Le jeu Marsupilami 2: Salsa Palombia a été testé sur PS5. Merci à l’éditeur pour la clé.
Après un premier épisode sympathique mais particulièrement court et facile, Marsupilami – Hoobadventure revient dans une suite qui a clairement décidé de mettre un peu plus de rythme dans la jungle. Avec Marsupilami 2: Salsa Palombia, Ocellus Studios et Microids conservent la formule de plates-formes 2D familiale tout en ajoutant de nouvelles mécaniques, trois personnages jouables et davantage de contenu. Le résultat ne révolutionne pas le genre, mais il montre que le marsupial a encore quelques tours dans sa longue queue.
Trois Marsupilamis, trois styles
La grande nouveauté de cette suite repose sur Twister, Hope et Punch, trois Marsupilamis qui possèdent chacun leurs propres capacités. Une bonne idée sur le papier, et surtout une évolution bienvenue par rapport au premier épisode.
Twister est particulièrement à l’aise dans les airs. Son dash lui permet de traverser certains passages étroits tandis que sa queue lui sert de véritable hélice pour planer et rejoindre des plateformes éloignées. Hope privilégie les déplacements verticaux avec son double saut et ses capacités de rebond, tandis que Punch peut se transformer en boule rebondissante. Ce dernier est probablement le plus amusant à utiliser : il peut traverser certains pièges, rebondir sur les obstacles et envoyer valser les ennemis.
Le changement de personnage en pleine partie permet d’utiliser la bonne capacité au bon moment. Le système fonctionne bien, même si le level design ne l’exploite pas toujours suffisamment. Certaines aptitudes paraissent indispensables dans un passage précis, puis beaucoup moins utiles ailleurs. Hope, notamment, semble parfois un peu en retrait par rapport à Twister et Punch.
Ça fonce !
Une fois lancé, Marsupilami 2: Salsa Palombia se montre beaucoup plus nerveux que son prédécesseur. Les déplacements sont rapides et les niveaux encouragent à enchaîner les sauts, dashs, rebonds et glissades sans casser son rythme.
La progression reste accessible au début. Les premiers niveaux servent clairement de mise en jambes avant de proposer des passages plus techniques. Les joueurs expérimentés pourront alors chercher à conserver leur vitesse et à réaliser les différents défis dans les meilleurs temps.
On retrouve cette sensation très arcade qui rappelle les grands classiques de la plate-forme 2D. Donkey Kong Country, Rayman et même certains mécanismes de Crash Bandicoot viennent naturellement à l’esprit. Les influences sont parfois très visibles, mais elles sont suffisamment bien intégrées pour que l’ensemble conserve son propre charme.
Une Palombia pleine de couleurs
Les différents environnements constituent une autre belle réussite. La jungle sert de terrain de jeu principal, mais le voyage nous emmène également dans une ville où les voitures, les routes et les éléments électriques viennent modifier les habitudes de déplacement. Les montagnes enneigées offrent ensuite un changement d’ambiance particulièrement réussi.
Le jeu propose également une zone finale plus surprenante, avec une atmosphère beaucoup plus fantaisiste. Certains passages utilisent la profondeur et la perspective pour donner un peu de relief à cette aventure pourtant construite autour d’un gameplay 2D. Ces moments restent ponctuels, mais ils montrent que les développeurs auraient probablement pu se permettre davantage de fantaisie.
Chaque niveau possède son lot de fruits, notes musicales, palmiers et secrets. Les dojos cachés proposent de petites épreuves supplémentaires tandis que le mode Salsa transforme certains niveaux en véritables défis de scoring. Il faut enchaîner les fruits pour conserver son multiplicateur et tenter d’obtenir les meilleures récompenses.
Une aventure qui reste courte
C’est probablement ici que Marsupilami 2: Salsa Palombia montre encore ses limites. L’aventure principale se termine relativement rapidement. Selon votre rythme et votre envie d’explorer, la durée peut varier, mais il ne faut pas s’attendre à une épopée de plusieurs dizaines d’heures.
Heureusement, le 100 % demande davantage d’investissement. Les collectibles, les niveaux cachés, les dojos, les défis chronométrés et le mode Salsa permettent de prolonger les parties. Les amateurs de complétion auront donc de quoi revenir dans les niveaux déjà parcourus.
La difficulté reste cependant assez douce. Plusieurs réglages sont disponibles, avec notamment davantage de vies ou de points de vie selon le niveau choisi. Les checkpoints sont généreux et les morts ne sont jamais réellement pénalisantes. Même dans les passages les plus exigeants, le jeu préfère encourager le joueur plutôt que lui faire jeter la manette par la fenêtre.
