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TEST : Sega extreme sports – Une curiosité signée Sega

RINCEVENT [Rédacteur]
Créature 100% pur beurre a la plume parfois maladroite mais toujours sincère et dont la traversée des années 80/90 en compagnie de Sega et Dorothée n'est pas sans conséquences... On a la culture qu'on mérite !!

Telle une bonne résolution de début d’année, j’ai décidé de me (re)mettre au sport !!! Et comme toute bonne résolution de début d’année, j’ai déjà abandonné. Ainsi, pour soulager ma conscience, mon premier test de 2023 sera un jeu… de sport !  Et pas n’importe lequel puisqu’on va parler de Sega Extreme Sports sur Dreamcast. Et rien qu’en écrivant ces quelques lignes, je me rends compte d’avoir aussi abandonné ma deuxième résolution de l’année : mieux travailler les intros de mes tests ! Tant pis…l’an prochain c’est promis !!Sega Extreme Sports Europe 230131 232311

Toujours plus loin, plus fort, plus vite…jusqu’au bout de l’extrême limite !

Un support qui va bientôt faire face à celle qui deviendra l’une des causes de sa perte, un studio de développement quasi inconnu, une distribution US assurée par Infogrames et une sortie européenne qui fut bien discrète…un premier contact aussi froid que l’hiver. Heureusement, le logo Sega Sports vient nous rassurer avant même d’arriver à l’écran-titre.  Le hérisson bleu a bien compris qu’en cette année 2000, le sport ne se contente définitivement plus des traditionnels football ou athlétisme, et que ce sont les sports de glisse et plus généralement les sports extrêmes qui déchaînent les passions. Tony Hawk roule sur Zinedine Zidane ; et Thierry Rolland et Patrick Montel ont cédé leur place aux commentateurs (trop) enflammés de la chaîne américaine ESPN. La déferlante de jeux vidéo associant un nom plus ou moins connu et un sport plus ou moins dangereux battait son plein depuis le feu vert déclenché par le succès des deux premiers épisodes de la saga T.H’s Pro Skateboarding de Neversoft.

Mais plutôt que de focaliser sur une discipline comme la plupart des titres qui sortent à l’époque, Innerloop Studios veut se démarquer en nous proposant de s’adonner aux sports à sensations, certes, depuis son canapé, mais surtout au guidon d’un quad ou d’un VTT, en chaussant un snowboard sur la neige ou dans les airs et plus exotiques encore de goûter aux joies du parapente et même du saut à l’élastique. Le contrepied sera aussi musical car aux antipodes des « Jean-Michel mange-micros » et autre punk-rock californien habituellement collés à l’image des skaters et rois de la glisse. Ici le jeu nous accueille par une petite musique électro « mais pas trop » du label indépendant Ninja Tune. Un nom, qui, j’avoue, ne me dit absolument rien mais dont la partition soutient de fort belle manière une ambiance très « chill » mais suffisamment dynamique et surtout bien plus chaleureuse qu’escomptée lors du premier contact au début de ce paragraphe.

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Tu vas droit au cœur de l’action…c’est ton bonheur, c’est ma passion !

Quelques pressions sur le bouton « Start » de notre manette, et nous voici dans le menu principal. Un menu de sportif d’ailleurs : simple mais complet, avec les traditionnels « championnat », « course simple », « entrainement » et « contre-la-montre ». On remarque cependant qu’en plus d’avoir la politesse d’être traduit dans la langue de Molière, le jeu nous propose au travers d’un tableau de score mondial de confronter nos meilleures performances aux « 6 milliards de joueurs » que nous promettaient les publicités Dreamcast de l’époque. Juste au-dessus se tient également une intrigante ligne « Bonus Track » contenant des circuits supplémentaires à débloquer au fil de notre progression in-game ou en connectant la Dreamcast à Internet. Oui, vous avez bien lu; un DLC gratuit en l’an 2000, il n’y a que Sega pour penser comme cela ! D’ailleurs, le contenu complet ne se débloquera qu’au fil des performances dans le championnat, passage obligatoire pour libérer l’accès aux circuits et disciplines dans les autres modes. Comme tout sport qui se respecte, il va donc falloir transpirer pour être récompensé. On regrettera seulement l’absence d’extraits vidéos de tricks superbement exécutés ou de fails aussi violents qu’hilarants et qui sont, à juste titre, souvent la carotte principale de ce genre de jeux.

