ZORRrrooooo, ZOORRO !! Renard rusé qui fait sa loi !! Tin Nin Niiiin… Héros devenu culte grâce notamment à la série de Disney mettant en scène un Guy Williams rayonnant dans le double rôle Don Diego de la Vega/Zorro et qui reste à ce jour la meilleure adaptation des écrits de Johnston McCulley, ce n’est pourtant point sur cette œuvre intemporelle sur laquelle nous allons revenir dans ce papier mais bel et bien sur un jeu vidéo mettant en scène le caballero de Californie, tiré lui d’une série d’animation 3D bien de chez nous : Les Chroniques de Zorro.
UN CAVALIER QUI SURGIT HORS DE LA NUIT
Composée d’une seule saison de 26 épisodes, cette production hexagonale s’adresse aux très jeunes enfants pour un résultat en demi-teinte qui ne marquera pas les esprits. Malgré cela ce dessin animé en trois dimensions aura droit à son portage en jeu vidéo développé par un petit studio polonais du nom de BTC et édité par Nacon, surtout connu pour ses accessoires gaming. Le décor est planté.
Pour les deux du fond qui ne suivent pas, ça parle de quoi exactement, Zorro ?
Alors que Los Angeles n’est encore à peine plus grand qu’un pueblo, le jeune Don Diego de la Vega retrouve sa famille après avoir fait ses études en Espagne. Parti enfant turbulent, il revient jeune homme instruit et bretteur exceptionnel.
Alors qu’il mettra largement en avant sa première qualité, il taira la seconde pour la nuit venue revêtir les habits d’un redresseur de torts défenseur de la veuve et l’orphelin, le fameux Zorro (‘renard’ dans la langue de Cervantes). Ses ennemis se composeront principalement de nobliaux corrompus et d’un capitaine de la garnison locale tenace et revanchard du nom de Monasterio, tous se servant de leur autorité pour malmener les villageois sans défense.
Dans sa lutte contre l’injustice, quelques alliés l’accompagnent. Tout d’abord sa fidèle monture Tornado, fier étalon à la robe aussi noire qu’une nuit sans étoiles. Vient ensuite Bernardo, l’ami et le valet de Don Diego, à la fois confident et complice de ses aventures.
Dans cette relecture moderne, le personnage est plus vu comme un ‘frère adoptif’ que comme un sous-fifre et sa condition de vrai muet mais faux sourd et également remise en question. Mais bon, en ce qui concerne notre affaire du jour, peu importe vu qu’il n’est point présent dans le jeu en dehors de la cinématique d’introduction.
Par contre, et c’est là qu’on entre dans le vif du sujet, Diego voit sa famille s’agrandir car en plus de son père Alejandro il se voit affublé d’une sœur jumelle sortie d’on ne sait où et qui l’aidera également lors de ses péripéties. Créée de toute évidence pour féminiser l’univers et attirer les demoiselles devant leur écran, Inès de son prénom est typiquement ce qu’on appelle la fausse bonne idée.
Or, voilà-t’y pas qu’Inès n’est rien de moins qu’un personnage jouable dans cette adaptation vidéoludique ! Et qu’il est donc tout à fait possible d’incarner un Zorro féminin tout le long du jeu (qui a dit « La Reine des Épée » ?). Même si on comprend bien le fond de l’initiative, on reste circonspect devant le forcing et l’ajout à la truelle de cette señorita inconnue.
Dans les faits, incarner la frangine éphémère constitue en quelque sorte le « mode facile » car la belle se voit attribuer un cœur de vie supplémentaire par rapport à son frère, qui lui en contrepartie possède une barre d’énergie sous forme d’éclair en plus. On explique l’utilité de tout cela plus bas.
Un vrai mode de difficulté entre « Normal » et « Difficile » est sélectionnable en début de partie, cela influant principalement sur le nombre des forces armées et la quantité de cœur en notre possession.
À LA POINTE DE L’ÉPÉE
Notre aventure du jour est composée de 18 niveaux répartis sur une carte représentant que très vaguement le Los Angeles de 1820. Chaque fois que l’un d’entre eux est terminé cela débloque entre deux à trois missions que l’on pourra effectuer dans l’ordre de notre choix (cela n’a aucune influence sur le scénario, et ce pour une raison simple : il n’y en a pas).