Les boss font moins peur
Les affrontements contre les boss sont justement l’un des points les moins convaincants. Ils se déroulent généralement en plusieurs petites phases et demandent de toucher leur point faible au bon moment. Le problème vient surtout de leur manque de résistance.
Les combats sont courts et relativement faciles à comprendre. Même en augmentant la difficulté, ils restent loin de représenter un véritable mur. Cela correspond parfaitement à l’orientation familiale du jeu, mais les joueurs habitués aux plates-formes plus exigeantes risquent de rester sur leur faim.
C’est d’autant plus dommage que le concept musical autour des boss aurait pu permettre des affrontements beaucoup plus spectaculaires. Les différents styles musicaux donnent quelques bonnes idées, mais les combats se terminent parfois avant même que l’on ait vraiment le temps d’en profiter.
À deux, c’est une autre histoire
S’il y a bien une fonctionnalité qui mérite une mention spéciale, c’est la coopération locale. À deux, les niveaux prennent une toute autre dimension. Les joueurs doivent parfois se répartir les personnages et chacun finit rapidement par avoir ses petites préférences.
Cette coopération crée surtout une foule de petites rivalités totalement inoffensives. Qui récupérera le fruit ? Qui atteindra le toucan en premier ? Qui terminera le dojo avec le meilleur score ? Rien de tout cela n’est vraiment sérieux, mais c’est justement ce qui rend les parties agréables.
Le Battle Dojo va encore plus loin avec plusieurs mini-jeux compétitifs. Football façon arcade, affrontements autour de la peinture et autres épreuves rapides permettent de changer complètement de rythme. Ces activités sont simples, mais particulièrement efficaces pour une soirée entre amis ou avec les enfants.
En revanche, certains boss deviennent presque anecdotiques à deux, les joueurs pouvant multiplier les attaques. Le level design n’est pas non plus systématiquement pensé pour deux personnages. Mais dans l’ensemble, la coopération apporte une vraie plus-value.
Une jolie fête pour les yeux
Visuellement, Marsupilami 2: Salsa Palombia fait plaisir à voir. Les couleurs sont vives, les environnements fourmillent de détails et la direction artistique colle parfaitement à l’univers du personnage.
La jungle déborde de végétation, la ville possède une ambiance beaucoup plus électrique et les montagnes enneigées proposent certains des plus beaux décors du jeu. L’ensemble reste très cartoon, avec des animations particulièrement soignées pour les trois héros.
Les Marsupilamis bougent constamment et leurs animations renforcent leur personnalité. Les déplacements restent lisibles même lorsque l’action accélère. La caméra dynamique accompagne correctement les séquences plus spectaculaires sans perturber la jouabilité.
Une bande-son qui pouvait aller plus loin
La partie sonore accompagne efficacement cette ambiance colorée. Les musiques sont agréables, rythmées et suffisamment entraînantes pour accompagner les courses à travers Palombia.
Le concept de la mélodie maudite et des boss liés à différents styles musicaux aurait toutefois mérité une exploitation plus ambitieuse. Le rock, le jazz ou encore l’électro auraient pu donner lieu à des niveaux beaucoup plus distinctifs. Les thèmes des boss reprennent certaines de ces influences, mais les affrontements étant courts, l’idée reste finalement sous-exploitée.
Quelques bruitages pourront également sembler familiers aux habitués des jeux de plates-formes. Rien de dramatique, mais cela participe à cette impression générale d’un titre qui assume beaucoup ses références.
Une suite qui garde les pieds sur terre
Marsupilami 2: Salsa Palombia ne cherche pas à réinventer la plate-forme 2D. Il préfère améliorer la formule du premier épisode et ajouter suffisamment de nouveautés pour rendre l’aventure plus intéressante. C’est probablement la bonne direction.
Le jeu aurait cependant gagné à proposer davantage de types de niveaux vraiment différents. Les grands classiques du genre savent parfois casser complètement leur propre rythme avec une idée inattendue, un véhicule, une séquence musicale ou un changement radical de gameplay. Ici, la formule reste assez traditionnelle du début à la fin.
L’ennemi récurrent et le manque de variété de certains adversaires renforcent également cette sensation de déjà-vu. Mais le plaisir de déplacement, les décors réussis et surtout le contenu multijoueur compensent largement ces petites faiblesses.










