Après un premier épisode incroyable, avec la volonté de préserver une approche orientée action, contrairement à la licence Yakuza, qui s’est dirigée vers un système de RPG au tour par tour, la série Judgment revient avec un deuxième épisode qui semble tout aussi qualitatif. Yagami retrousse ses manches pour une nouvelle enquête. C’est l’heure du jugement !
Une affaire de harcèlement scolaire
C’est une nouvelle affaire scandaleuse qui vous tend les bras, avec pour thème le harcèlement scolaire. Une aubaine pour le cabinet d’avocats Genda, ainsi qu’une nouvelle mission pour le duo de détectives Takayuki Yagami et Masaharu Kaito. Le sujet est traité avec beaucoup d’implication et de sérieux, sans trop en dévoiler sur l’intrigue principale qui en découle. L’enquête nous mène directement au lycée Seiryo, avec pour seule piste un indice troublant. Les événements s’enchaînent et les révélations apportent des réponses qui soulèvent de nouvelles questions au fil de cette investigation. Le domaine de la justice est toujours aussi présent, et des personnages forts rendent l’aventure encore plus immersive, à la manière d’un polar de grande qualité. Il est recommandé de choisir le doublage japonais, tant les performances des acteurs rendent justice à la licence.
Le jeune tigre peaufine son style
Ce qu’on peut dire de ce second épisode, c’est qu’il ne fait pas totalement dans le réchauffé. Notre détective n’a pas chômé depuis sa dernière escapade, avec une amélioration de son style de combat, toujours aussi bien chorégraphié, et de nouvelles techniques qui envoient, excusez-moi l’expression, « du pâté ». C’est beau, c’est fluide et ça fait mal aux voyous. Que demande le peuple ? Les coups spéciaux sont d’une violence et d’une puissance incroyables, ce qui est un gage de qualité, car le studio en charge du développement nous a toujours habitués à du sensationnel.
Yagami n’a pas vraiment changé de style vestimentaire non plus, toujours très urbain et décontracté, à l’image de la ville de Kamurocho. La progression du personnage ne change pas vraiment : cela reste classique, mais toujours aussi efficace. Une application disponible sur le smartphone, sous le nom « Aptitudes », vous permet de faire évoluer les caractéristiques de notre détective (statistiques, aptitudes, Tigre, Grue, Serpent, aptitudes spéciales). Le style du Tigre est plus violent, plus brut de décoffrage, tandis que le style de la Grue est plus fin, mais tout aussi redoutable. Enfin, le nouveau style de kung-fu, le Style du Serpent, que je trouve au-dessus de la mêlée, est le plus amusant. Quant aux aptitudes spéciales, elles sont réservées à des compétences parfois futiles, mais utiles, comme l’art de prendre une photo de qualité ou de devenir un maître de la filature.

Yagami le citadin
Ce ne sont pas les activités qui manquent à Kamurocho. Les plaisirs que peut offrir la ville sont nombreux (Club Sega, Arcade Sasaki, salle de jeux, mah-jong, shōgi), ce qui augmente considérablement la durée de vie du soft. Un classique en soi, sauf que cette fois-ci, un quartier supplémentaire fait son apparition : Ijincho, celui de Yakuza 7, avec tout ce que cela comporte en matière de contenu dense et varié. L’application TownGo fait office de guide touristique. Elle indique les endroits à visiter, mais surtout les succès à débloquer, avec des points d’action supplémentaires à la clé. Sans parler du fait que ce menu rassemble également de nombreuses informations, comme votre temps de jeu, la distance parcourue, l’argent gagné, etc.
Une grande nouveauté fait également sensation. Dans le cabinet de nos détectives en herbe, vous pourrez jouer à une console populaire de SEGA : la Master System. Rien que ça ! Elle embarque 12 jeux au total, dont le premier, disponible dès le début de l’aventure, n’est autre que le célèbre Alex Kidd. (Quatre jeux supplémentaires devraient arriver le 24 septembre dans le Detective Essentials Pack.)
Dans le premier opus, les longues marches rendaient les déplacements d’un point A à un point B assez lassants. Il y a toujours les taxis, bien entendu, mais la grande nouveauté de cet épisode, c’est le skateboard, utilisable presque partout en ville. Il permet de rendre les déplacements plus attractifs et moins répétitifs, tout en profitant davantage de l’environnement.
Les nombreuses activités proposées au lycée, comme les jeux de rythme, les courses de motos, le skateboard, la boxe ou encore l’eSport, sont tout aussi passionnantes. Devoir enquêter sur des faits de harcèlement scolaire n’est pas de tout repos. Il faut donc parfois savoir lâcher prise et profiter des quêtes annexes qui entourent les différents quartiers.
Retour sur les bancs du lycée
Les délits prennent principalement racine au sein du lycée privé et réputé de Seiryo, un établissement où une jeune élève est victime de harcèlement de la part de camarades peu scrupuleux. Afin d’éviter qu’un scandale ne vienne ternir la réputation de l’école et perturber le bon déroulement de l’année scolaire, le proviseur Yuza Okuda demande l’aide du nouveau cabinet de détectives d’Ijincho, le Yokohama 99, géré par Makoto Tsukumo et Sugiura. Yagami et Kaito décident de rejoindre l’équipe et forment une alliance afin de mettre un terme à cette série de crimes. Entre grosses bastons et séquences d’infiltration, l’action ne manque pas ! Tous les moyens sont bons pour rétablir l’ordre au sein de l’établissement.
Cependant, un détail va venir bouleverser toute l’enquête. Certains éléments commencent à se recouper et ce qui n’était, au départ, qu’une simple affaire de harcèlement scolaire se transforme peu à peu en quelque chose de bien plus grave et inquiétant.

Techniquement ça vaut quoi ?
Encore une fois, les studios Ryu Ga Gotoku se surpassent. Non seulement ce deuxième épisode n’est pas une pâle copie du premier, mais il propose également de très nombreux ajouts, aussi bien au niveau du gameplay que du contenu, par rapport à son prédécesseur. Techniquement (testé sur PS4 Pro), tout tourne aux petits oignons. Aucune inquiétude donc pour les consoles next-gen, où le résultat doit être encore meilleur. Les visages des personnages sont plus expressifs, ce qui est une excellente chose, sans parler des environnements, beaucoup plus riches. Je n’ai remarqué aucune chute de FPS, ce qui m’a agréablement surpris. Niveau technique, on retrouve le même moteur graphique que Yakuza: Like a Dragon : 900p à 30 FPS sur PS4, 1080p à 30 FPS sur PS4 Pro et 1440p à 60 FPS sur PS5. La Xbox Series X remporte toutefois la palme avec un affichage en 4K à 60 FPS. (La Xbox Series S n’affiche pas le jeu en 4K.)
Il est important de noter que la série Judgment n’est en aucun cas un spin-off de la série Yakuza. Selon Toshihiro Nagoshi, il s’agit d’une licence à part entière. Il est tout à fait compréhensible que cela puisse prêter à confusion, compte tenu du même studio, du même univers et d’un gameplay très proche, mais il faut pourtant l’accepter.






