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MEGA INTERVIEW : Marc Andersen sur la Genèse de MEGA Force (1ère partie)

Schmurz [Mascotte]
Nom : Schmurz - Origine : Vient de la planète GAMOVER - Taille : 1m40 - Poids : 40kg (80kg tout mouillé, car sa peau absorbe l'eau) - Age 30 ans gamoveriens (entre 30 et 34 années terrestres)

C’est avec un plaisir énorme que notre intervieweur Yoann SEGA s’est entretenu avec l’ancien PDG de Cyberpress et Directeur de publication pour MEGA Force et PLAY Mag, celui qu’on surnomme « Big Boss » : Marc Andersen.

 


 

Yoann SEGA : Bonjour à tous, aujourd’hui, nous avons un invité, j’ai eu des collectionneurs, des acteurs du monde du jeu vidéo rétro, mais là je suis avec et en présence chez lui, c’est un honneur, Marc Andersen, salut Marc !

Marc Andersen : Salut, salut à tous, c’est trop d’honneur, et Yoann est vraiment très gentil, mais je suis content de vous retrouver, même si je ne vous connais pas, si je ne vous vois pas, je suis très content.

Yoann SEGA : (rire) Alors Marc, on va rentrer dans le vif du sujet, si tu me le permets, alors pourquoi MEGA Force ? Même si tu l’as déjà expliqué, on le sait, sur des podcasts, ça été repris sur l’ouvrage « Presse Start » mais là, on est quand même sur MEGA Force, donc je pense, si tu me le permets, que tu peux répéter  l’histoire.

Marc Andersen : Ouais, ouais, mais pourquoi MEGA Force c’est ça ?

MEGA Force 001
Yoann SEGA : Oui voilà, pourquoi avoir créé MEGA Force ?

Marc Andersen : Parce que j’adorais beaucoup SEGA à l’époque. J’étais bien plus jeune comme vous tous, comme tout le monde, et donc, j’ai trouvé  anormal qu’il n’y est pas de magazine dédié à SEGA en France, j’avais l’envi de faire ce magazine. J’ai été voir le directeur de relation publique chez SEGA, j’ai expliqué mon projet, ça lui a plu, il a été au Japon pour me défendre, aux Etats-Unis aussi et donc, on est sorti avec un accord pour faire un magazine, et la chance que j’ai eu, c’est comme le directeur de l’époque aimait beaucoup la presse, on avait passé un contrat pour qu’ils reprennent tous les invendus de MEGA Force et qu’ils les mettent dans les boites des Mega Drive, du coup, ça a permis à MEGA Force d’être connu immédiatement car chaque passionné qui acheté une Mega Drive, avait un MEGA Force à l’intérieur, donc connaissait le magazine, et du coup, chacun rendait service à l’autre, c’est l’histoire de MEGA Force.

Yoann SEGA : La où c’est intéressant Marc, je reviens  sur le fait qu’il a fallu aller au Japon et aux Etats-Unis, c’est une organisation bicéphale, il n’y avait pas donc encore de SEGA Europe qui a été créé ?

Marc Andersen : Non, ce n’était pas SEGA Europe, il y avait SEGA France si j’ai bonne mémoire, mais il fallait quand même que la communication de SEGA soit la même dans le monde entier, il fallait voir si aux Etats-Unis, il y avait un magazine SEGA, si au Japon il y avait un magazine SEGA, ce qui était d’ailleurs le cas à l’époque, et donc, il fallait que le magazine de France soit un peu dans la même mouvance que les autres magazines, donc c’est pour ça qu’il fallait que le directeur de SEGA fasse un peu le tour, fasse les popotes (rire).

Yoann SEGA : Donc ce qui veut dire qu’à l’époque tu avais créé une maquette et que tu l’as mis à validation ?

Marc Andersen : Oui, oui, on a créé une maquette, on a créé un style, on a créé un logo, tout avait été accordé, apprécié, et approuvé par SEGA, puis c’était le magazine SEGA, donc il était hors de question de faire quelque chose qui ne convient  pas à SEGA, donc il fallait vraiment …. Par contre, on avait la chance de pouvoir utiliser Sonic, on l’appelait le Schtroumpf (rire), mais il y avait quand même Sonic qui était sur la couverture au départ, donc voilà, il fallait absolument que l’image de MEGA Force magazine soit la bonne image pour SEGA.

mega force 30
Yoann SEGA : Alors t’as créé le Schmurtz, tu sais que le Schmurtz est de retour sur le site internet ?

