Depuis le premier opus sorti en 1996, la série des Persona a su conquérir le cœur des joueurs en s’écoulant à plus de 17 millions d’exemplaires dans le monde, tous jeux confondus. Le dernier épisode principal (Persona 5) sorti en Europe en 2017 ainsi que sa version améliorée Persona 5 Royal, arrivée sur le marché trois ans plus tard, se sont écoulés à plus de 3,5 millions d’exemplaires. Fort de ces succès, Atlus nous propose un spin-off de ce cinquième opus : Persona 5 Tactica qui est, comme son nom l’indique, un tactical-RPG, genre très populaire au Japon et qui a connu des jours très heureux durant les années 90/2000. Alors décliner Persona en Tactical-RPG, bonne ou mauvaise idée ?
L’intrigue de Persona 5 Tactica se déroule parallèlement aux événements de Persona 5 : nous retrouvons ici les Voleurs Fantômes transportés contre leur gré dans des mondes alternatifs. Ils seront accompagnés par Toshiro, un politicien dont on constatera au fur et à mesure de l’aventure qu’il n’est pas étranger à la situation dans laquelle se trouvent les Voleurs Fantômes. Le groupe devra traverser plusieurs mondes parallèles afin de pouvoir retourner dans sa réalité. Ces mondes auront pour point commun d’être sous le joug de différents dictateurs qui seront aussi les antagonistes à combattre. Rapidement les héros croiseront la route d’Erina, la cheffe d’un groupe rebelle qui s’alliera avec eux.
Sans en dévoiler plus de l’histoire, sachez que cette dernière sera centrée autour de la vie d’un des personnages non jouable à part à la fin et que vous devrez, durant votre voyage dans ces mondes alternatifs, dénouer des intrigues ayant un lien avec sa vie dans le monde réel.
Sans être révolutionnaire, la trame de Persona 5 Tactica est néanmoins plutôt sympathique à suivre. Bien qu’un peu légère, l’histoire se dévoile progressivement, ce qui permet de maintenir l’intérêt du joueur tout au long de l’aventure. Par contre il est clair qu’il ne faut pas s’attendre à un récit aussi complet qu’un Final Fantasy, les développeurs n’ayant pas trop creusé le scénario.
Votre groupe sera composé de huit personnages jouables, mais lors des combats seuls trois personnages pourront être sélectionnés simultanément. Comme dans tout bon RPG qui se respecte chaque membre de votre groupe disposera d’un arbre de compétences à débloquer au fur et à mesure de l’expérience accumulée. Ces compétences vous permettront, entre autres, d’améliorer la puissance et la portée de vos sorts, de débloquer des capacités qui vous aideront lors de vos combats, ou d’augmenter votre barre de vie…
Dans cette série de jeux, les magies et invocations s’appellent « Personae », que vous obtiendrez à force de combats, ces dernières étant liés à différents éléments tels que l’électricité, le feu, ou la glace pour ne citer qu’eux. Une autre manière d’obtenir de nouvelles Personae sera de les faire fusionner afin de donner naissance à des Personae inédites, plus puissantes et possédant d’autres capacités. Cet aspect du jeu est assez sympa.
En plus d’équiper vos personnages de Personae vous devrez également leur attribuer des armes que vous trouverez à la boutique. Évidemment, au fil de l’aventure vous pourrez vous procurer des armes de plus en plus puissantes.
Au niveau des combats, qui se jouent au tour par tour, les fans de Tactical-RPG ne seront pas égarés. S’inscrivant dans la longue tradition du Tactical-RPG, dans Persona 5 Tactica vous vous retrouverez dans des arènes de combats fermées où un quadrillage sera matérialisé sur le sol. A chaque tour vous disposez d’un nombre de cases de déplacement et d’attaque limité.
D’emblée, vous aurez trois façons d’attaquer. Soit vous utiliserez votre arme pour réaliser une attaque à distance, soit vous aurez également la possibilité, si vous êtes suffisamment près, de réaliser une attaque au corps à corps qui bien souvent fera valdinguer l’ennemi dans le décor. Enfin, en dernière possibilité, vous pourrez utiliser vos Personae pour attaquer, ce qui vous donnera un choix encore plus varié d’attaques : attaque faible dans une grande zone, attaque moyenne dans une zone moyenne, attaque lourde sur un ennemi, attaque en ligne droite… Les possibilités sont nombreuses.
En plus de ces mouvements de base vous pourrez aussi agir de manière stratégique si vous voulez exécuter des techniques plus complexes. Par exemple, si l’ennemi que vous souhaitez attaquer se trouve en position de faiblesse, vous réaliserez un coup critique qui vous donnera une action supplémentaire.
Dans le cas où vous attaquez au corps à corps un ennemi situé en hauteur et que vous le projetez au niveau inférieur, si l’un de vos personnages est suffisamment bien placé à ce dernier niveau, il attaquera automatiquement durant sa chute l’ennemi. Enfin, vous pourrez aussi réaliser une attaque combinée avec trois personnages.
Sachez aussi que, si vous voulez élaborer des stratégies lors de vos combats, vous aurez aussi la possibilité d’utiliser des éléments du décor, comme des plateformes ou des portes.
En plus de la trame principale, vous aurez la possibilité de faire des combats durant les quelques quêtes annexes que propose le jeu. Elles ne sont pas très nombreuses mais restent néanmoins passionnantes, d’autant qu’elles imposent souvent des conditions de victoire très motivantes comme éliminer les ennemis en un seul tour par exemple.
