Diablo 2… Quand il sort il y a 20 ans, c’est une belle histoire d’amour entre les joueurs PC et Blizzard qui continue. Avec ses succès Warcraft, Starcraft et Diablo, Blizzard remet ça et sort une suite à Diablo. Après un premier épisode qui inventa un genre, le Hack and Slash, Diablo 2 réinventa un genre qu’il venait de créer. En poussant tous les curseurs à fond, Blizzard a fait naître un jeu à la profondeur accrue et aux mécanique de jeu intenses. Avec un 3ème épisode tout aussi bon mais boudé par certains en raison de sa facilité et de sa patte graphique, Blizzard a tenu à faire plaisir aux fans en remettant au goût du jour son célèbre épisode. Suffisant pour eux, et pour faire découvrir ce titre aux nouveaux arrivants ? Blizzard avait-il besoin de ressusciter un titre qui n’est jamais vraiment mort ?
Piqûre de rappel
Diablo 2, c’est un Hack and Slash en vue 3D isométrique, sorti en 2000, se déroulant dans un monde imaginaire que le mal cherche à envahir. Vous incarnez donc un héros qui part combattre de viles créatures toutes droit sorties des enfers, au cours de 5 actes (en intégrant l’extension), nous faisant voyager de terres sablonneuses en forêts étouffantes, pour aller combattre les seigneurs du Mal comme Mephisto, Baal ou Diablo. L’action est frénétique, on avance au milieu de dizaine d’ennemis plus mortels les uns que les autres. Pour cela, nous pouvons choisir une des nombreuses classes proposées : Barbare, Paladin, Sorcière, Nécromancien et Amazone, Druide ou encore Assassin, chaque classe ayant ses attraits (combat à distance, corps a corps, invocation d’éléments, robustesse…) et défauts (fragilité, lenteur,…). Il faut donc composer avec les points forts et faibles de chaque personnage en lui octroyant des armures, armes, amulettes, bottes et autres « charmes » à porter pour améliorer ses compétences et son niveau.
Car le joueur peut attribuer certains points à chaque montée de niveau : vie, énergie, force, dextérité, afin d’améliorer son personnage. Des points de compétence sont aussi à dépenser afin de pouvoir accéder à certains sorts, certaines auras qui rendront le personnage plus fort. On se retrouve donc avec un vrai mode « RPG » au sein du jeu, et bien choisir sa distribution de points est essentiel pour progresser, et, pourquoi pas, se lancer dans les modes « Cauchemar » ou « Enfer », les modes les plus difficiles du jeu.
A cela s’ajoute un des points forts du jeu et qui est très prisé de la communauté : le crafting. Chercher la meilleure arme, le meilleur « set » d’armure, les meilleures runes pour enchâsser sur son équipement fait partie intégrante du jeu et la longévité de ce titre repose pour beaucoup sur ce système de jeu : nombreux sont ceux qui passaient des heures à tuer un boss, quitter la partie, puis qui retournaient tuer le même boss, afin d’avoir encore plus d’items.
Ne rentrons pas plus dans les détails, mais voilà ce qu’est Diablo 2.
Alors, Resurrected ou pas ?
Faire renaître un tel jeu, adulé, n’était pas d’un grand risque pour Blizzard. Mais mettre un coup de dépoussiérant sur un titre culte est néanmoins osé : il ne faut pas trahir le matériau d’origine et le rendre viable en 2020, à l’heure des graphismes 4K et d’une exigence des gamers qui a changé en 20 ans. Bien loin des jeux au graphisme insolant, aux mécaniques de jeu simples et accessibles, ce Diablo 2 Resurrected garde la même recette, le contenu est inchangé, et cette fois le jeu contient d’office son extension. À 40 euros, le contraire aurait été difficilement acceptable.
On se retrouve donc face à une épopée sombre, aux graphismes basiques même si revus à la hausse évidemment. La musique est toujours la même, pas de surprise de ce côté là.
Les mécaniques de jeu ont été adaptées à notre époque afin qu’il soit facile à prendre en main aussi bien sur PC que sur console. Le maniement du héros se fait bien à la manette, les touches (que l’on peut paramétrer à sa guise) fonctionnent bien et l’on avance dans le jeu sans trop de souci. Le principe de crafting est toujours bien présent (on le voit sur les réseaux sociaux avec de nombreuses demande d’échanges, de valeur,…) et c’est très bien car on voit que la communauté renaît de ses cendres !
Le graphisme est amélioré, c’est indéniable, la fluidité du jeu est au rendez-vous, et il en faut car les vagues d’ennemis n’attendent qu’un faux pas de notre part. On monte en niveau de façon très bien graduée, mais la difficulté est bien présente pour le néophyte : il faut absolument faire attention à la montée des compétences, bien choisir les bonnes en fonction du style de jeu que l’on veut expérimenter, sinon on se retrouve vite débordé. Pas sûr que les gamers d’aujourd’hui apprécient ce manque de « prise par la main » comme on peut le voir dans des titres récents avec une jauge de vie qui remonte tout seule. Pas de ça ici, il faut boire des potions (de vie ou de mana), en acheter, encore et encore, en ramasser, tout le temps, pour espérer s’en sortir (tout du moins au début)
Un jeu difficile donc, qui laisse le joueur faire ce qu’il veut, et tant pis s’il n’a pas pris la bonne décision (enfin presque, car on a la possibilité une fois dans le jeu de réinitialiser son compteur de points pour refaire son personnage).
Il faut aussi composer avec quelques lacunes originelles qui n’ont pas été corrigées (sciemment ou pas…) : il faut une connexion obligatoire à Battle.net (la plateforme de jeu de Blizzard) ce qui induit quelques désagréments notamment dans la gestion du Quick Resume sur Xbox : cela ne fonctionne pas ! Il faut systématiquement sortir le jeu du mode Quick Resume et le relancer afin qu’il se reconnecte à Battle.net. Lassant. Pour parler des différentes versions, on retrouve le jeu sur toutes les consoles actuelles et PC, mais pas de cross-play et c’est bien dommage ! Impossible de jouer sur Xbox avec un ami qui joue sur PS4 par exemple. La cross-progression est présente dans le jeu, on peut par exemple commencer une partie sur Xbox et finir sur Switch, tant que l’on dispose du jeu sur chaque plateforme, et c’est encore une fois dommage de devoir repasser à la caisse si l’on veut jouer sur différents supports !
On note aussi encore quelques bugs ainsi des problèmes de lags : alors que l’on avance, le personnage se retrouve téléporté sur le lieu où l’on se trouvait 2 secondes avant. Gênant, surtout en plein milieu d’une bataille rangée contre 15 ou 20 ennemis.
Mais le plus agaçant reste l’un des bugs les plus connus du jeu : les boss qui sont en entrée de niveau ! On arrive, on passe la porte, et on meurt instantanément sans avoir pu combattre car le boss ou les monstres nous sautent dessus à peine arrivé. Des fois c’est tellement rapide que lorsque l’écran fini a à peine de charger, on tombe sur le message indiquant notre mort. C’est embêtant car notre équipement reste à terre, sur place, et qu’il faut aller le chercher ! Comment faire alors sans aucun équipement si l’on n’a pas réussi à survivre avec notre meilleur matériel… Ne reste plus que la solution de quitter et relancer une partie. Vraiment dommage.