Pas de stars au casting, on se contentera donc d’un nombre de personnages limité à quatre où se côtoient des avatars aux limites de la caricature. Le Jamaïcain a une coupe Afro, l’Américaine se sent supérieur à la moyenne, la Suédoise est blonde et l’Anglais doit sûrement avoir une tasse de thé cachée dans ces poches. Mais au moins la parité est respectée et on a échappé à la bimbo turbo gaulée en mini-short et débardeur moulant (BMX XXX sortira deux ans plus tard pour compenser !) ou à l’Asiatique technophile. De même, aucune statistique ne vient différencier les protagonistes, juste des données sur leur âge et leur poids sans aucune incidence sur leur comportement en jeu. Si on peut reprocher ce manque de profondeur, ces choix se justifient de par le traitement très arcade du soft, une approche simple et accessible à tous mais pas totalement dénuée de subtilités pour qui veut approfondir son expérience. Le sacro-saint « facile à comprendre, difficile à maîtriser » qui donne tout son sens à la présence de SEGA dans le titre du jeu.

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Emmène moi au delà des frontières, jusqu’au bout de toi-même !

Comme tout bon jeu d’arcade (même si ce titre n’est pas né en salle d’arcade) qui se respecte, Sega Extreme Sports est visuellement splendide. Textures détaillées et couleurs chatoyantes sont au programme, une façon là encore de se démarquer de la pléthorique concurrence où règnent les décors urbains et cernés de béton gris ornés de quelques graffitis illisibles pour le côté rebelle.  La variété est de mise puisque les destinations, au nombre de six, sont soigneusement choisies pour offrir un dépaysement garanti à chaque étape. Le titre du studio norvégien nous invite à prendre un grand bol d’air pur et nous fait voyager dans le monde entier, depuis les sommets de l’Himalaya ou sur les pentes d’un volcan des îles Maui. Les panoramas sont superbes et  les décors s’affichent à perte de vue sans clipping malvenu. Mais offrir autant de détails et un framerate stable nécessitent des concessions et on remarque très vite que les textures ont une fâcheuse tendance à se déformer à mesure qu’on s’approche d’un obstacle. Un effet très désagréable dans des passages étroits par exemple, qui donne l’impression d’entrer dans la Quatrième Dimension et qu’un T-1000 vient de pirater notre partie ! Rien qui rende l’ensemble injouable, seulement c’est parfois perturbant quand on tente de projeter son regard au loin pour tenter d’anticiper les parcours et ses écueils.

Et comme faire du sport en extérieur, c’est beaucoup plus sympa quand il fait beau, la météo sera des plus clémentes et le soleil nous éblouira à chaque occasion grâce à de superbes effets « Lens Flare ». Un procédé très en vogue au début du 21ème siècle et qui consiste à reproduire l’effet d’un rayon de lumière dans un objectif photo. Une signature visuelle très souvent utilisée mais rarement bien exploitée qui est un peu au jeu d’hier ce que le raytracing est au jeu d’aujourd’hui : intrinsèquement inutile mais si tu n’en proposes pas, tu as raté ton jeu (aux yeux de certains) !

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3…2…1…Nous voilà sur la ligne de départ, cerné de trois autres adversaires et chaussé d’un snowboard pour cette première épreuve dans les hauteurs vertigineuses et enneigées à flan de montagne. Notre personnage est réactif, souple, répond au doigt et à l’œil à la moindre sollicitation et heureusement car ça va vite, très vite même. En maintenant le bouton A, on peut accélérer un peu plus encore et préparer une impulsion pour bondir sur un futur tremplin, mais ce sera au détriment du fait de pouvoir tourner. Aussi cette spécificité de gameplay se terminera logiquement par un choc violent contre une paroi un peu trop abrupte du relief.  La bonne nouvelle : les textures restent propres même de très près. La mauvaise nouvelle : il faut que je retrouve mes réflexes acquis sur 1080 snowboarding après des mois de perfectionnement sur la maniabilité de Tony Hawk 2 et Matt Hoffman. Dur.

Fort heureusement, le jeu reste assez permissif en matière de chutes et de collisions et si l’erreur est à proscrire pour battre des records et se hisser à la première place du podium, la jouabilité est suffisamment réactive et souple pour nous offrir de bonnes sensations de contrôle manette en main. Même constat pour le système de tricks, simplifié au possible et dont la seule subtilité sera de replacer son personnage correctement pour atterrir sans encombre. Le scoring n’entre pas en ligne de compte, les figures ne sont là que pour remplir une jauge de boost aussi surréaliste que jouissive à utiliser au pied d’un tremplin pour un saut aussi surréaliste que grisant ou pour coiffer au poteau un concurrent juste avant de franchir la ligne d’arrivée.

