a été testé sur PS5. Merci au distributeur
Au début des années 90, le CD-ROM représentait une véritable révolution. Les développeurs cherchaient à impressionner avec des cinématiques, des voix et des graphismes jusque-là impossibles sur disquette. En 1993, The 7th Guest s’imposa comme l’un des pionniers de cette nouvelle génération grâce à son mélange de vidéos en prises de vues réelles, de décors en 3D précalculée et d’énigmes retorses. Plus de trente ans plus tard, Vertigo Games décide de ressusciter cette légende avec The 7th Guest Remake, d’abord conçu pour la réalité virtuelle avant d’arriver sur PC et consoles dans une version classique.
Le principe reste fidèle à l’œuvre originale. Vous incarnez un mystérieux esprit amnésique qui pénètre dans le sinistre manoir du fabricant de jouets Henry Stauf. Grâce à une lanterne surnaturelle capable de révéler les événements du passé, vous devrez découvrir ce qui est arrivé aux six invités conviés dans cette demeure maudite. Entre enquête paranormale, exploration et casse-têtes, le remake modernise intelligemment un monument du jeu d’aventure tout en conservant son identité si particulière.
Des murs qui racontent des cauchemars
Difficile de ne pas être immédiatement séduit par la direction artistique. Le manoir retrouve une seconde jeunesse grâce à des textures détaillées, des effets de lumière convaincants et une ambiance gothique particulièrement réussie. Chaque pièce possède sa propre personnalité : chambres d’enfants inquiétantes, bibliothèque poussiéreuse, cuisine lugubre ou salon figé dans le temps. On prend plaisir à explorer chaque recoin tant les décors regorgent de petits détails.
L’autre grande réussite vient des personnages. Fini les simples vidéos incrustées sur un fond fixe : les acteurs apparaissent désormais grâce à une technologie de capture volumétrique qui leur permet d’exister directement dans les environnements 3D. Le résultat produit un effet étrange, presque irréel, qui renforce parfaitement l’atmosphère surnaturelle. Les amateurs du jeu original regretteront peut-être le côté maladroit des anciennes séquences FMV, mais cette nouvelle approche reste particulièrement convaincante.
Une mélodie qui fait froid dans le dos
L’ambiance sonore participe énormément à l’immersion. Les musiques reprennent l’esprit des compositions originales tout en profitant d’un nouvel habillage plus moderne. Elles savent rester discrètes durant l’exploration avant de monter en puissance lorsque les apparitions se multiplient ou qu’une énigme importante approche.
Les doublages sont volontairement théâtraux, presque excessifs par moments, mais cela colle parfaitement à cette ambiance de vieux film d’épouvante des années 90. Les bruitages, qu’il s’agisse des portes qui grincent, des planchers qui craquent ou des objets manipulés, renforcent encore davantage cette sensation de visiter un véritable manoir hanté.
Les fantômes reprennent vie
L’animation impressionne surtout lors des apparitions spectrales. Les personnages semblent véritablement flotter dans les décors, offrant des scènes parfois fascinantes à observer. Les effets de lumière générés par la lanterne magique donnent également lieu à de jolies transitions lorsque le passé se dévoile sous nos yeux.
Le moteur graphique affiche une belle stabilité et les nombreuses animations environnementales rendent le manoir vivant malgré son apparente immobilité. Quelques mouvements restent toutefois un peu rigides, hérités de la version en réalité virtuelle, mais rien de réellement pénalisant durant l’aventure.
Le cerveau prend les commandes
Le véritable cœur de The 7th Guest Remake, ce sont évidemment ses énigmes. Elles sont nombreuses, très variées et souvent intelligemment intégrées au décor. Réparer un train miniature, manipuler des engrenages, préparer une étrange soupe, déplacer des meubles ou encore résoudre un labyrinthe de billes : chaque salle apporte sa propre mécanique et renouvelle constamment l’expérience.
La lanterne magique ajoute une excellente dimension aux énigmes puisqu’elle permet de révéler des indices invisibles, reconstruire certains objets ou observer le passé afin de comprendre la logique des puzzles. Les développeurs ont également ajouté un système d’indices particulièrement bien pensé qui évite toute frustration excessive sans jamais dévoiler immédiatement la solution.
En revanche, la maniabilité montre parfois ses limites. Héritée de la version VR, elle manque de précision lors de certaines interactions. Il arrive régulièrement de devoir repositionner le curseur ou recommencer une manipulation pour sélectionner correctement un objet. Rien de dramatique, mais ces petites maladresses cassent parfois le rythme de la progression.
Un classique qui traverse les générations
Au-delà de son aspect nostalgique, The 7th Guest Remake reste avant tout un excellent jeu d’énigmes. Son scénario n’est peut-être pas révolutionnaire, mais son ambiance, la variété de ses puzzles et la richesse de son univers donnent constamment envie de découvrir la pièce suivante. Avec une durée de vie comprise entre cinq et huit heures selon votre capacité à résoudre les énigmes, l’aventure trouve un excellent équilibre sans jamais devenir répétitive.
Les amateurs de réflexion y trouveront un véritable hommage à l’âge d’or du CD-ROM, tandis que les nouveaux joueurs découvriront une œuvre fondatrice remise au goût du jour avec beaucoup de soin. Quelques problèmes de contrôle empêchent toutefois le remake d’atteindre l’excellence absolue.
https://www.youtube.com/watch?v=eE7otqBESiE






