Bien qu’elle n’ait plus la popularité d’antan, la série des Virtua fait partie des titres ayant le plus fait avancer le monde du jeu vidéo, de Virtua Racing qui obligea Sega à créer une nouvelle cartouche pour adapter le jeu sur Mega Drive, à Virtua Fighter qui fut le premier jeu de combat avec des combattants modélisés en polygones, en passant par Virtua Tennis ou Virtua Stricker, qui sont des références dans leur genre.
La série des Virtua signifie très souvent un gage de qualité et de progrès technique, en est-il de même pour la licence Virtua Cop ?
L’arcade à la maison
Virtua Cop 2 fait partie des « rail-shooter » ou plus vulgairement de la catégorie des jeux de flingues. Au fur et à mesure du temps les constructeurs de consoles ont développé des accessoires à brancher dessus afin d’améliorer l’expérience de jeu, comme des cannes à pêches, des volants, des micros etc…
Le pistolet, aussi appelé light-gun, est l’un des plus anciens accessoires à avoir été créé, que ce soit en arcade ou sur consoles de salon. Les anciens se rappelleront tous du light-gun de la Nes qui servait à jouer à Duck Hunt, jeu ultra-culte où il fallait tirer sur des canards.
Les jeux de tirs ont tous comme points communs une prise en main très intuitive, et un fun instantané. Ils représentent également un genre de jeu qui a trouvé un nouveau souffle avec l’arrivée des 32-Bits et la banalisation de la 3D sur console.
Passant d’un gameplay sur un plan 2D à une immersion dans un monde en 3D, les jeux de tirs ont apporté une nouvelle expérience, la 3D permettant de fournir beaucoup plus d’action tout en immergeant le joueur dans une sorte de long plan séquence, rendant l’univers encore plus vivant et réaliste.
La Saturn et la Playstation ont fait le bonheur des joueurs de l’époque en amenant dans les salons des licences emblématiques de l’arcade comme The house of the dead, Time Crisis et Virtua Cop. C’était vraiment « la tête dans les nuages » à la maison, et ceux qui avaient la chance d’avoir un de ces jeux pouvaient être sûrs d’impressionner les copains/copines.
Sorti en 1995 sur borne d’arcade, soit un an après le premier volet, Virtua Cop 2 est une des licences fortes de la Saturn.
Le jeu vous plonge dans la ville de Virtua City et vous propose de devenir un Virtua Cop. Votre mission, si vous l’acceptez, sera de débarrasser la ville de sa racaille en vous munissant de votre light-gun et en tirant sur tout ce qui bouge ou presque, car tuer un otage vous fera perdre une vie.
Issu de l’arcade, le scénario du jeu est simple mais efficace. Après avoir passé la page d’accueil du jeu, deux choix s’offrent à vous : « mode arcade » ou « option ».
Le mode option vous permettra, entre autres, de régler le niveau de difficulté (facile, normal ou difficile), le nombre de vies et de continus (jusqu’ à neuf), l’audio, le calibrage du gun, etc. Vous pouvez également choisir de jouer en mode Virtua Cop 1, ce qui changera la manière dont le viseur apparaît dans le jeu.
Le mode arcade, lui, ne pouvait pas faire plus arcade. Vous devez choisir entre trois parcours, et… c’est tout !
Vous aurez la possibilité de prendre un parcours facile, normal ou difficile. Pour finir le jeu, vous devrez faire les trois parcours à la suite dans l’ordre que vous souhaitez avec un nombre de vies et de continus prédéfini au départ. Trois parcours, on pourrait penser que ce n’est pas énorme et pourtant cela n’apparaît pas comme un défaut majeur du jeu.
En effet, dans chaque circuit, quand vous arrivez à mi-chemin, le jeu vous demandera de choisir entre deux directions, ce qui au final vous donnera la possibilité d’avoir six parcours différents.
A la fin de chaque niveau, vous devrez affronter un boss plus rugueux que ses sbires, après avoir parcouru tambour battant la dizaine de minutes que dure chaque acte (ce qui, somme toute, semble assez long lorsqu’on est plongé dans le jeu).
Durant votre partie, le jeu vous fera parcourir pas mal d’environnements différents. Vous pourrez ainsi vous retrouver en pleine ville au milieu d’une course poursuite, dans une bijouterie, sous un tunnel, dans un entrepôt, au port, sur un paquebot… les ambiances sont assez variées et le passage dans le métro est vraiment génial.
