La colère ne retombe pas autour de PlayStation. Depuis l’annonce de l’arrêt de la production de nouveaux jeux sur disque à partir de janvier 2028, les réseaux sociaux continuent d’accueillir des milliers de commentaires hostiles à cette décision. Entre collection, marché de l’occasion et conservation des jeux, une partie du public refuse de voir disparaître un support qui accompagne les consoles depuis plusieurs générations.
Mais Chet Faliszek, ancien scénariste principal chez Valve ayant notamment travaillé sur Half-Life 2 et Left 4 Dead, voit les choses autrement. Dans une vidéo publiée sur YouTube, il ne s’en prend pas directement à PlayStation, mais aux habitudes prises par les joueurs eux-mêmes. Selon lui, la domination actuelle du numérique est avant tout la conséquence de plusieurs années durant lesquelles le public a progressivement délaissé les boutiques et les éditions physiques.
Faliszek vise également le succès des abonnements comme le Xbox Game Pass, dont le modèle repose entièrement sur la distribution numérique. Pour lui, les joueurs auraient dû réagir bien plus tôt en privilégiant leurs achats physiques et en refusant les modèles accélérant la transition vers le dématérialisé. En résumé, protester aujourd’hui contre la disparition du disque arrive selon lui après des années durant lesquelles les consommateurs ont largement contribué, par leurs achats, à rendre cette évolution économiquement logique pour les constructeurs.
Les chiffres de PlayStation illustrent effectivement le changement : environ 85 % des ventes seraient désormais réalisées en numérique, contre 15 % en physique. Une répartition très favorable au dématérialisé, mais les 15 % restants représentent encore un marché loin d’être négligeable. Surtout, les ventes de jeux ne racontent qu’une partie de l’histoire puisque le disque alimente également un marché de l’occasion qui échappe naturellement aux statistiques des ventes numériques neuves.
C’est justement là que la disparition annoncée du support physique pose une question plus large. Derrière le simple choix entre une boîte et un téléchargement se trouvent la revente, le prêt, la collection et la conservation des jeux. Les joueurs ont certainement participé à l’essor du numérique par leurs habitudes de consommation, comme le souligne Chet Faliszek, mais la disparition totale du disque aurait des conséquences qui dépassent largement le choix effectué au moment de passer en caisse. Et sur ce terrain, le débat autour de 2028 est probablement loin d’être terminé.