Seul le dernier niveau ne peut se faire qu’en toute fin de périple, en ayant achevé les dix-sept précédents.
Mais que diable devons donc nous faire au cours de ces fameuses missions ?
Et bien croyez-le ou non, mais c’est bien du côté des Batman Arkham qu’il va falloir aller chercher l’inspiration la plus évidente pour décrire la jouabilité. Étrange retour des choses quand on y pense.
Alors attention, on est clairement pas ici au même degré d’exigence, et ce à tous les niveaux. Mais l’essence du gameplay est là : dans la peau d’un justicier de l’ombre, vous devrez de la manière la plus discrète possible accomplir des missions au sein de différents environnements.
Dans les points communs on notera le fouet qui fait aussi office de grappin, la furtivité, les combats contre de multiples adversaires et autres menus détails comme la longue-vue pour mieux appréhender le terrain (et marquer les soldats à l’instar de Far Cry). Pour les différences, à peu près tout le reste.
À commencer par le fait qu’ici il y a donc autant de décors que de niveaux mais bien entendu de taille assez réduite (même si certains restent d’une superficie raisonnable). Il y a même, chose étonnante, des missions de jour où notre homme tout vêtu de noir parvient sans le moindre problème à passer au nez et à la barbe de garnison entière. Quel talent !
Notre renard sans moustache (oui on ne s’en remet pas !) se manie sans souci, même si on ne lui fera pas faire un parcours d’accrobranche face à Ezio Auditore. Il a cependant un peu de mal à gravir les obstacles bas comme les rambardes ou les parapets. On connaîtra plus de problème avec le maniement de la caméra, assez poussive.
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- Il a du monde à ses trousses le bel hidalgo ! Ce n’est évidemment pas visible sur cette capture d’écran mais l’animation de la cape est moins fluide que le reste du jeu, ce qui lui confère un sens du mouvement parfois étrange…
Une fois tout cela précisé, il s’agira la plupart du temps pour notre caballero de dégoter un accessoire détenu par un garde (généralement une clé) afin de passer à l’étape suivante de la mission. Rien de bien compliqué, la zone de recherche est clairement indiqué par un cercle blanc et la longue-vue précisera même quel officier détient l’objet convoité.
Il est offert dans une majorité des stages deux approches pour entamer celui-ci : soit une entrée discrète soit une entrée plus ‘rentre-dedans’. Dans les actes cependant cela ne change pas fondamentalement grand-chose car tôt ou tard vous devrez croiser le fer avec les forces armées.
Examinons un peu plus en profondeur les combats. Notre héros dispose d’un panel de coups, de parades et d’esquives somme toute classique qu’il utilisera sans retenue contre les nombreux adversaires qui l’empêcheront de rétablir la justice en toute quiétude.
À l’instar de Batou dans son épopée arkhamienne, une touche de parade apparaît à l’écran quand un soldat est sur le point de vous attaquer et la pression adaptée vous permet de contre-attaquer de manière efficace.
Il n’est pas rare de devoir affronter des escouades entières mais fort heureusement l’homme en noir dispose de « super-coups » permettant de se débarrasser d’un ou plusieurs opposants par l’entremise d’une simple touche.
À chaque action rondement menée lors d’un duel, une barre d’énergie se charge représentée en forme d’éclairs bleus qui donne accès à ses fameuses attaques spéciales. Chaque éclair correspond à une élimination et il est possible de les activer un à la fois ou bien plusieurs en même temps pour ainsi mettre d’un seul coup au tapis toute une ribambelle de fantassins.
Chaque victoire – et chaque élément de décor destructible – libère des « Points Z » qui au fur et à mesure qu’ils s’engrangent peuvent être dépensés dans un tableau de compétences qui en échange conféreront de nouvelles pirouettes qu’il faudra mettre en œuvre dans les affrontements. Parmi elles se trouvent des améliorations vraiment indispensables tandis que d’autres sont plus anecdotiques.
Penchons-nous sur l’aspect visuel. Reprenant donc les graphismes de l’animation 3D, les décors sont assez pauvres et surtout fonctionnels. On ne peut pas dire que cela fourmille de détail ou de vie. Ce n’est pas immonde non plus, loin de là, c’est juste le strict minimum. C’est cependant très coloré et parfaitement adapté au public visé.
