Mais qu’importe ! À l’ère des RPG trop souvent plan plan où édulcorés, des jeux vidéo à service, crée comme des plans de com, pouvoir découvrir ou redécouvrir une œuvre si intense, souvent cérébrale, parfois viscérale, voire même austère par moments, mais toujours intelligente, est précieux. C’est une œuvre unique et il est fort probable qu’on ne reverra plus jamais un tel projet ouvrant autant de questionnements, et qui plus est développés de cette manière dans un jeu vidéo. Xenosaga place l’existence humaine et son devenir dans un creuset où l’héritage chrétien survit au vide sidéral et éveille le divin. À travers les nombreuses phases par laquelle la trilogie fait passer le joueur, elle ouvre de nombreuses portes sur bien des sujets aussi anciens ouvrant d’intarissables questionnements. Des choses qui appellent à un réel investissement personnel si l’on veut en percer tous les secrets, et c’est ça, en réalité la véritable quête initiatique de Xenosaga.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
95
%
Graphisme
95
%
Animation
90
%
Maniabilité
70
%
Interet
100
%
Son
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Graphisme
95
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Animation
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Maniabilité
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Interet
100
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LES PLUS
  • La conclusion d'un scénario brillant et d'une rare érudition
  • Au top de ce que la PS2 peut proposer graphiquement
  • Les 10 dernières heures
LES MOINS
  • Une jeu qui se doit de conclure dans la précipitation
  • Un système de jeu solide mais sans réel panache
90
%
MEGAHIT DE LA REDAC

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