Car le cœur de Sega Extreme Sports c’est la course avant tout. Finir devant tout le monde est la priorité, quitte à user de moyens un peu fourbes. Comprenez par là que les parcours sont balisés mais rien n’empêche de chercher des raccourcis ou accéder à des zones plus dangereuses mais plus rapides grâce à un saut millimétré ou un grind tenu sur une longue distance. Et si cela ne suffit pas pour les semer, on peut aussi frapper les adversaires un peu trop collant, ce qui aura pour effet non seulement de freiner radicalement les ardeurs de nos concurrents mais aussi de généreusement remplir notre jauge d’adrénaline. Un vrai plaisir coupable !!!

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Juste le temps d’une étreinte éphémère…jusqu’au limites extrêêêêêêmes !!!!!

C’est en franchissant la ligne d’arrivée que se dévoile LA grande force de Sega Extreme Sports. Pas de « Finish ! » ou « 1st Place ! » triomphant ni même de « 4th place » honteux. En lieu et place de la cérémonie habituelle, notre personnage déchausse et court (traduction : « veuillez massacrer le bouton A pour aller plus vite ! ») en direction d’un deltaplane relié à un avion qui démarrera et vous fera vous envoler dans un ciel toujours aussi clément et dont les rayons du soleil nous font profiter au passage d’un superbe effet de transparence de la voile de notre aile volante. C’est ce qui fait le caractère original de ce jeu : les épreuves s’enchainent sans temps mort ni temps de chargement maladroit. Et soyez sûr que passer du surf alpin au skysurf en franchissant une ligne d’arrivée qui précède un énorme saut dans le vide, ça crée son petit effet !

Pour faciliter cette transition rapide, la jouabilité s’avère presque identique d’une discipline à l’autre. Evidemment on ne conduit pas un quad comme un snowboard, mais la physique de chacun suit une logique commune. Il ne faudra pas chercher le réalisme, on défie régulièrement les lois de l’apesanteur sans aucun remords, mais plutôt un feeling commun facile à appréhender pour vite prendre ses marques et il existe même des spécificités comme atterrir dans une zone délimitée en deltaplane ou gérer une jauge de fatigue pour les courses en VTT. On peut néanmoins souligner que ce parti-pris cache un certain manque de profondeur dans le gameplay mais maîtriser les environnements accidentés ou le sens du timing des sauts vous demanderont quelques heures d’entrainement avant de taquiner la première place du podium.

AVIS DE LA REDAC

Que retenir de Sega Extreme Sports en 2023 ? Bien qu'assumant physiquement parlant ses 22 ans passés, le jeu d'Innerloop Studios reste une proposition plaisante et originale qui a su garder une certaine fraîcheur. On a l'impression d'être au grand air en explorant ces épreuves. Excepté le saut à l'élastique sans grand intérêt ludique, les parties restent très plaisantes à disputer seul ou contre un concurrent de canapé ! En revanche son goût prononcé pour l'arcade fait qu'on le recommandera en petites sessions afin d'éviter la lassitude due au faible nombre d'épreuves et surtout au côté superficiel du gameplay. Un titre qui ne fera sûrement pas l'objet d'un retour sur le devant de la scène, mais mais au concept assez unique pour se faire repérer parmi les innombrables jeux de sa catégorie à la même époque et pour ne pas tomber dans l'oubli complet.

CONCLUSION DU SCHMURZ

Son
65
%
Graphisme
70
%
Animation
70
%
Maniabilité
60
%
Intérêt
70
%
Son
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Graphisme
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Animation
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Maniabilité
60
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Intérêt
70
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LES PLUS
  • Le concept d'enchaînement d'épreuves
  • Les différentes disciplines plutôt fun
  • Le dépaysement garanti
  • Fun et accessible à tout le monde
  • Frapper les adversaires...quelle bonne idée !!
LES MOINS
  • Le manque de profondeur du gameplay
  • Le nombre de circuits/environnements
  • Le saut à l'élastique, non merci
  • Cet affichage de textures déstabilisant
67
%
CA PASSE BIEN

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