Parce que oui ne tournons pas autour du pot ce jeu inespéré pour une série animé n’ayant connu qu’une seule saison s’adresse avant tout aux jeunes bambins ayant vu quelques épisodes de ce Zorro retombé dans les limbes de l’oubli au moment de taper ces lignes.
Et pour être franc, c’est en nous renseignant sur l’origine de ce jeu que nous avons personnellement découvert l’existence de cette animation. Nous en avons visionné quelques épisodes et cela confirme l’impression déjà délivrée par cette adaptation : c’est vraiment très enfantin. Vraiment vraiment très enfantin.
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- Des petites missions bonus ainsi que des affiches de recherches détournées à coller dans les niveaux constituent quelques objectifs annexes…
Et ce qui renforce encore plus cet aspect, c’est le fait qu’aucune voix n’est présente de toute l’aventure vidéoludique. Alors peut-être il y a t-il eu des soucis techniques ou bien le budget ne permettait pas un doublage (de surcroît avec les voix originelles) mais l’absence de tout dialogue renforce cette impression de jeu ‘pour tout petit’ – ce qu’il n’est pas, on dira plutôt pour enfants d’une douzaine d’années.
En ce qui concerne la musicalité on retrouve des airs provenant de la production télévisuelle et qui sont à cet égard d’une certaine tenue. On trouve même des morceaux vraiment agréables à l’oreille, pour peu qu’on soit sensible au genre du flamenco et de sa guitare langoureuse.
D’UN Z QUI VEUT DIRE… ZÉRO ?
Maintenant qu’on a dit tout ça, que valent vraiment ces chroniques de Zorro ? Et bien malgré ces qualités il n’en reste pas moins un titre assez bas de gamme que nous qualifierons poliment de primaire.
Le plus frappant reste la pauvreté de l’intelligence artificielle des ennemis, vraiment la plus mauvaise à laquelle nous avons jamais été confrontés de toute notre vie de gamer. Imaginez un peu que les braves types de l’armée royale ne sont pas capables de vous voir si vous êtes perché sur un poteau à 2m50 du sol en pleine journée. Tout vêtu d’un noir d’ébène. Avec une cape. Oui on en est là.
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- Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun garde ne remarque la présence de Zorro une fois perché
Les combats sont plus des foires d’empoigne que des mêlées bien ordonnées et devant ce brouillard en mouvement on en vient à matraquer les touches d’attaques sans trop savoir ce qu’il se passe en espérant s’en sortir au mieux. Ce qui est bien souvent le cas car le jeu n’est pas bien compliqué.
Il faut toutefois faire gaffe aux soldats plus gradés qui eux vous donneront du fil à retordre, surtout lorsqu’ils vous attaquent en groupe. Le maître d’armes, les « conquistadors » munis de bouclier, le malabar avec ses embêtants bâtons de dynamite et tous leurs camarades sont donc toujours à surveiller du coin de l’œil.
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- Florilège de menus problèmes rencontrés ici et là : collisions hasardeuses autant pour le protagoniste que pour les antagonistes, garde stupide qui ne remarque pas son camarade mis à terre (!) et des textures pas toujours folichonnes
Le dernier niveau concentre quant à lui le meilleur et le pire du soft. À la fois le plus beau, le plus grand et le plus impressionnant, il est également le plus bugué. Alors que nous n’avons rencontré aucun souci majeur des dix-sept premières missions (en dehors parfois du placement de caméra et de collisions plus que foireuses), nous fûmes confrontés à pas moins de quatre bugs bloquants lors de cette ultime confrontation !
Ce qui nous le concédons à su nous mettre à bout de nerfs. Et affronter le boss de fin en jonglant entre les nombreux sous-fifres et les problèmes récurrents de programmation, on vous garantit que c’est une sacrée expérience !
Pour finir, on notera en guise de conclusion une simple vidéo au format .avi probablement tirée d’un des épisodes et surtout l’absence de générique de fin. Ce qui l’air de rien en dit beaucoup sur la conception de ce Zorro…











