On aura beaucoup entendu parler de lui depuis sa présentation ! Une communication mal maîtrisée, des fans impatients et soucieux, une volonté de fer de ne pas changer de cap,.. bref, tout (et son contraire) s’est retrouvé sur Internet à propos de ce nouvel opus de la franchise iconique créée par Sega.
Le test de Sonic Frontiers que vous allez lire a été rédigé sans a priori, faisant fi de tout ce qui a pu être dit dans les mois précédent sa sortie. Verdict dans quelques (nombreuses) lignes !
Un héros en perte de vitesse
Perdu dans les limbes de la médiocrité, ce cher hérisson n’arrivait plus à trouver sa vitesse de croisière auprès des fans de la première heure. Malgré de nombreux jeux, il n’était plus que l’ombre d’un célèbre moustachu, avec qui il venait jouer régulièrement sur nos consoles.
C’est donc par la case « grand écran » qu’il fallut passer, puisque le « petit » ne lui convenait plus. Les générations actuelles purent découvrir cette boule de poils bleus, et cela conforta SEGA dans l’idée qu’il y avait encore de la place pour faire un grand BOOM avec Sonic. Et qui dit nouvelles générations, dit monde ouvert !
Sonic, ouvre-toi !
Le postulat de départ n’est pas très explicite : un personnage féminin, fait de pixels erratiques, un Dr Robotnik perdu, des émeraudes du Chaos disséminées à droite à gauche, et un Sonic qui semble se retrouver dans une nouvelle dimension, privé de ses amis avec qui il voyageait tranquillement tel Tom Cruise accroché à un avion.
Après un bref passage à pleine vitesse dans un niveau dirigiste, on commence donc la partie doucement à dos de hérisson, en tâtonnant, ne sachant pas trop quoi faire. Un pilier à proximité s’active après la résolution d’une énigme, et dévoile une partie de la carte, puis un autre nous fait accéder à un niveau « à l’ancienne » avec des objectifs à atteindre, pour se voir récompenser de « clés ». Des défis apparaissent, nous permettant de gagner des items « de souvenirs » et des anneaux, tout comme d’autres piliers se montrent pour révéler toujours plus de morceaux de carte, et donc d’autres défis.
Arrive alors notre premier adversaire, facilement vaincu, et l’on commence à se familiariser avec les attaques, et les mouvements que peut effectuer Sonic. Alors on continue, on gratte, tel un érinaceinae, des items, on combat, mais le but n’est pas encore clair, et cette somme de collectibles déroute un peu.
Allô le monde ?
Puis nous retrouvons Amy, prisonnière d’une dimension cybernétique obscure. On ne sait pas trop où SEGA veut nous emmener, mais pour le moment, il le fait bien : les graphismes sont de bonne facture, même si l’on aperçoit quelques textures pauvres qui font un peu tâche. Et autant le dire tout de suite, il y a par moment un fort clipping assez déroutant, qui peut même être gênant : accéder à certains défis se fait parfois dans la douleur, puisque si la carte nous indique bien sa position, il se peut qu’il ne soit pas (encore) apparu à l’écran. On cherche donc parfois pendant quelques minutes avant de trouver l’accès au défi, la faute à cet affichage qui ne se fait que lorsqu’on est tout proche…
Niveau sonore, la musique tranche avec ce dont SEGA nous avait habitué : elle est douce, calme, posée. En contraste total avec la frénésie avec laquelle Sonic avance, à vive allure, sans ralentissements, dans ce vaste monde. Peu d’ennemis se présentent à nous mais ils sont variés et agréables à occire et chaque combat est affublé d’une musique bien punchy. Pas de sensation de vide malgré la grandeur de la carte car de nombreux défis (des centaines !) se trouvent sur notre route et ils sont suffisamment différents pour ne pas être lassants.
Une fois la carte dévoilée, on se rend compte que le monde est vaste, qu’il y a énormément à faire si l’on souhaite passer du temps en compagnie du hérisson bleu. Heureusement Sonic court vite et parcourir ce paysage en long et en large ne pose pas de difficulté, même si certaines astuces permettent des voyages rapides.
Ainsi, le scénario nous emporte facilement et l’on se prend au jeu à suivre les pérégrinations du duo bleu et rose (puis jaune, puis rouge), malgré des intrigues tantôt tirées par les cheveux, tantôt parsemées de touches humoristiques qui nous ferons lever les yeux au ciel (mais avec un petit rictus quand même).
On peut donc aller vite en besogne si l’on s’épargne les défis et autres niveaux à l’ancienne (qui sont tous présents dans le mode ARCADE débloqué une fois le jeu terminé), mais ce serait dommage de ne pas profiter de ces moments. Sonic ouvre donc son champ des possibles avec un monde relativement ouvert, où l’on peut traîner entre 2 récupérations d’émeraudes.
Sonic Frontiers : Ça fait « BOOM » ou ça fait « PSCHIT » ?
Nous avons donc droit à un vent de fraîcheur dans les poils bleus, tant on peut alterner des séquences rapides et des séquences calmes. La difficulté est bien dosée et le monde dans lequel on débute n’est que le premier des 5 que l’on va devoir parcourir, dans des décors variés, avec des changements de météo et des cycles jour/nuit (et des pluies d’étoiles filantes). Sonic se manie au doigt et à l’œil, et la sensation de vitesse est grisante, surtout quand notre compteur de « rings » s’affole.
Avec 3 modes de difficulté, on passe au minimum 15 heures sur le titre, en suivant la quête principale et en se faisant plaisir sur quelques défis et missions annexes. Tout compléter reviendrait à doubler notre temps de jeu, ce qui en fait une bonne durée de vie pour du Sonic (mais faiblarde pour un hérisson, qui vit environ 4 ans). Les combats sont variés, les ennemis ou boss ont des mécaniques agréables, et les compétences, que l’on débloque au fur et à mesure du jeu, permettent de donner un côté stratégique et jouissif à certains combats (votre rétine vous remerciera de cette avalanche d’effets visuels !).
Tous ces bons ingrédients sont un peu contre-balancés par quelques défauts : la caméra fait quelques fois des siennes et se montre bougonne, rendant l’action parfois confuse. Le clipping, comme évoqué, est un peu trop présent, les traversées des maps sont parfois laborieuses, et… il y a les parties de pêche oui, vous avez bien lu !).

On me voit !!!
« Pêche ! Pêche ! Pêche ! Pêche ! »
Car s’il est un domaine où le jeu pèche, c’est la pêche. Sur chaque carte, il y a un spot à trouver (ou pas). S’il est rigolo de pêcher (des poissons bien entendu), il est totalement dispensable, voire même contre indiqué de le faire : ramener ces animaux marins (ou autres surprises) permet de facilement récolter des items utiles à l’aventure, trop utiles même car cela peut dispenser de parcourir la carte pour réussir des missions et des défis. Dommage, cela peut gâcher le plaisir que l’on a à jouer si dans cette voie vous allez.
Mention également spéciale également à certains « défis » obligatoires à la poursuite de l’aventure dont on ne comprend pas comment les développeurs se sont dit que ce serait une bonne idée (je vous raconte pas le coup de flippe sur le défi du flipper !).
Mais globalement, l’expérience de jeu agréable prime (toudoum !) sur ces défauts et si l’on peste, parfois, on continue toujours.
Testé sur Xbox Series X