Les combats sont sans hésiter ce qu’il y a de plus intéressant dans le jeu. Ils sont très accessibles mais ils permettent également d’élaborer des stratégies qui, lorsqu’elles fonctionnent, donnent un réel sentiment de satisfaction.
Honnêtement, on aurait vraiment aimé avoir plus de phases de combat dans le jeu car hormis la bagarre, le reste n’est pas très intéressant ! Malheureusement le jeu se perd dans des dialogues à n’en plus finir qui semblent représenter plus de la moitié du temps de jeu. On peut enchaîner trente à quarante minutes de bla bla sans grand intérêt où chacun des nombreux personnages doit absolument dire quelque chose. Cela semble sans fin car la plupart du temps il s’agit de dialogues qui ne font pas avancer l’histoire.
Franchement si vous n’aimez pas lire, passez votre chemin ! Vous pourrez néanmoins accélérer les dialogues mais vu la vitesse de défilement vous ne pourrez vraiment plus rien lire pour le coup.
Le jeu possède deux gros défauts. Le premier est, vous l’aurez compris, la surabondance des dialogues inutiles. Le second est l’absence totale de monde à explorer. En effet, excepté durant les combats, vous n’avez aucunement la possibilité de vous déplacer dans un quelconque monde en 3D. Hors des phases d’action, le jeu se présente comme une sorte de visual-novel où vous êtes transportés dans des décors en 2D sans jamais pouvoir choisir où vous allez.
Au final vous ne pouvez vous retrouver que dans deux endroits, l’arène de combat ou bien votre quartier général matérialisé par un restaurant. Et même dans ce quartier général, ne vous attendez pas à pouvoir vous déplacer, ce dernier n’a même pas été modélisé en 3D. Vous devrez donc choisir l’endroit où vous souhaitez vous rendre en sélectionnant ce lieu sur une liste : Boutique, Chambre de Velours, Quête, Compétences etc. Vous serez alors à nouveau transportés dans une image fixe en 2D. Même pour un visual-novel c’est un peu léger.
L’aspect visual-novel dans un Tactical-RPG peut-être un parti pris des développeurs mais le problème ici est qu’il n’est vraiment pas assez approfondi. Ça fait cheap ! C’est comme si Atlus n’avait pas voulu mettre de l’argent pour financer son jeu. Pourtant ce dernier est vendu au prix fort et honnêtement, ça ne les vaut pas.
D’ailleurs, même si on s’attarde sur les graphismes durant les phases de combats en 3D, c’est loin d’être incroyable. Le jeu propose des graphismes du niveau de la génération Dreamcast/PS2 avec un lissage en HD, et la comparaison est à peine exagérée. Franchement c’est loin d’être dérangeant au contraire ça donne un effet hold-school que les anciens apprécieront particulièrement, mais ça fait, encore une fois, jeu à petit budget vendu au prix fort. 60€ par Toutatis ! Un tarif autour de 30 à 40€ serait bien plus honnête par rapport au contenu proposé et à la qualité de la réalisation.
Concernant l’aspect sonore il est appréciable qu’une grande partie des dialogues soient doublés. La bande-son quant à elle est plutôt agréable sans être spécialement variée ou marquante et les compositions accompagnent plutôt bien l’action qui se déroule sur l’écran.
L’AVIS DE GAM’EURE RETRO :
Un peu trop facile à notre gout sur les ¾ du jeu, on vous conseillera de mettre un niveau plus élevé que le mode normal sous peine de s’embêter sur les dix premières heures. Heureusement, des quêtes annexes sont débloquées au fur et à mesure de l’histoire pour relever la difficulté ! On vous recommande vivement de les faire si vous voulez apprendre à diriger et coordonner stratégiquement vos personnages et apprécier la globalité du jeu.
Bémol pour ce qui concerne les armes et pouvoirs (PERSONA) à invoquer, modifier et fusionner : c’est répétitif, et le trop peu de nouvelles armes à acheter couplé à un déséquilibre entre arme et pouvoir vous feront surtout jouer avec les invocations (hormis le combo appréciable des trois personnages qui s’avère très utile pour éliminer plein d’adversaires en un seul coup).
Évidemment, un mot sur le nombre de fois où l’on baille à écouter les personnages parler pendant vingt minutes sur des éléments futiles et hors contexte, tout cela pour même pas dix minutes de combat…et ce, sur quasiment la totalité du jeu ! Heureusement que ça parle de mondes parallèles, ce qui donne des conversations bien plus intéressantes…
L’histoire est plutôt bien écrite pour notre part : on a envie d’en savoir plus, surtout à partir de la moitié du jeu, on prend vraiment gout à y jouer, même si, comme on l’a évoqué, trop de scènes phylactères, non-animées, longues, pour très peu de temps de jeu…
Petit mot sur la bande-son : des musiques banales, mais une sort du lot quand même (elle est dans un menu… et à un moment précis de l’histoire).
Enfin, les phases de « boss » sont bien mieux réussies et on a tendance à se croire dans les anciens jeux auxquels nous jouions plus jeunes. On notera malgré tout un manque cruel d’imagination sur la fin du jeu : un copié/collé sur les 5 dernières heures juste pour faire durer le « plaisir » avec les mêmes boss mais relookés.









