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Critique Cinoche : The Créator – Une vision ambitieuse mais imparfaite

Yaeck [Rédacteur]
Je lis, je joue, je regarde. Puis j'écris. Et parfois, j'arrive même à être drôle.

Il aura fait parler de lui ce film de Gareth Edwards, et plutôt en terme élogieux. C’est toutefois sur le tard que nous avons pu visionner ce fameux « The Creator », une fois l’engouement passé et les choses remises à plat. Qu’en avons-nous pensé ?

ROBOT WAR

L’action se situe quelque temps dans le futur dans un univers où l’Intelligence Artificielle fut, dès les années 50, en pointe de la technologie. C’est un monde en guerre civile. D’un côté l’Occident, de l’autre l’Asie. Les terres asiatiques abritent en leur sein toute une population d’êtres robotiques qui se fondent parmi l’Humanité. C’est la raison de la guerre, car suite à une explosion atomique sur Los Angeles, les USA ont juré la destruction totale des robots.

À la tête de la résistance des machines, Nirmata, un être énigmatique qui semble avoir mis au point une arme ultime, capable de mettre un point définitif au conflit. Un commando est envoyé pour découvrir et détruire cette menace sans précédent et parmi cette troupe d’élite, Joshua, au passé compliqué, qui va non pas se retrouver face à une quelconque bombe surpuissante mais devant un androïde à l’apparence d’une petite fille. C’est le début d’un périple qui transformera l’homme mais aussi l’avenir du monde…

~ La Bande Annonce de The Creator ~

Drôle de sentiment quand arrive le générique de fin sur ce film dense et indiscutablement réalisé de main de maître. On ne peut cependant s’empêcher de ressentir comme un malaise devant ce que nous venons de voir.

En quelques décennies, ce qui fut autrefois décrit par un James Cameron inspiré comme un terrible péril est devenu entre-temps un espoir pour le devenir de notre espèce.

L’IA semble avoir le vent en poupe parmi les pontes d’Hollywood et ce n’est pas ce métrage qui prétendra le contraire. Montré comme une chance et une nouvelle espèce avec laquelle il faudra côtoyer en paix, le message délivré ici, nous devons bien le dire, laisse un goût amer quand on connaît les tenants et aboutissants de cette innovation qui va trop vite et trop loin (Cf. la grève des acteurs, en partie sur ce sujet).

Car, même si la métaphore sur la guerre et la Folie des Hommes qui préfèrent détruire que de tenter une cohabitation est plutôt bien traitée, on ne peut passer sous silence la promotion faite à l’intelligence artificielle, qui reste un sujet de Science-Fiction certes passionnant, mais qui est ici mis en avant de manière trop naïve – presque pour « Bisounours ».

Mais on parle là du traitement dans la manière d’appréhender l’IA, car le film, lui, n’est pas vraiment dans le style enfantin. Bien au contraire ! Mis en scène de manière froide, frôlant souvent le morbide, les scènes d’action sont abruptes et cruelles et parviennent à nous chambouler dans leur style cru qui ne cherche pas à styliser l’horreur. On est frappé devant la rudesse de ce conflit et les moyens employés mis en place pour éradiquer l’ennemi.

Là encore, il y aurait bien des choses à décrypter sur la manière dont sont dépeints les deux camps. Les vils méchants occidentaux (pour ne pas dire plus) qui s’en prennent aux pauvres robots qui ne souhaitent que vivre pacifiquement et n’agissant que pour se défendre. Pour la nuance, on repassera.

Et bien entendu au milieu, on a Joshua qui va basculer d’un camp à l’autre grâce à cette « vraie fausse » petite fille pour laquelle il va se prendre d’affection. « The Last of Us » n’en peut plus de faire des émules. C’est devenu en l’espace d’une décennie un cliché récurrent des œuvres américaines. Et on ne parlera pas des révélations de fin de métrage qu’on avait deviné dès le premier acte…

PIXEL ART

Nous sommes donc assez critique sur les messages véhiculés ici, qui, il faut bien le dire, correspondent parfaitement au cahier des charges actuellement en vigueur à Hollywood et dont « The Creator » coche toutes les cases avec enthousiasme. Toutefois, là où il met tout le monde d’accord, c’est sur son esthétique.

D’une beauté formelle exemplaire, le tout est magnifié par une photographie rien de moins que sublime. Néanmoins, le vrai coup de force va venir des effets spéciaux. Ils sont tout simplement parfaits et tellement bien intégrés à l’histoire et au contexte qu’on finit par ne même plus y faire attention, alors qu’ils sont omniprésents.

Là où cela devient véritablement intéressant, c’est quand on sait que son budget ne fut pas si faramineux que cela, surtout face aux grands blockbusters actuels. Et pourtant visuellement il les surpasse de loin.

Comme quoi avec une vision claire, un planning calibré au cordeau et des équipes compétentes possédant suffisamment de moyens et de temps, on peut fournir des FX tellement bluffants qu’ils en deviennent invisibles le temps d’un visionnage, signe manifeste qu’ils sont réussis.

On doit tout cela au talent de Gareth Edwards et à son travail pointilleux sur la mise en scène et le jeu de ses acteurs. Aucune fausse note de ce point de vue là, y compris en ce qui concerne la très jeune interprète d’Alphie, Madeleine Yuna Voyles qui pourtant a dû jouer avec quelques contraintes pas évidentes à gérer.

Notons également l’acteur principal, John David Washington, (fils aîné de Tonton Denzel) qui par son charisme arrive à accrocher notre regard tout le long de cette aventure haletante, cette dernière ne connaissant aucun temps mort.

AVIS DE LA REDAC

Film miroir à Terminator dans son esthétique et ses thèmes, «The Creator » ne laisse pas indifférent mais pas forcément pour les raisons qu’il souhaite. Avec son propos pro-IA assez étonnant accompagné de plusieurs lectures en sous-texte pas forcément très agréable pour tout le monde, on en ressort avec une sensation plus que mitigé tant les messages délivrés ici déstabilisent (le propre de l’Art paraît-il). N’en reste pas moins un divertissement efficace à l’esthétique léchée qui vous fera passer un agréable moment. C’est toutefois oubliable et on est loin du film culte qu’on nous avait vendu...

CONCLUSION DU SCHMURZ

LES PLUS
  • Visuellement abouti
  • Pas de temps mort
LES MOINS
  • Sous-texte contestable
  • Pas le chef-d'œuvre attendu
65
%
CA PASSE BIEN

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