Marc Andersen : Oui oui j’ai vu, il a un peu maigrit par rapport à notre Schmurtz, qui était plutôt bedonnant, c’était plutôt un sumo. Mais, oui c’est bien, je suis ravi de le revoir, et de temps en temps, il me fait des petits clins d’œil (rire).

Yoann SEGA : Exactement, qui a eu l’idée du Schmurtz et surtout le dessin, c’est toi ?

Marc Andersen : C’est moi oui, enfin le dessin non, c’est un illustrateur qui a fait le dessin, on l’a donné à un aérographe qui a fait le coloriage, mais on a eu plusieurs essais donc on est tombé d’accord sur ce Schmurtz là, il me fallait quelque chose de bedonnant, de cool, de sympa, donc on l’a gardé, on l’a habillé en bleu quand même,  parce qu’à l’époque Schmurtz, les Schtroumpfs pour les hollandais c’est le Smurf, et donc le Schmurtz, on l’a gardé en bleu pour faire un petit clin d’œil aux Schtroumpfs.

Yoann SEGA : D’accord, c’était un peu, un Schtroumpf excuse-moi de l’expression, un Schtroumpf « idéolisé » ?

Marc Andersen : Oui absolument, un Schtroumpf MEGA Forcisé (rire)

Yoann SEGA : MEGA Forcisé (rire) Dis-moi Marc, une petite question, peut être que j’ai dit des bêtises, on va peut-être corriger cela, dans le numéro 1 MEGA Force, avec Shinobi en couverture, vous aviez déjà un courrier d’électeur, comment vous avez fait les gars ? (rire)

Marc Andersen : C’est du bidon (rire) c’est du bidonnage, le premier numéro, c’était forcément du bidonnage, enfin forcement, ce n’était pas tout a fait du bidonnage, c’est-à-dire, quand on a voulu créé ce magazine,  on a fait quand même venir des gamins de l’époque, qui été passionnés, on leur a dit « Voilà, on va faire tel magazine, comment vous le voyez ? Comment vous le sentez ? On a présenté la maquette, etc. et ils ont donné leurs avis sur place, et du coup,  on a transformé leurs avis oraux en avis écrits, voilà, donc c’était du bidonnage parce que ce n’était pas des lettres, mais les réactions des lecteurs de l’époque étaient bien réelles.

Yoann SEGA : D’accord, et dans la grande époque MEGA Force, tu me dis si je dis des bêtises, vous êtes monté jusqu’à 175 000 exemplaires mensuels en vente ?

Marc Andersen : 150 000-175 000 je ne sais plus, ça devait être un numéro spécial, mais c’était entre 100 et 150 000. Ca dépend des numéros.

Yoann SEGA : Oui 100 à 150 000, ce qui laisse rêveur maintenant à notre époque.

Marc Andersen : Oui, maintenant, dans la presse papier, aujourd’hui, ce n’est même pas 10 000 même pas.

Yoann SEGA : Vous receviez combien de lettres par mois de jeunes électeurs que nous étions ?

Marc Andersen : Au moins 300 à 400 lettres par jour, c’était énorme, on avait un facteur dédié (rire)

Yoann SEGA : Vous en avez fait quoi de toutes ces lettres, tu ne sais pas où elles sont passées ?

Marc Andersen : On a acheté une cheminée (rire) Ce n’était pas un poêle à mazout mais un poêle à papier. Les lettres qui ne nous intéressées pas, on les mettait dedans, par contre, on gardait les dessins, parce que les lecteurs à l’époque nous envoyés plein de dessins, sur des jeux, sur le schmurtz, donc on a gardé tout ça.

Yoann SEGA : D’accord, vous avez gardé tout ça, et ça a disparu avec le temps de MEGA Force ?

