Yakuza: Like a Dragon
est le nouvel opus des studios Ryu Ga Gotoku, qui signe un véritable revirement pour la série. Nouveau héros, mais aussi nouveau système de gameplay, sont à l’honneur dans ce septième opus. Testé sur la nouvelle chouchoute de Microsoft, la Xbox Series X, les studios Ryu Ga Gotoku ont-ils réussi leur pari ?
Synopsis : L’histoire de Kazuma Kiryu s’étant achevée avec le sixième épisode, le joueur incarne un nouveau héros nommé Ichiban Kasuga, une toute nouvelle recrue de la famille Arakawa, appartenant au Clan Tojo.
Le 1er janvier 2001, sur ordre du patriarche de sa famille, Masumi Arakawa, il accepte de purger une peine de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, afin de protéger le véritable meurtrier, le capitaine de sa famille, Jo Sawashiro.
En agissant ainsi, Ichiban pense qu’il sera accueilli comme un héros et reconnu comme un homme d’honneur auprès des yakuza. Mais la vérité est tout autre lorsqu’il sort de prison en 2019, soit 18 ans plus tard. Il apprend alors que le Clan Tojo a été anéanti par Arakawa, qui s’est allié à l’Alliance Omi et en est devenu le capitaine.
De plus, lorsque Ichiban tente de lui demander pourquoi il a agi de cette façon, Arakawa n’hésite pas à lui tirer une balle dans le ventre. Grièvement blessé, Ichiban se retrouve nu et SDF, loin de Kamurocho, dans le quartier fictif d’Isezaki Ijincho, à Yokohama. Il décide alors de reprendre son destin en main afin de découvrir ce qui se cache derrière la trahison de l’homme qu’il respectait le plus au monde.
Une histoire humaine
Après plus de vingt heures de jeu, j’ai l’impression de redécouvrir la série grâce à sa traduction en français, qui n’avait plus été proposée depuis les ventes timides du deuxième opus, sorti à l’époque sur PlayStation 2.
C’est une aventure humaine, riche en émotions, un récit d’honneur et de loyauté, mais aussi empreint d’une grande tristesse, qui nous ramène à la réalité de nombreuses personnes, entre les campements de sans-abri et les difficultés liées au chômage.
Je me suis senti déstabilisé et profondément triste pour le héros, Ichiban, trahi par son propre patriarche et jeté aux ordures. Mais, même après cela, il continue à croire à un coup monté. Peut-être que le scénario lui donnera raison… ou tort. Une chose est sûre, il est difficile de ne pas reconnaître que ce nouveau personnage incarne la dévotion ainsi que de nombreuses valeurs humaines.
Les relations entre les personnages sont omniprésentes et il faudra en prendre soin, car elles peuvent donner lieu à des discussions intéressantes et inédites sur l’histoire des différents protagonistes, ainsi qu’à des révélations sur leur parcours de vie. De nombreuses quêtes secondaires abordent également des sujets de société, comme les violences faites aux femmes ou encore diverses leçons de morale.

L’action laisse place au Rpg
La série a longtemps misé sur l’action, et cela était bien ancré dans le cœur des joueurs et des habitués de la licence. Ce nouveau système ne plaira pas à tout le monde, cependant il a le mérite de proposer une autre vision, plus humoristique, qui colle parfaitement à ce nouvel opus.
Au fil de l’aventure, plusieurs protagonistes rejoindront votre groupe pour des raisons diverses et variées. Chacun d’eux dispose d’une spécialité qu’il faudra mettre à profit afin de venir à bout des ennemis et des clans qui se mettront en travers de votre route.
Les mini-jeux et les lieux ludiques, comme le Club SEGA, les bars à hôtesses, ainsi que de nombreuses activités inédites, sont présents pour vous laisser le temps de souffler entre deux missions riches en adrénaline.
Cette nouvelle orientation, fortement inspirée du très célèbre Persona 5, devrait séduire les amateurs du genre. Les combats ne sont pas statiques et proposent ce que l’on appelle dans le jargon des Quick Time Events (QTE).
Ce nouvel opus ne s’arrête pas là pour autant. Plusieurs métiers vous sont proposés via Hello Work, l’équivalent de Pôle emploi dans la vie réelle. Cela permet de varier les plaisirs et les différents styles de gameplay des personnages qui composent votre équipe.
Le farming est un élément essentiel pour augmenter votre expérience et vos statistiques (Attaque, Défense, Magie, Soin, Agilité, Dextérité…) ainsi que les différentes classes, qui permettent de débloquer des compétences spécifiques.