Au cours du jeu, vous aurez la possibilité de récupérer des bonus en tirant dessus, vous pourrez alors trouver des armes (automatique, machine gun) ou des vies.
Par contre, ne vous attendez pas à recevoir une pluie de bonus comme dans Mario Kart, non, ici les bonus se font rares et ne durent pas longtemps.
La précision du light gun rend le titre très accessible
À la prise en main on se rend tout de suite compte du niveau de précision du light gun, et cela se confirme lorsque vous devez écrire votre nom pour sauvegarder votre score. C’est vraiment un plaisir de ressentir le Lightning gun comme une extension de son bras, en ce sens les équipes de Sega ont fait un super boulot.
La maniabilité est très intuitive, elle s’inscrit dans la tradition du genre c’est-à-dire tirer vers l’écran pour tuer l’ennemi et tirer hors de l’écran pour charger son pistolet. C’est simple et efficace.
Par contre, il n’est vraiment pas conseillé de parcourir le jeu à la manette, l’utilisation de cette dernière vous faisant passez à côté de l’intérêt du titre.
Du reste, le jeu est vraiment très accessible et le fait de pouvoir régler la difficulté et le nombre de vie et de continus rend le tout très abordable pour les novices.
Niveau technique, ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est la rapidité et la fluidité du jeu. Ça bouge vite, dans tous les sens, et, malgré une 3D vieillissante, le dynamisme et la réactivité du jeu impressionnent, rendant le tout très agréable . Le nombre d’éléments animés en même temps est incroyable et booste l’action du jeu.
Courses poursuites en voiture, course poursuite en métro, des personnages se jetant d’un hélicoptère, des jets de grenade, j’en passe et des meilleures. Les situations rencontrées sont vraiment multiples, le tout s’enchaînant à un rythme effréné, porté par une bande son entraînante et nerveuse très typique des salles d’arcade de l’époque.
L’environnement sonore est immersif, avec une mention spéciale pour le passage sur le port qui transporte nos oreilles sur le bord de la mer.

Le jeu est vraiment nerveux et le nombre d’objets animés en même temps impressionne
Ainsi, en plus d’être très rapide, les animations des personnages sont particulièrement soignées et rendent le tout très vivant.
Vous pouvez tirer dans la tête, dans l’épaule gauche, dans l’épaule droite, dans le genou gauche ou dans le genou droit, le personnage réagira à chaque fois d’une façon différente en fonction du point d’impact de votre tir.
Que ce soit les otages, les personnages qui s’assoient à la fenêtre d’une voiture en marche pour vous tirer dessus ou ceux qui sautent d’un hélicoptère, leurs mouvements sont très réalistes. On pourra quand-même observer à certains moments des environnements un peu vides de « civils », ce qui peut donner l’impression que seuls vivent des criminels dans Virtua City.
Néanmoins, on peut tout à fait comprendre qu’avec la quantité de personnages et d’objets animés en même temps, il était compliqué de rajouter encore des PNJ.
Au niveau des graphismes, la 3D temps réelle a un peu vieilli surtout du point de vue des textures, mais cela n’altère en rien le plaisir du jeu. Les graphismes sont d’ailleurs la seule chose à avoir pris un peu d’âge, car les animations, la rapidité du jeu, la jouabilité et le plaisir de jouer n’ont pas pris une seule ride.
.
Ça peut être court comme ça peut être long
La question de la durée de vie de ce genre de jeu n’est jamais simple. C’est un jeu d’arcade, le scénario n’est pas écrit pour nous tenir trente heures durant.
Par contre, Virtua Cop 2 fait partie de ces titres que vous avez plaisir à faire tourner régulièrement juste pour vous amuser, vous défouler seul ou, encore mieux, à plusieurs.
Sega, au travers de ce jeu, nous donne un plaisir qui ne se tarit jamais, un peu comme un Virtua Tennis, un bon jeu de course ou une partie de flipper. Il est tout à fait possible de terminer le jeu en moins d’une heure mais la recette 3 étoiles concoctée par Sega vous donnera peut-être envie de terminer le jeu quarante fois dans votre vie.