Marc Andersen : Oui avec les petites souris parce qu’on avait mis ça dans des parkings à un moment donné et peut-être qu’il y avait des petites souris qui sont venus manger, qui ont fait pipi dessus et puis ça sentait mauvais, alors après, on a tout jeté (rire).

Yoann SEGA : Bon, ça c’est du « Private joke » parce que j’ai dit à Marc, que j’ai une partie de ma collection qui a été mangée par des souris, dans le grenier, chez ma maman (rire) donc Marc se moque de moi.

Marc Andersen : C’est des souris voyageuses, c’est des souris MEGA Force, c’est des souris plus fort que MEGA (rire).

joystick 25
Yoann SEGA : Marc, est-ce que tu peux rappeler, l’origine de l’idée de la création de MEGA Force ?

Marc Andersen : L’origine de MEGA Force, en fait, elle est partie de l’origine de Joystick Hebdo, je ne m’intéressais pas à l’époque aux jeux vidéo, j’avais un fils, il avait 12-13 ans, j’avais acheté un Amstrad 6128, j’avais acheté un jeu d’Infogrammes « Lucky Luke », et dans ce jeu, je me rappelle de la première scène, il y avait 4 endroits différents, je n’avais pas compris qu’il fallait le faire dans un certain sens, donc on a envoyé Lucky Luke dans les 4 portes, mais ça ne bougeait pas, on ne passait pas à la scène supplémentaire, voilà , donc ça a démarré comme cela, je trouvais que c’était bidon les jeux vidéo, c’est n’importe quoi (rire), et quelques mois après, j’ai été en Hollande (Pays Bas), j’ai regardé ce que faisaient les hollandais en magazine, et j’avais trouvé un magazine de trucs et astuces, et j’ai trouvé cela formidable, parce que ça m’a permis de finir le jeu, enfin d’expliquer comment finir le jeu « Lucky Luke » en faisant appel aux astuces qui étaient dans ces magazines, du coup, j’avais créé le magazine Joystick Hebdo, un magazine qu’avec des astuces (des cheats mode, des vies infinies, etc.) et devant le succès du magazine, on s’est dit qu’il fallait faire la même chose pour  SEGA car SEGA est une grande marque et elle a besoin d’avoir sa propre communication au lieu d’être toujours à la merci des autres magazines, et voilà, l’idée est venue tout naturellement de créer un MEGA Force, un magazine SEGA qui s’appelait MEGA Force, et puis, vous connaissez la suite, puis ce que vous en faites maintenant parti …

Yoann SEGA : Exactement, d’ailleurs, tu nous diras plus tard ce que tu penses de ce retour de la marque. J’avais une autre question, quand SEGA, n’était pas encore SEGA France, d’après ce que j’ai compris, tu as peut-être négocié directement avec Virgin, qui était distributeur ?

Marc Andersen : Oui, c’était Virgin, et ensuite, c’est devenu SEGA France. Mais au départ, c’était Virgin. C’était l’adjonction, c’était la fin de Virgin et le début de SEGA, on avait commencé les discussions avec Virgin, après ça s’est terminé avec SEGA.

Yoann SEGA : D’accord, donc tu as connu vraiment cette transition ?

Marc Andersen : Oui, cette transition Virgin SEGA.

Carte dadh rent du Club Sega
Yoann SEGA : Le fameux « Club SEGA », c’était une création de SEGA France ? de MEGA Force ? Parce qu’il y avait une connexion entre les 2 entités …

Marc Andersen : Alors, le « Club SEGA », ça n’a rien à voir avec nous, SEGA c’était une émanation de SEGA France, qui voulait avoir un lien direct avec les passionnés, les joueurs SEGA, donc ils ont créé un club, et du coup, ils ont fait après les fameux trains SEGA, mais ils se sont servis de MEGA Force parce que MEGA Force c’était vraiment le magazine qui était l’officiel de SEGA, et ils avaient mis des bulletins d’abonnement pour leur club, mais ça appartenait complètement à SEGA, c’est pas nous.

Yoann SEGA : D’accord, donc les pins MEGA Force qui ont pu être fait à l’époque …

Marc Andersen : Non, non ce n’est pas à moi (rire). Ne m’écrivez pas, ce n’est pas à moi (rire)

 


 

Retrouvez prochainement la suite de l’interview sur notre site

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