Une symphonie pour les oreilles
Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé, mais force est de constater qu’ils ont mis le paquet au niveau du budget consacré aux musiques, qui sont tout simplement sublimes. Elles ajoutent du piment aux combats ainsi qu’à de nombreuses situations qui s’y prêtent.
Des morceaux comme Like a Butterfly, ou encore Machine Gun Kiss, déjà incontournable dans Yakuza 5, marquent une nouvelle fois les esprits.

Le Sujidex
Que serait un RPG sans son bestiaire ? Le Sujidex vous permet de consulter plus de 250 profils d’ennemis et vous révèle leur rareté, leurs faiblesses ainsi que les objets que vous pouvez récupérer à la fin des combats.
Le but est évidemment de le compléter, une tâche qui devrait vous occuper pendant plusieurs heures supplémentaires, même après avoir terminé le scénario principal.

Retour sur les bancs de l’école ?
Il est temps de retourner à l’école ! Pour développer vos caractéristiques, comme la gentillesse ou la passion, et débloquer de nouvelles actions, c’est possible. Pensez toutefois à économiser une bonne partie de vos yens, car les frais d’inscription ne sont malheureusement pas donnés.
Des questions portant sur des sujets passionnants vous seront proposées : le sport, mais aussi l’histoire du constructeur et bien d’autres catégories sont disponibles. Le but est d’obtenir la moyenne, soit 3/5, mais ne vous fiez pas aux apparences : certaines questions sont terriblement difficiles.

Le Club Sega
Ce ne sont là qu’une infime partie des possibilités. Je pense d’ailleurs aux fameuses bornes d’arcade SEGA, avec des jeux entièrement jouables comme Out Run, Super Hang-On, Virtua Fighter 2 ou encore Virtua Fighter 5 Final Showdown. Les classiques, comme les machines à pinces ou le pachinko, sont tout autant de la partie.

La chasse à la canette
Vous avez la fibre écologique ? La chasse aux canettes est peut-être faite pour vous ! Gagnez des yens en nettoyant la ville de ses déchets quotidiens. Cependant, la concurrence est rude dans les différents quartiers de Yokohama.
Lancez-vous dans une course effrénée à bord de votre vélo recycleur afin de décrocher de belles récompenses. Ne négligez pas la planète avec Ichiban !

