Les jeux Resident Evil 2, 3 et 4 ont été donnés par Capcom. Merci à eux.
Leon Kennedy, Jill Valentine et Claire Redfield débarquent chez Nintendo avec trois remakes qui ont largement fait leurs preuves sur PS4 et les consoles next-gen. De quoi transformer chaque trajet en métro, chaque pause déjeuner et chaque soirée sous la couette en session de survival horror ?
Oui, mais avec quelques réserves. Car si ces portages s’en sortent globalement avec les honneurs, tout n’est pas rose dans les rues de Raccoon City (ni dans les campagnes espagnoles d’ailleurs !).
Resident Evil 2 : Raccoon City montre ses plus beaux zombies !
Replonger dans Resident Evil 2 Remake, c’est retrouver l’un des plus beaux hommages jamais rendus au survival horror. L’exploration du commissariat, les munitions qui manquent toujours au pire moment, les couloirs plongés dans l’obscurité : la formule fonctionne toujours aussi bien. Et sur Switch 2, le plaisir est intact.
La bonne surprise vient de la fluidité générale. Le jeu reste agréable à parcourir, les affrontements conservent leur nervosité et l’ambiance demeure particulièrement efficace. En mode portable, l’immersion fonctionne même très bien, écran en main.

Mais puisque nous avons déjà arpenté les couloirs du commissariat sur d’autres consoles moins récentes, impossible de ne pas comparer (et c’est le but de ce test, cela dit).
Et c’est là que le bât blesse (un peu). Le rendu graphique est perfectible, avec une finesse d’image qui aurait mérité davantage de soin. Certains détails et certaines textures manquent de précision, et quelques imperfections visuelles viennent rappeler que cette version a dû composer avec les contraintes du support.
Rien de rédhibitoire, heureusement, mais cela fait, à minima, sourire. Le jeu reste néanmoins beau et conserve l’essentiel de ses qualités.
Mais face à une version PS4 vieillissante par exemple, la Switch 2 ne signe pas une démonstration graphique : elle propose surtout une adaptation convaincante d’un titre qui n’a rien perdu de son efficacité.
Resident Evil 3 : Jill Valentine fait s’envoler les têtes !
Plus nerveux, plus spectaculaire et sensiblement plus orienté action, Resident Evil 3 Remake reste un épisode à part dans cette trilogie. Certes, les débats sur sa durée de vie (nous vous en parlions ici) et les coupes par rapport au jeu original sont toujours d’actualité.
Mais une fois la manette en main, difficile de nier l’efficacité de cette course-poursuite permanente avec Nemesis.

Sur Switch 2, le résultat est franchement satisfaisant. Les décors conservent leur identité, les effets lumineux participent à l’atmosphère et l’action reste fluide. Les rues dévastées de Raccoon City font toujours leur petit effet, tandis que les séquences les plus spectaculaires conservent une bonne partie de leur impact.
La comparaison avec le remake original est ici plutôt favorable. On retrouve une expérience très proche dans ses grandes lignes, avec des concessions visuelles qui ne bouleversent pas la formule. Certes, quelques défauts graphiques peuvent se manifester, mais ils ne suffisent pas à gâcher l’aventure.
C’est finalement un portage facile à recommander aux joueurs qui souhaitent retrouver cet épisode sur une console hybride.
Pas de révolution, pas de miracle technique, mais un jeu qui fait ce qu’on lui demande : nous divertir !

Resident Evil 4 : Le Roi Leon
C’est évidemment le morceau de bravoure de cette compilation (comme détaillé dans notre test). Plus récent, plus ambitieux et plus exigeant techniquement, Resident Evil 4 Remake représente un défi autrement plus sérieux pour la Switch 2.
Et le résultat force le respect : parvenir à faire tourner cette relecture moderne d’un monument du jeu vidéo sur une console hybride reste une belle performance.

Les environnements sont riches, l’action est soutenue et les affrontements conservent toute leur intensité. La campagne espagnole n’a rien perdu de son charme sinistre, et retrouver Leon dans ces conditions est un vrai plaisir. La fluidité générale est satisfaisante, même si les séquences les plus chargées, tout comme certains bugs graphiques, rappellent parfois les limites de la machine.
Face aux autres versions, les compromis sont plus perceptibles. L’image peut manquer de finesse, certains détails graphiques sont moins convaincants et quelques imperfections viennent ternir un ensemble pourtant solide.
Le jeu reste beau, mais il ne faut pas s’attendre à retrouver exactement le même rendu que sur une console de salon.

Et puis, il y a ce problème franchement agaçant : les sauvegardes. Dans mon expérience, les temps d’attente sur ce quatrième épisode sont particulièrement longs. En tout cas bien plus longs que dans les épisodes 2 et 3, ce qui casse un peu le rythme.
C’est d’autant plus regrettable que le reste de l’expérience est plutôt convaincant.
Les vibrations : le vrai boss final de ces portages !
Il y a cependant un point qui mérite une mention spéciale, et pas vraiment pour les bonnes raisons : les vibrations de la Switch 2.
Sur le papier, les retours haptiques doivent renforcer l’immersion. Mais que cela soit dans l’épisode 2, le 3 ou le 4, je les ai trouvés franchement atroces en jeu. Trop présentes, désagréables dans certaines situations, elles finissent par attirer l’attention sur la manette plutôt que sur l’action. Et dans une série qui repose autant sur la tension et l’atmosphère, c’est particulièrement dommage.
Le ressenti ne me convainc donc pas : au lieu de renforcer la peur ou de souligner les impacts, ces vibrations deviennent une nuisance dont on aimerait rapidement se débarrasser. Dommage qu’une option censée améliorer l’immersion devienne l’élément le plus agaçant d’une partie !

