Il aura fallu attendre plus de trois décennies pour découvrir l’un des secrets les plus insolites de StormLord. Sorti en 1990 sur Mega Drive, le jeu de fantasy développé à l’origine par Hewson Consultants cachait un code permettant de retirer les vêtements de certaines créatures féeriques. Une trouvaille réalisée par le passionné Bo Bayles, alias Rings of Saturn, en explorant le code de cette version 16 bits.
À l’époque, les jeux vidéo n’hésitaient pas à jouer avec la censure et la provocation. À la fin des années 1980, plusieurs productions sur ZX Spectrum, Amstrad CPC ou Commodore 64 tentaient déjà de glisser des images suggestives dans leurs graphismes, tandis que leurs jaquettes se montraient parfois bien plus audacieuses. StormLord, paru en 1989 sur plusieurs ordinateurs, s’inscrivait dans cette tendance avec son univers fantastique inspiré des mythologies nordiques et des films d’heroic fantasy de l’époque.
Mais lors de son adaptation sur Mega Drive, Sega a visiblement préféré calmer le jeu. Les petites créatures qui apparaissaient dénudées dans certaines versions se sont retrouvées couvertes de bikinis bleus, bien loin des tenues que l’on pourrait attendre d’un univers nordique. Cette modification est passée relativement inaperçue, d’autant que le jeu n’a même pas bénéficié d’une sortie européenne sur la console de Sega.
C’est en examinant les entrailles de cette version que Bo Bayles a découvert plusieurs codes de triche, dont celui permettant de faire disparaître les vêtements des pixies et des petites fées installées dans des pots de fleurs. Le résultat est évidemment très sage selon les standards actuels, mais la découverte reste amusante : la version Mega Drive avait bien été programmée avec ces graphismes non censurés avant qu’ils ne soient modifiés.
Cette trouvaille soulève une question intéressante : pourquoi avoir pris la peine de masquer ces quelques pixels ? Une hypothèse avancée serait que cette retouche visait à faciliter une éventuelle localisation du jeu sur les marchés asiatiques. Rien ne permet toutefois de confirmer officiellement cette explication.
Le code secret n’était pas la seule surprise cachée dans le jeu. L’exploration a également permis de mettre au jour un générique de fin dissimulé, ainsi que trois codes de triche déjà connus permettant d’obtenir des vies supplémentaires, de gagner du temps ou de passer un niveau. Il s’agit du deuxième code de nudité découvert par Bo Bayles, après une précédente enquête sur ce type de fonctionnalité cachée dans les jeux vidéo.
Les fameux « Nudity Codes » ne sont donc pas nés avec Tomb Raider en 1996 ou Mortal Kombat II en 1993. Bien avant ces titres, certains développeurs tentaient déjà de contourner les limites techniques et les règles de censure pour glisser quelques images osées dans leurs productions. Une pratique qui a également contribué au succès de jeux comme Gals Panic au Japon.
Avec cette découverte, StormLord rappelle que les jeux rétro recèlent encore des secrets insoupçonnés, parfois enfouis depuis 1990 dans quelques lignes de code. Et si les fées de la Mega Drive n’ont finalement rien de bien sulfureux, elles auront au moins réussi à faire parler d’elles 36 ans plus tard.
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