La puissance de la Next-Gen
Disponible au lancement de la Xbox Series X, Yakuza: Like a Dragon dispose de spécificités qui font tout juste le travail grâce à un patch permettant d’atteindre la 4K à 30 FPS. Les textures sont plus détaillées et les cinématiques agréables pour les yeux comme pour les oreilles. Cependant, il ne faut pas porter de jugement hâtif, car le jeu est disponible depuis janvier 2020 au Japon sur PlayStation 4.
En mode Performance, la Xbox Series X affiche le jeu en 1440p à 60 FPS, contrairement à la Xbox Series S, qui se contente d’une définition de 900p à 60 FPS. On apprécie toutefois les temps de chargement beaucoup plus courts grâce au SSD de la console.
Le Dragon Engine continue de faire son travail et ne déçoit pas les attentes. On note toutefois une certaine limite technique, assez prononcée pour un titre de cette génération.
Il faudra attendre le 2 mars 2021 pour profiter du jeu sur la nouvelle console de Sony. Il est d’ailleurs surprenant qu’un titre de Ryu Ga Gotoku Studio débarque en premier lieu sur une console Microsoft, ce qui semble confirmer la bonne entente et l’étroite collaboration entre le constructeur américain et SEGA.
Artistiquement parfait ?
Les studios Ryu Ga Gotoku n’ont jamais fait dans la dentelle lorsqu’il s’agit d’ambiance scénaristique et de rebondissements épiques qui, bien souvent, nous hérissent le poil. Plus proche du 7e art que d’un simple jeu d’action, Like a Dragon nous transporte dans la vie d’Ichiban Kasuga et de sa bande de joyeux lurons à vitesse grand V.
On peut notamment lui reprocher de booster artificiellement sa durée de vie afin de nous tenir en haleine pendant une quarantaine d’heures de jeu. Mais il y a une grande nouvelle à ne pas négliger : depuis longtemps, nous n’avions plus eu droit à une traduction en VOSTFR, la série n’ayant pas suscité suffisamment d’intérêt en Occident à une certaine époque.
Cela dit, les leçons du passé et les nombreuses demandes des joueurs ont été entendues. On peut notamment citer Judgment, qui n’est ni un spin-off ni une véritable suite, mais une nouvelle histoire sortie à l’international sur PlayStation le 25 juin 2019. Ce titre a contribué à redonner confiance aux développeurs et au studio, tout en renouant avec le public européen.
La force du studio a toujours été de nous donner la possibilité de visiter le Japon à l’échelle 1:1. Les quartiers sont reproduits au plus proche de la réalité et, si comme moi vous n’avez pas les moyens de partir sur l’archipel, les différents opus constituent une véritable attraction touristique.
Des acteurs de renom, parmi lesquels Kaiji Tang, Shinichi Tsutsumi, Greg Chun, George Takei, Elizabeth Maxwell et Andrew Morgado, interprètent ici les principaux personnages et donnent vie à cette histoire grâce à un doublage de qualité. Les joueurs ont ainsi le choix de découvrir cette aventure et l’ascension d’un nouveau Dragon en anglais ou en japonais.
Une vie de Yakuza
Longtemps considérés comme les caïds de Tokyo, les yakuza formaient à la fois une mafia basée sur l’honneur et un milieu criminel à mi-chemin entre l’homme d’affaires et le contrebandier notoire. Pendant des décennies, ils ont dirigé certains quartiers depuis l’ère Meiji, où tout a commencé, jusqu’aux années 1990, lorsque l’État a déclaré leur statut illégal grâce à la loi antigang, les excluant ainsi totalement de la société civile.
Contrairement à beaucoup d’organisations criminelles, ils suivent les règles du Bushido. Leur existence même trouve ses racines dans ce code d’honneur, et il faut dire que beaucoup d’entre eux sont les descendants de clans de samouraïs. Ils sont régis par neuf règles sacrées, dont la violation pouvait parfois être punie de mort.
- Tu n’offenseras pas les bons citoyens.
- Tu ne prendras pas la femme du voisin.
- Tu ne voleras pas l’organisation.
- Tu ne te drogueras pas.
- Tu devras obéissance et respect à ton supérieur.
- Tu accepteras de mourir pour ton patriarche ou de faire de la prison pour lui.
- Tu ne devras parler du clan à quiconque.
- En prison, tu ne diras rien.
- Il n’est pas permis de tuer un katagi (une personne ne faisant pas partie de la pègre).
La neuvième règle n’est plus souvent appliquée, et peu de clans suivent encore cette éthique, ainsi que les traditions de manière générale. C’était la petite parenthèse historique. Notre héros, Ichiban Kasuga, a d’ailleurs fait les frais de la sixième règle.
Il est maintenant temps de conclure ce test de ce nouvel opus, qui a su combler mes attentes.
https://www.youtube.com/watch?v=hhqbNaxO82g

